M. L. Badji
18 Décembre 2003
NEPART. Le sigle évoque le NEPAD. Et les deux font figure de fers de lance ou, à tout le moins, de cadres du Nouveau partenariat pour le développement, le premier, de l'Art, le second de l'Afrique.
Ils ont en commun la volonté de fédérer des compétences, socle d'un épanouissement de chacun. Dans le cas du NEPART, c'est faire valoir des savoir-faire artistiques. Pour le plaisir des sens et pour le bien-être des adeptes de la peinture à l'huile, l'acrylique, l'encre de chine, sanguine, le collage, l'aquarelle, des sculpteurs et autres techniques mixtes. C'est, en tout cas, ce qu'offre à la délectation du regard, aussi bien initié que profane, l'exposition de 83 oeuvres de 11 Sénégalais et Françaises, qui a lieu, depuis mercredi dernier, au Cercle de la Rade, (ndlr : derrière la BCEAO siège). Elle est intitulée « Regards d'Afrique ». Le visiteur a le choix sur une diversité de thèmes. Le quotidien des Sénégalais est saisis dans l'élan et le mouvement par un coup de pinceaux. Telles ces silhouettes de femmes au foyer de Khassim Mbaye figurées sur toile et où la calebasse tient de la constante qui frise l'obsession chez cet artiste imbu des valeurs de solidarité et partage charriées par l'instrument symbole. Sur un tout autre registre, c'est le fonds de mer avec les poissons de toutes couleurs et extravagances qui « préoccupe » Kyo Pépin, une peintre française.
En fait de préoccupation, il faut parler à l'endroit du centre d'intérêt de l'auteur d'« Amalgame » (titre d'un tableau mixte) de « Gouffre », « Grotte », de « raies », de « récif », dans une posture confinant à la « sérénité, au calme et repos ». À l'origine du projet d'exposition conçu par Hassan II Ndiaye, un souci : susciter une solidarité en regroupant des artistes et des oeuvres dont il attend des relations. Son objectif ? Sortir de l'ornière des cimaises des « artistes dans l'ombre » en les mettant au contact de « grands artistes qui s'épanouissent et vivent de leur art ». Car, ce ne serait pas tout à fait le cas des premiers, laisse entendre M. Ndiaye qui indexe, au passage, « ceux qui vivent de l'art des autres, notamment les galeries ». Des problèmes donc à débattre, à son avis, dans le cadre du NEPART. Un public hétéroclite Black and White a fait le déplacement pour le vernissage le mercredi 10 décembre dernier. Selon les penchants, les visiteurs ont le choix sur des tableaux dont l'échelle des valeurs varie de 500.000 à 25.000 FCFA. Les intéressés ont jusqu'au 27 décembre prochain pour y faire un tour et, au passage, apprécier et/ou acheter des sculptures métalliques, des perles, etc.
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