Ndakhté M. Gaye
18 Décembre 2003
Le retard dans l'exécution des ouvrages ou infrastructures a un impact négatif sur les finances du Sénégal, avec les surcoûts que cela induit, mais aussi sur les services avec les désagréments qu'il cause aux populations. De quoi inquiéter le ministre des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports qui s'en est ouvert aux chefs d'entreprise.
Le ministre des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports n'est pas satisfait de certains entrepreneurs en bâtiment et travaux publics (Btp). Notamment ceux évoluant dans les petites et moyennes entreprises. Et il le leur a dit hier, de vive voix, lors de l'atelier de mise à niveau des petites et moyennes entreprises (Pme) à propos de la "Qualité et la transparence dans les infrastructures et le bâtiment et les travaux publics (Btp)". Son insatisfaction porte en particulier sur les retards accusés dans la réalisation des ouvrages qui leur sont confiés par l'Etat. Des retards dont les causes sont multiples, selon le ministre.
M. Mamadou Seck reprochera, d'abord, aux chefs d'entreprise leurs dossiers d'études qui sont mal faits dans la plupart des cas. Ce qui, regrette-t-il, entraîne soit des modifications au moment de la réalisation ou des surcoûts, dès l'appel d'offres. Or ces surcoûts ne sont jamais prévus au moment des négociations avec les partenaires au développement qui ne pourront pas les prendre en charge. Il en découle des recherches de financement complémentaires, selon M. Seck. Il s'y ajoute, relèvera le ministre, qu'il se passe quelquefois beaucoup de temps entre les études et la réalisation. "Pendant ce temps, les données du projet ont eu le temps d'évoluer défavorablement. Surtout quand on parle de dégradations routières qui évoluent très vite à partir d'un certain seuil. Et si des corrections appropriées ne sont pas apportées, il y aura une différence fondamentale qui fait que ce projet n'est plus exactement comme il aurait dû être il y a deux ou trois ans", souligne le ministre.
Mais il y a pire, selon Mamadou Seck. Nombre de petites et moyennes entreprises, en évoluant dans le domaine du Btp, ne sont pas assez outillées ou suffisamment équipées pour les tâches qui leur sont confiées. "Au moment de l'exécution, nous constatons des retards dus au manque d'expérience, de matériel, de personnel", déplore ainsi le ministre. Et cela a un impact qualifié de "négatif" sur les finances, avec les surcoûts que l'on sait. Sans compter les répercussions sur le niveau de service parce que, explique son conseiller technique en la matière, M. Abdou Aziz Guèye, "ces ouvrages ou infrastructures sont réalisés pour le bénéfice des populations. Et s'ils ne sont pas réalisés, les désagréments continuent" pour ces populations.
De quoi donner de la matière au directeur général de l'Agence d'exécution des travaux d'intérêt public contre le sous-emploi (Agetip) qui estimé "nécessaire" de revoir le mode de fonctionnement de certaines petites et moyennes entreprises (Pme). Sur le plan des prestations intellectuelles, M. Ibrahima Ndiaye préconise de rendre la maîtrise d'oeuvre plus incisive en améliorant la compétence des bureaux d'études. Car, explique-t-il, l'atomisation actuelle des bureaux d'études (on en compte 250 rien qu'au niveau de l'agence) ne favorise pas le développement des capacités. Il s'y ajoute que certains d'entre eux offrent des prix nettement en dessous de leurs charges théoriques en vue de remporter les consultations, selon le Dg de l'Agetip. Ibrahima Ndiaye estime que ce sont là des pratiques qui ont pour résultats de tirer la qualité vers le bas. Et M. Ndiaye de se justifier : "En effet, pour réaliser le marché, le bureau d'études qui fait des offres au rabais est obligé de prendre un personnel moins qualifié et de faire des prestations de moindre qualité. Cette pratique a été soulignée par les audits et constatée par l'agence qui compte y mettre un frein pour assurer le développement du secteur."
Le Dg de l'Agetip s'est aussi offusqué d'autres pratiques malsaines comme l'escamotage de certaines phases de projet au détriment de la qualité, des limites importantes de la maîtrise d'oeuvre en ce qui concerne le suivi, etc. D'où sa décision de procéder à une véritable mue qui s'impose à ses yeux.
Pour inverser la tendance, le ministère des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports ne manquera de prendre des mesures idoines. "Nous sommes dans le processus d'amélioration sensible de la qualité des prestations de l'ensemble de nos partenaires qu'ils soient bureaux d'études, bureaux de contrôle ou entreprises. Nous sommes aussi dans un processus pour que l'attribution ou l'octroi des marchés se fasse sur des bases bien plus transparentes pour avoir une chance de réaliser ces infrastructures dans des délais beaucoup plus raisonnables que ce qui se passe à l'heure actuelle", indique Abdou Aziz Guèye, le conseiller de Mamadou Seck.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.