Demba Silèye Dia
18 Décembre 2003
Créer les conditions d'un brassage, d'une convergence des cultures devant aboutir à l'unité nationale. Tel est le but visé par le Fesnac. Mais pour y parvenir, un appel est lancé aux collectivités locales pour qu'elles s'engagent encore plus.
La quatrième édition du Festival national des arts et de la culture (Fesnac) ayant pour thème "L'initiation", démarre ce jeudi à Ziguinchor. Elle prendra fin le 22 décembre. La cérémonie d'ouverture qui se déroulera au stade Aline Sitoë Diatta sera présidée par de nombreuses personnalités gouvernementales (parmi lesquelles le ministre de la Culture Safiatou Ndiaye Diop) régionales et des représentants des pays de la sous-région. A cette grande rencontre de la culture, participeront des groupes de musique, de danse, de théâtre, d'arts provenant de toutes les onze régions du Sénégal.
A côté de l'exposition ethnographique axée sur l'habitat et les objets rituels, et l'exposition d'arts plastiques, il y aura un colloque qui rassemblera des intellectuels et hommes de culture. Tout pour le brassage, les convergences culturelles et l'unité nationale.
D'après Demba Ndiaye, le directeur du Fesnac, "pour l'édition de cette année, nous avons reconduit le même principe que le festival qui avant démarré à Ziguinchor et qui avait été interrompu par le décès du président Senghor. Des régions ont organisé des phases de présélection et ont choisi des troupes. Chaque délégation régionale comprendra quarante-sept personnes pour la danse, le théâtre, la musique, en plus de deux personnes représentant la région au colloque et deux plasticiens". Pour la musique, la région de Dakar sera représentée par le groupe Ngatamaare. Selon lui, le programme tournera autour du colloque, de l'exposition d'art plastique, de celle ethnographique sur l'habitat traditionnel, de la présentation d'objets rituels liés à l'initiation. Ce dernier volet, explique-t-il, "est une innovation qui va remplacer le village du Fesnac initialement construit avec des matériaux locaux, mais dont l'expérience n'est pas pérenne". L'autre innovation, selon lui, sera la présence de délégations venant de la Gambie et de la Guinée-Bissau. Sur le volet animation, indique notre interlocuteur, le système du parrainage sera reconduit : une Asc parraine une région.
"Cette option est faite dans la perspective de rester collé à la vieille tradition africaine du njaatigiya (kati-ang, hospitalité en joola). Ce sera l'occasion de développer le brassage entre les différentes régions et de s'organiser autour des rencontres, échanges et animations des quartiers". Le directeur du Fesnac ne trouve pas de la place pour Senghor au cours des manifestations, même si, précise-t-il, "c'est vrai que son ombre d'homme de culture planera toujours, car célébrer la culture, c'est célébrer Senghor. Nous avions souhaité que le centre culturel régional portant son nom, qui devait être achevé, pût être inauguré à cette occasion. Mais il y a quelques reprises à faire, notamment au niveau de la salle de spectacles, et la Direction de la construction n'a pas encore procédé à la réception technique. Mais nous avons demandé à y tenir l'exposition ethnographique".
En ce qui concerne le rôle des collectivités locales, M. Ndiaye indique que la manifestation, dans son essence, est co-organisée avec le Conseil régional et l'ensemble des autres collectivités de Ziguinchor. Mais il est noté quelques errements, surtout dans le domaine de l'accompagnement des troupes sélectionnées. Certains conseils régionaux disent être en fin de budget et ne peuvent donc pas, par conséquent, prendre en charge leurs représentants. Mais, selon Demba Ndiaye, "on pense qu'une manifestation de cette envergure, qui en est à sa quatrième édition, devait être prévue. On espère qu'à l'avenir, les autorités vont y penser pour mettre leurs représentants dans de bonnes conditions. Ce n'est pas facile de mobiliser et d'organiser plus de 700 personnes". De là, il parle des problèmes du budget, pour dire qu'une manifestation de ce type devait pouvoir mettre en synergie un nombre plus important d'acteurs culturels. "Mais c'est difficile, car il y a un problème de capacité d'accueil.
Avoir un réceptif plus important nécessite des moyens. C'est pourquoi on a voulu être modeste pour une organisation pratique, même si notre souhait était que le Fesnac évolue vers les arts et traditions populaires. Il faut mettre beaucoup plus de monde pour que les communautés socioculturelles soient plus représentées. C'est le schéma idéal. Nous y travaillons au fil des éditions, en espérant y aboutir. C'est l'esprit qui va prévaloir", conclut-il.
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