Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Le financement des élections en question

Martin Zambo

18 Décembre 2003


Le CIIRE organise depuis hier à Yaoundé, un séminaire sur l'importance de l'argent dans le jeu démocratique.

La campagne électorale dans un système démocratique a un coût. En l'absence de moyens financiers suffisants, les partis politiques seraient incapables de s'organiser et les hommes politiques ne pourraient pas communiquer avec le public. Cette réalité est plus évidente depuis l'intrusion de la communication politique dans nos moeurs. Inconnue il y a quelques années par les principaux acteurs de la vie politique, cette technique est de plus en plus utilisée en période électorale. Les murs des édifices publics des grandes, des moyennes, des petites villes et même des villages sont ainsi recouverts d'affiches, avec des messages plus ou moins aguicheurs. Ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Car, l'organisation des meetings, et autres manifestations publiques, se fait aujourd'hui en fonction d'un plan de communication bien élaboré.

Le séminaire atelier organisé depuis hier par le Centre interdisciplinaire et inter religieux de recherche en éthique (CIIRE), sur " le financement des campagnes électorales et la corruption au Cameroun ", remet à la lumière l'importance de l'argent dans le jeu démocratique. Le financement politique apparaît ainsi comme indispensable. Mais, il faut noter qu'il a provoqué de sérieux problèmes dans la plupart des démocraties. La première leçon à tirer de l'expérience occidentale est qu'il n'y a pas de solutions simples à ces difficultés. Pourtant, une campagne bien financée sera en mesure d'engager un personnel plus nombreux et de payer pour un plus grand nombre d'affiches et d'annonces publicitaires, sans oublier les interventions dans les médias.

Depuis la deuxième guerre mondiale, les gouvernements des démocraties occidentales ont tenté de réglementer et de subventionner le financement politique de plusieurs manières. Au Cameroun, la loi du 19 décembre 2000 prévoit le financement public des partis politiques et des campagnes électorales. Pour le compte de l'année électorale 2001-2002, par exemple, quatorze partis politiques devaient recevoir de l'Etat un milliard de F CFA pour le financement de leurs activités. Ce financement gouvernemental a été réparti en deux tranches de 500 millions F CFA chacune. La première étant exclusivement réservée aux six partis politiques qui étaient alors représentés à l'Assemblée nationale. La seconde également partagée entre ces six formations politiques et huit autres partis qui ont obtenu, au moins 5 % des suffrages exprimés, dans au moins une circonscription, au cours des élections de 1997.

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Mais il faut noter que la législation dans ce domaine varie d'un pays à un autre. En ce qui concerne particulièrement les subventions financières aux partis politiques, la philosophie de ses partisans est simple. Si les partis doivent être à même de se présenter aux élections, ils ont besoin des moyens financiers pour s'adjoindre un personnel suffisamment nombreux. Le meilleur moyen de s'assurer que les partis ont des ressources suffisantes pour accomplir leurs fonctions démocratiques est de leur accorder des subventions provenant des fonds publics. C'est cette voie qui a été choisie par le Cameroun. Les travaux du séminaire qui s'achèvent demain seront ponctués par une série d'exposés qui permettront de mieux cerner le thème principal. Les résolutions qui seront présentées à la clôture des assises devraient édifier les participants sur tous les aspects du financement des campagnes électorales.

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