Anis Souadi
18 Décembre 2003
Assurer une meilleure valorisation des déchets
La bonne gestion de l'emballage constitue un atout social, commercial ou encore économique de taille. De ce fait, l'on pense que notre industrie est appelée aujourd'hui à maîtriser rapidement et parfaitement cette technique pour pouvoir résister à la concurrence étrangère notamment européenne. C'est là l'une des principales recommandations du séminaire «La réglementation européenne sur les emballages et déchets d'emballage : quelles obligations pour les exportateurs tunisiens?» organisé par le Centre tunisien de l'emballage et du conditionnement.
Cette réglementation, ou plutôt cette directive, précise-t-on, a été arrêtée en 1994 pour assurer un meilleur comportement des industries des Etats membres de l'UE et des pays tiers et garantir surtout la protection de leurs environnements respectifs.
Neïla Gougi, directrice générale des stratégies industrielles au ministère de l'Industrie et de l'Energie, relève que «ce séminaire illustre l'intérêt accordé à l'entreprise et à son environnement». Il s'inscrit «dans le cycle des réflexions sur les conditions favorables à l'épanouissement de l'entreprise, et sa compétitivité».
En un mot, un tel séminaire «rejoint l'esprit même du programme de mise à niveau ou encore de modernisation industrielle». C'est «un thème d'actualité porteur et prometteur», observe-t-elle.
Pour revenir à cette directive européenne, elle ambitionne, comme le souligne Annette Freidinger-Legay de l'Institut français de l'emballage et du conditionnement, «d'harmoniser les mesures nationales relatives à la gestion des emballages et leurs déchets, ce qui permettrait de prévenir et de réduire leur incidence sur l'environnement et de lui assurer un niveau de protection élevé».
Il s'agit là de minimiser l'utilisation de substances dangereuses en limitant l'introduction de produits toxiques pour l'environnement dans la fabrication des matières premières, des emballages et lors de leur impression!
Il s'agit également d'éviter le gaspillage des matériaux et de garantir une valorisation du déchet en fin de vie, par la mise en place de systèmes de retour et de collecte fiables. A ce propos, la directive européenne prévoit de limiter significativement les mises en décharges «aux seuls déchets ultimes». On apprend sur ce point que les projections de 2006 tablent sur un taux global de valorisation de 60 à 75% et un volume total de recyclage de 55 à 70%.
D'une manière générale, et comme le souligne Annette Freidinger-Legay, «l'emballage sera conçu, fabriqué et commercialisé de manière à permettre sa réutilisation ou sa valorisation, y compris son recyclage». En parallèle, il «sera fabriqué de manière à limiter son volume et son poids au minimum nécessaire pour assurer le niveau requis de sécurité, d'hygiène et d'acceptabilité aussi bien pour le produit emballé que pour le consommateur».
L'emballage, poursuit-elle, «doit supporter plusieurs trajets ou rotations dans les conditions d'utilisation normalement prévisibles». Il doit être fabriqué par ailleurs de manière à permettre qu'un certain pourcentage en poids des matériaux utilisés «soit recyclé pour la production de biens commercialisables dans le respect des normes en vigueur». La fixation de ce pourcentage, estime-t-on «peut varier en fonction du type de matériaux constituant l'emballage».
D'un autre côté les déchets d'emballage traités «doivent être suffisamment biodégradables pour ne pas faire obstacle à la collecte». De ce fait, avance-t-on, «les déchets d'emballage biodégradables doivent être de nature à pouvoir subir une décomposition physique, chimique, thermique ou biologique».
Pour conclure, les participants au séminaire estiment qu'il «est nécessaire que l'industrie tunisienne se conforme davantage à cette directive pour garantir une meilleure capacité concurrentielle».
Neïla Gougi observe d'ailleurs qu'il est important aujourd'hui «de relever les défis de l'industrie de l'emballage et du conditionnement pour pouvoir bien se positionner sur le marché européen». Il s'agit là «d'une option prioritaire pour bien préparer l'entreprise tunisienne aux exigences de l'ouverture totale de la zone de libre-échange».
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