Lamine Koné.
16 Décembre 2003
La salle de conférence de l'OOAS de Bobo-Dioulasso abritait du 8 au 13 décembre 2003 un atelier sur l'évaluation épidémiologique de la lutte anti-vectorielle contre le paludisme réunissant 15 chercheurs de 8 pays du Nord et du Sud.
En dépit de multiples engagements nationaux et internationaux, les grands fléaux qui affectent la santé publique dans les pays en développement ne sont pas toujours maîtrisés. Et le paludisme en est une preuve flagrante et quotidienne. De l'avis des experts, la situation tendrait même à devenir plus préoccupante avec 3 phénomènes qui s'associent et multiplient leurs effets à savoir : le développement de la résistance des parasites aux médicaments disponibles ; le développement de la résistance des vecteurs aux insecticides ; et l'existence de conflits avec leur cortège de destruction des structures (notamment sanitaires), les déplacements de populations. Cette situation implique de : savoir mieux utiliser les outils disponibles actuellement dans la lutte contre le paludisme et d'avoir de nouveaux outils à mettre au service de la lutte. Et parlant de lutte, le ministère français de la recherche et de la technologie a lancé en 1999 un projet dénommé "Action concertée incitative" (ACI) axé sur les crédits du fonds national pour la science (FNS) devenu plus tard programme pal+ pour paludisme plus pour action visant à renforcer les liens de coopération scientifique et technique entre la France et les pays en développement de l'Afrique sud-saharienne, l'Asie du sud-Est et l'Amérique latine. Et ce dans les domaines de la clinique, de la thérapeutique, de la socio-anthropologie et de la santé publique.
Cet atelier dont le promoteur est le Docteur Pierre Carnevale et le parrain le professeur Robert Guiguimdé du centre Muraz et qui a été rendu possible grâce au soutien de Sanofi-syntelabo groupe et du programme pal + devrait permettre aux chercheurs et responsables des programmes nationaux d'Afrique de pouvoir réaliser une évolution rigoureuse et standardisée de l'impact des mesures anti-vectorielles afin de disposer de résultats fiables qui puissent être comparés d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre
L.T.
DECENTRALISATION : UN ATELIER REGIONAL DE RESTITUTION TENU A BOBO
Le 06 décembre 2003, s'est tenue à l'Espace jeunesse de Dafra de Bobo-Dioulasso une rencontre régionale des Haut-Bassins (Tuy, Kénédougou et Houet) de restitution des travaux du Forum national pour l'appropriation de la politique nationale de décentralisation par la jeunesse de notre pays.
Le processus de décentralisation enclenché dans notre pays même s'il se déroule relativement bien dans son ensemble, connaît des difficultés et problèmes qui ont entre autres pour noms faible participation de la société civile aux débats publics, non maîtrise des rôles et missions par les acteurs eux-mêmes, faiblesse de compétences des acteurs locaux.
D'où la tenue de cette rencontre d'échanges, de réflexion et de partage d'expériences qui ambitionnait de familiariser les participants avec la décentralisation en tant que mode de gestion des affaires locales et de définir la place de la jeunesse au sein de ce processus.
Cet atelier, ayant vu le jour grâce à la conjonction des associations, les Cercles des volontaires pour le développement et l'intégration (CERVOD), le Réseau National des jeunes pour la décentralisation (RENAJED) et la Section jeunesse du Comité national de jumelage (SJ/CNJ) MATD et la Coopération danoise, devrait déboucher sur la création de Conseils communaux de jeunesse.
L.T.
FORUM ASSEMBLEE NATIONALE / SOCIETE CIVILE : LES ACTES SUIVRONT-ILS LES DISCOURS ?
Du 02 au 4 décembre 2003, s'est tenu à Ouaga 2000 le forum Assemblée nationale/Organisations de la société civile autour de la problématique de l'instauration de mécanismes de dialogue entre la Représentation nationale et la société civile. On ne saurait nier la nécessité d'une promotion du dialogue entre le peuple et ses élus, tant sont manifestes les insuffisances en la matière depuis le début du processus démocratique. Mais on est en droit de s'interroger sur la réelle volonté de la majorité au pouvoir de faire suivre les actes aux discours, quand on sait que les conditions d'un dialogue vrai supposent au départ la bonne foi, une volonté réelle de transparence et surtout d'acceptation du jeu démocratique. C'est pourquoi il faut craindre que ce forum n'ait été qu'une grande messe de plus, et les cadres et mécanismes de dialogue à créer, des futures coquilles vides.
Nul ne peut nier qu'au Burkina, le dialogue est d'une criarde nécessité. D'une manière générale, les 3 pouvoirs, Exécutif, Législatif et Judiciaire, souffrent auprès des populations d'un grave déficit d'image, essentiellement causé par ces institutions elles mêmes. En effet, la plupart de leurs pratiques en matière de gestion du pouvoir les enferment aux yeux du peuple, dans des sphères de plus en plus éloignées de leurs préoccupations les plus essentielles. L'Assemblée nationale surtout, censée le mieux incarner les aspirations populaires à travers les représentants dont elle s'est dotée, souffre le plus de ce déficit de communication.
Aussi faut-il féliciter l'initiative de cette recherche d'amélioration de la participation citoyenne à la bonne gouvernance et aux grandes orientations parlementaires, mais prévenir toutefois les pratiques actuelles du parti majoritaire, pratiques qui consistent à donner plus d'importance au contenant qu'au contenu, à se servir des cadres institutionnalisés pour davantage brouiller la visibilité des actes. En effet, si l'on veut pousser plus loin l'objectivité sur la question, l'on doit reconnaître que ce ne sont pas tant le manque de cadres et d'opportunités d'échanges, que la réelle volonté politique et la bonne foi qui sont en cause. Par exemple, ce manque de bonne foi s'est manifesté tout au long des débats lorsque certains esprits ont tenté de présenter la société civile comme une réalité détachable des réalités politiques, ou de présenter des organisations de la société civile comme étant la société civile elle-même, bref, d'exploiter la diversité d'appréciation sur une notion somme toute large et assez équivoque pour créer des antagonismes là où il n'en existe pas.
Lorsque par exemple, dans une des allocutions prononcées à l'ouverture, il ressort que si ce mécanisme de dialogue était mis en place, plus personne ne devrait sentir le besoin de manifester dans la rue pancarte à la main, on laisse dangereusement comprendre que ce forum résoudra comme par magie toutes les préoccupations des Burkinabé, qui n'auraient plus dans ce cas, besoin de revendiquer. Bien voyons !
En attendant, la représentation nationale pourrait témoigner de sa bonne volonté en usant de ses prérogatives pour la réinstauration d'un espace de communication et de pédagogie comme "Presse Dimanche".
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