Ansoumana Sambou
19 Décembre 2003
En dépit du manque d'intérêt que suscite le championnat national de l'élite, les derbies JA-Diaraf passionnent toujours.
Et particulièrement celui de la présente saison qui s'annonce des plus disputés de la saison. Et si au Diaraf, inscrit dans une dynamique de succès, la confirmation sera le mot d'ordre, en face, il sera question du rachat. Les « Bleu blanc » ont effet raté la première marche du long escalier qui mène au sacre, alors que les « Vert blanc » ont fait le plein de points, d'entrée. Un bon départ qui met le Diaraf de Lamine Dieng en confiance. Mais son collègue d'en face ne semble pas abattu par son revers de la première journée. Loin s'en faut d'ailleurs à en croire Souleymane Camara « Gaucher » qui s'inscrit dans la durée. Le coach de la JA reste en effet serein. Et pour ce match tant redouté de part et d'autre, il ne vise que les trois points pour recoller au peloton de tête. Par ailleurs, les deux techniciens ont aussi déploré les conditions de préparation en direction de la Ligue africaine des champions et le manque d'infrastructures adéquates pour tenir tête aux ténors d'Afrique étant le premier handicap.
Lamine Dieng, coach du Diaraf : « C'est un match repère sur notre feuille de route » Lamine Dieng, le coach du Diaraf s'est tracé une feuille de route. Et ce match contre le traditionnel « ennemi » en est un repère important. D'où toute l'attention observée dans son camp dans la préparation de ce derby. Même s'il refuse d'admettre qu'il mène une préparation spéciale, dans tous les cas, l'enjeu est de taille.
Lamine, le derby JA-Diaraf revêt toujours un cachet particulier. Comment vous préparez le choc de dimanche prochain contre votre éternel rival, la Jeanne d'Arc ? Ce match contre la JA est un des repères sur notre feuille de route qui consiste, encore une fois, à essayer de bien figurer en Coupe d'Afrique (Ligue des champions, Ndlr) et dans le championnat national, tenter d'occuper les premières places. Ce match contre le champion en titre revêt donc un caractère particulier parce que c'est un derby des deux plus grands clubs du pays. Et dans ces conditions, ce classique constitue en lui-même une affiche qui a déjà fait sa propre publicité. Avez-vous alors concocté une préparation spéciale pour ce match ? Non ! Non ! Pas du tout.
Peut-être sur le plan de la préparation psychologique puisque c'est un match qui, sur le plan affectif, est passionnant et pour lequel, il faut savoir maîtriser ses nerfs. Cette passion se sent au niveau des supporters et des joueurs qui ont déjà disputé ce derby par le passé. Les anciens joueurs du club qui ont déjà vécu ce match savent qu'il y a une atmosphère particulière qui entoure ce derby. Donc, nous essayons de préparer les joueurs sur le plan psychologique pour mieux aborder ce match repère. Justement sur ce plan psychologique, vous partez avec un avantage certain suite à votre victoire du premier tour, alors que vos adversaires ont perdu Oui, c'est vrai que cette victoire peut être un stimulant. Cela peut faire un plus, mais, la défaite (de la Ja, ndlr) peut aussi constituer une source de motivation pour l'adversaire. Parce que ne voulant pas perdre deux fois. Mais, nous aussi, nous voudrions gagner une seconde fois. Donc, pour les deux clubs, remporter la partie sera une source de motivation pour la suite de la compétition. Il vous manquait des éléments dans votre effectif faute de qualification comme c'est le cas, en ce début de saison, pour nombre de clubs. La situation a-t-elle évolué, à présent? Presque. Nous disposons presque de notre effectif au complet. Sauf pour un oiseau rare (hésitation).
Cela pour dire que les portes restent toujours ouvertes pour renforcer le groupe en direction des joutes africaines. On ne cracherait pas sur une éventuelle opportunité pour nous renforcer Seulement, il y a un aspect qu'on déplore au Sénégal : des « grands » clubs comme le Diaraf et la JA ne disposent pas d'infrastructures dignes de leur rang. Pour des clubs qui aspirent à rivaliser avec les grands d'Afrique, ne serait-ce pas des points perdus d'avance ? Je pense que ceux qui ont eu à diriger ces clubs doivent répondre de cette situation de fait. Parce que, au niveau patrimoine, c'est-à-dire terrain de jeu, terrain d'entraînement, club-house, il n'y a pas un club qui en jouit au Sénégal. C'est déplorable. Même dans les régions où il y a de l'espace, les gens n'ont jamais fait d'efforts pour doter les clubs d'infrastructures dignes du nom. Des terrains d'entraînement et pourquoi pas des terrains de compétition. Doter le club d'un patrimoine qu'il laisse à la postérité, c'est cette vision qui manque aux dirigeants.
Les clubs ont atteint un niveau tel qu'un minimum d'infrastructures s'avère comme une nécessité absolue pour prétendre jouer les premiers rôles en Afrique. Dans ces conditions, n'allez-vous allez pas à l'aventure en Afrique ? (Après un bref silence) Non ! Pour l'Afrique, on fera avec les moyens du bord comme l'on dit. Le défaut de patrimoine ne compromet pas totalement nos chances sur le terrain africain. En tout cas, moi je n'y crois pas. Prenez l'exemple de Enyimba du Nigeria (vainqueur de la Ligue des Champions, Ndlr) qui tient la dragée haute aux grands clubs égyptiens dotés d'infrastructures modernes : des terrains à perte de vue gazonnés, un club house avec bar restaurant, un centre d'accueil etc. Pour un club, je dis bien ! Donc, si l'on se réfère aux infrastructures, on ne pourra jamais jouer les premiers rôles en Afrique. Parce que, ailleurs, on investit des milliards, alors que nous, nous investissons que quelques millions. Même si quelque part, il y a des efforts qui sont faits pour remettre les terrains dans un état acceptable, le problème demeure entier ».
Souleymane Camara « Gaucher », entraîneur de la JA « On n'a pas besoin de préparation spéciale pour se motiver »
Pour avoir raté la première marche de l'escalier menant au sacre, le coach de la JA n'a plus d'autre choix que de prendre les trois points devant l'éternel « frère ennemi », le Diaraf. Pari de taille compte tenu des ambitions nourries dans le camp adverse. La stabilité de son groupe en perspective de la suite de la compétition en dépend.
« Gaucher, nous allons dimanche, vers le grand choc du championnat que tout le monde attend avec impatience. Vous, vous avez raté votre entrée dans la compétition en vous inclinant devant le Duc. Ce revers n'a-il pas affecté vos joueurs sur le plan psychologique ? Non. Il est certes vrai que notre démarrage a été poussif, mais je crois que bientôt (hésitation) nous serons sur les bons rails. Surtout avec l'arrivée de nos joueurs qui sont en instance de qualification (Ndlr : voir encadré) Maintenant, par rapport au derby, je souhaite tout simplement qu'il réponde aux attentes du public, qu'il soit disputé dans le meilleur esprit de fair-play, et que (silence) nous gagnions ce match. En tout cas, nous le jouerons pour le gagner.
Maintenant on verra ce qui se passera sur le terrain. Avez-vous fait une préparation spéciale pour ce match ? Non, non, il n'y a pas de préparation spéciale. Un derby comme ce match que nous allons vivre dimanche n'a pas besoin de publicité encore moins de préparation spéciale pour motiver les joueurs. Il y a une motivation spéciale qui est déjà là. Qui n'a pas envie de jouer un derby JA-Diaraf ? Donc, les joueurs sont déjà motivés pour le disputer. Les supporters joueront aussi leur partition pour porter l'équipe à la victoire finale. En tout cas, nous ferons tout pour gagner ce derby. D'autant plus que vous avez besoin d'un succès pour vous relancer après votre faux départ On ne se focalise pas sur ce que vous appelez faux départ dans la mesure où nous sommes en championnat qui est une épreuve d'endurance. Nous débutons tout doucettement et montons progressivement en puissance. Puisque, non seulement nous jouons un championnat très long, mais nous avons en plus la Ligue des champions et la coupe du Sénégal à notre programme. Nous avons toutes ces compétitions à gérer et nous voulons aller le plus loin possible.
Notamment en championnat Vous avez l'ambition d'aller le plus loin possible en Afrique, mais sur le plan des infrastructures tout n'est pas réuni pour traduire ce rêve en réalité. Si l'on tient compte du patrimoine des clubs sénégalais en tout cas, vous ne partez pas à chances égales avec les autres Tout à fait ! Vous avez parfaitement raison. Nous sommes confrontés à ce problème d'infrastructure au Sénégal. À titre d'exemple, la semaine dernière nous avions connu tous les problèmes du monde pour trouver un terrain pour nous entraîner. Ce n'est pas un manque de volonté de notre part pour trouver un terrain disponible. Pratiquement, tous les terrains sont occupés. C'est très handicapant. Cette semaine, nous aurons plus d'entraînement, mais, le manque de terrains pose problème. Comment faire ? C'est vraiment la question que tout le monde se pose. À un certain moment, on s'entraînait au terrain du complexe de la Bceao, mais c'est de petits terrains de minimes. On ne peut pas préparer une équipe qui va en compétition internationale sur un terrain pareil. Lors du premier tour, vous aviez déploré l'absence de certains de vos renforts qui ne sont pas encore qualifiés. La situation a-t-elle évolué à la veille de ce derby ? Pas encore. Il y a un problème de qualification, de délai Disons que la même situation est encore d'actualité. On sera fixé plus tard ».
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