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Ouganda: L'Ouganda est un modèle de réforme microéconomique

Par Jim Fisher-Thompson, rédacteur du "Washington File"

18 Décembre 2003


Washington, DC — e 9 décembre, lors du Troisième Forum annuel de coopération commerciale et économique entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne (Forum de l'AGOA), l'administrateur de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), M. Andrew Natsios, a affirmé que le président de l'Ouganda, M. Yoweri Museveni, était le type de dirigeant dont l'Afrique avait besoin pour vraiment profiter des avantages offerts par la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA).

Il a conseillé aux ministres du commerce, des finances et des affaires étrangères des 37 pays africains qui participaient à ce Forum d'imiter l'Ouganda en concentrant toute leur attention sur les réformes microéconomiques visant à déréglementer les entreprises et à créer un climat plus favorable aux investissements.

"Le président Museveni est un partisan des réformes microéconomiques et, conséquemment, il a été facile de mettre en oeuvre des changements dans son pays." Cela a permis à certains secteurs d'exportation qui étaient en difficulté, par exemple les fleurs coupées, de prendre leur essor et de se tailler une part du marché des Etats-Unis, a expliqué M. Natsios.

Par contre, a-t-il ajouté, "il y a certains pays où le chef de l'Etat vous donne mille raisons pour lesquelles il refuse de modifier la réglementation des entreprises de crainte de voir l'Etat perdre tout contrôle sur elles. Or ceux qui veulent tout contrôler ne peuvent pas connaître une croissance économique rapide. Ce modèle conduit presque toujours à l'échec."

M. Natsios a ensuite expliqué que les recommandations de la Banque mondiale, de l'USAID et d'autres donateurs vantant les mérites des réformes microéconomiques - stabilité monétaire, faibles taux d'intérêts, règle de droit, démocratie et bonne gouvernance - étaient valables, mais insuffisantes.

"Des spécialistes des milieux d'affaires", tels que Michael Porter et d'autres, ont démontré que les réformes microéconomiques devaient s'accompagner de mesures de renforcement des capacités commerciales, a expliqué M. Natsios.

En Ouganda, a-t-il précisé, l'USAID a coopéré avec le secteur des fleurs coupées. "Il s'agit essentiellement de voir quels sont les règlements imposés par le gouvernement qui font obstacle à un secteur qui a un avantage comparatif. L'Ouganda a des terres très riches. Il bénéficie d'une bonne pluviosité. Il a des agriculteurs compétents.

Mais il y avait des problèmes au niveau de l'acheminement rapide des fleurs de Kampala aux Etats-Unis. Ces obstacles ont été éliminés, et on a constaté immédiatement une montée en flèche des exportations de fleurs coupées de l'Ouganda."

Afin de donner un élément de comparaison, M. Natsios a évoqué un pays africain où il s'est récemment rendu et où les choses ne se passent pas si bien. Il a cité l'exemple d'un homme d'affaires américain qui exportait des épis de maïs locaux aux fins de fabrication de balais aux Etats-Unis. L'homme d'affaires en question lui a expliqué que si la réglementation en vigueur dans le pays n'était pas si coûteuse, il pourrait doubler le volume de ces exportations.

Seulement, deux grands obstacles l'en empêchent, a expliqué M.

Natsios. "Premièrement, il n'a pas pu obtenir de lettres de crédit favorables, parce que ce pays est dépourvu de banque commerciale bien établie. Deuxièmement, une entreprise a le monopole des expéditions, et elle a décrété qu'elle n'expédierait qu'une ou deux cargaisons par semaine."

"Cet homme, a précisé M. Natsios, emploie 3.000 personnes de ce pays africain. Mais d'après lui, il pourrait en employer 10.000 (...) Il pourrait même installer son usine de fabrication de balais dans ce pays, mais la réglementation relative à la création d'entreprises est si terrible que cela prendrait bien 10 ans."

M. Natsios a souligné qu'il ne suffisait pas d'avoir du temps pour préparer un tel investissement. "Il faut une politique microéconomique adéquate. C'est précisément ce que nous essayons de faire avec nos trois centres d'activité commerciale - au Kenya, au Ghana et au Botswana - nous réfléchissons aux mesures nécessaires pour soutenir une politique d'élimination des barrières commerciales, par exemple."

Le président Bush, a souligné M. Natsios, est profondément convaincu du bien-fondé de ce principe. "Il pense que, pour les pays en développement, c'est un moyen de sortir du piège de la pauvreté."

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