Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Critère d'octroi des marchés publics : les élus locaux roulent pour le mieux-disant

Ndakhté M. Gaye

19 Décembre 2003


Les élus locaux souhaitent qu'il y ait un seuil minimum au-delà duquel il n'est pas possible d'attribuer un marché à une entreprise. Par ce voeu, ils entendent contrecarrer les entreprises qui font des propositions qui ne sont pas de nature à assurer la meilleure qualité de l'ouvrage. D'où leur choix porté sur le mieux-disant.

Les élus locaux sont pour le critère du mieux-disant, dans l'octroi des marchés publics. Le président de l'Union des associations des élus locaux l'a publiquement fait savoir au directeur général de l'Agence d'exécution des travaux d'intérêt public contre le sous-emploi (Agetip) et au ministre des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports. A MM. Ibrahima Ndiaye et à Mamadou Seck qui coprésidaient mercredi dernier la cérémonie d'ouverture de l'atelier sur la "Qualité et transparence dans les infrastructures et le bâtiment et les transports publics (Btp)", M. Alé Lô explique les raisons du choix des élus locaux : "Mieux-disant, parce qu'il arrive très souvent que des entreprises, rien que dans le souci de gagner des marchés et de tourner, plongent en offrant des propositions qui ne sont pas de nature à assurer la meilleure qualité de l'ouvrage. Pour cette raison, nous souhaitons qu'il y ait un seuil minimum au-delà duquel il n'est pas possible d'attribuer un marché à une entreprise.

" Pour M. Alé Lô et les membres de sa corporation, il faudrait aussi insister sur la qualité au regard du bénéficiaire. C'est-à-dire faire la distinction entre la qualité au plan technique et la qualité conformément à l'avis et aux besoins exprimés par le bénéficiaire. Raison pour laquelle ils ont exprimé leur souhait, par la voix de M. Lô, de voir l'Agetip se rapprocher davantage des collectivités locales pour que les bureaux d'études et les entreprises tiennent compte de l'intérêt des populations dans la réalisation des ouvrages. Pour le président de l'Union des associations des élus locaux, ces bureaux d'études et autres entrepreneurs, même s'ils sont payés par l'Agetip, doivent savoir qu'ils travaillent pour les bénéficiaires. De ce point de vue, M. Lô pense que les bureaux d'études doivent prendre leur attache pour que leur mission s'inscrive dans l'intérêt des populations.

La main-d'oeuvre locale est un autre sujet de préoccupation de M. Alé Lô. A ce sujet, il a demandé au ministre et au Dg de l'Agetip de privilégier cette main-d'oeuvre locale dans le cadre de l'exécution des projets. Et le représentant des élus locaux convient qu'"il y a là problème, dans la mesure où, d'un côté, nous souhaitons qu'il y ait une compétence, une expertise au niveau des entreprises, alors que, de l'autre, les entreprises locales, surtout en milieu rural, n'ont pas toutes ces qualifications. La plupart démarrent et ne remplissent pas toutes les conditions requises". La solution à ce problème, c'est un compromis à trouver entre le souhait d'avoir les meilleurs ouvrages et de faire travailler la main-d'oeuvre locale, selon M. Lô.

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