Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Cameroun - Nigéria : sous d'heureux auspices

Makon Ma Pondi

19 Décembre 2003


L'application de l'arrêt de la CIJ dans la région du Lac Tchad s'est effectuée sans anicroche

La normalisation entre le Cameroun et le Nigeria suite à l'arrêt du 10 octobre 2002 de la Cour internationale de justice de la Haye est entrée dans sa phase concrète. Résolument. Avec la fin de la première phase de retrait du Nigeria de 28 villages situés dans la zone du Lac Tchad. En tout, un territoire de quelque 888 km2 qui revient, de manière pacifique et suivant la décision de la CIJ, sous l'autorité du Cameroun. Tandis que de son côté, le Nigeria prend le contrôle de Dambore, un village de 1500 habitants situé sur le bras mort du fleuve Elbeidjei.

On se rappelle que le processus de transfert d'autorité dans les localités concernées avait démarré le 8 décembre dernier en présence des délégations du Cameroun et du Nigeria, dans un climat de respect mutuel et de fraternité sous le regard attentif d'une équipe onusienne conduite par M. Ahmedou Ould Abdallah, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et président de la commission mixte Nigeria-Cameroun.

A Mada, localité située au nord-est de Makari, comme à Doro-Liman, à Dambore comme à Darak et Tchika, les cérémonies de transfert de souveraineté ont été ponctuées d'un rituel d'usage tout en solennité : descente d'un drapeau, levée d'un autre, échange de civilités, signature de documents. Ici et là, un même credo au niveau des populations : l'attachement à la paix. Et c'est précisément la voie - le règlement pacifique - qu'ont choisie les présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo pour résoudre le différend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria. Deux pays frères et deux peuples unis par l'histoire et la géographie.

Avec le retour, mercredi dernier, sous la souveraineté du Cameroun des îles de Darak et Kopia, s'est achevé le processus d'application, pour ce qui est du Lac Tchad, de l'arrêt de la juridiction internationale de la Haye. Pour le ministre d'Etat Amadou Ali, le prince Bola Ajibola et les deux délégations qu'ils conduisent, l'heure est à une première évaluation du processus autour des plénipotentiaires de l'ONU. Certes, les choses ont débuté sous d'heureux auspices, dans un esprit de fraternité et de compréhension mutuelle. Il importe cependant de faire le point de cette première phase, d'en dégager toutes les leçons en vue de garantir les meilleures chances de succès pour la suite de l'opération qui n'est qu'à son démarrage.

On sait, en effet, que la seule frontière terrestre entre le Nigeria et le Cameroun est longue de plus d'un millier de km. Sans compter la partie maritime. Du côté de Yaoundé comme d'Abuja, tout est mis en oeuvre pour permettre de conduire le processus ainsi engagé jusqu'à son terme. Sans accroc. Il y va de la paix et de la stabilité pour la sous-région, gage de développement et de progrès.

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