Chokri Gharbi
19 Décembre 2003
Les députés ont discuté hier matin le budget du ministère de l'Agriculture, de l'Environnement et des Ressources hydrauliques, ainsi que celui du ministère de l'Industrie et de l'Energie, sous la présidence de M. Foued Mebazaâ.
Certains députés ont mis en exergue les efforts déployés par l'Etat pour assurer un approvisionnement régulier du marché en fruits, légumes et viandes, malgré des conditions climatiques parfois défavorables caractérisées par une sécheresse prolongée suivie de pluies abondantes qui - même si elles sont bénéfiques à terme pour certaines cultures - ont eu des effets négatifs sur les cultures des tomates, du persil
Un député a, d'ailleurs, rappelé que l'approvisionnement du marché en certains produits agricoles a été perturbé, ce qui a encouragé certains vendeurs d'augmenter les prix. Il a proposé de créer des sociétés dont la mission serait de réguler le marché et de barrer la route aux spéculateurs qui profitent des pénuries pour imposer leurs prix fort.
Le même intervenant a évoqué les relations entre les producteurs et les transformateurs appelant à rationaliser la coordination en vue d'absorber les quantités destinées à la transformation dans les meilleures conditions. Par ailleurs, le député a recommandé de préserver la Société tunisienne des industries laitières après son assainissement.
Un autre député a même souhaité pratiquer la libéralisation des prix des produits agricoles en se basant sur la loi de l'offre et de la demande. Abondant dans le même chapitre, un député a posé une question sur la stratégie du ministère de tutelle pour promouvoir le secteur agricole en butte à des conditions climatiques perturbées. Il a évoqué, de même, le prix à la production de l'huile d'olive qui nécessite une révision.
Après avoir mis en exergue les mesures et dispositions prises par l'Etat pour promouvoir le secteur agricole, un autre député a demandé des éclaircissements au sujet de la stratégie du ministère pour assurer une production agricole continue et satisfaire le marché. Un intervenant a relevé, de son côté, les effets climatiques qui conditionnent jusqu'ici la production agricole aussi bien au niveau quantitatif que qualitatif. Il a donné comme preuve les dernières pluies abondantes qui ont eu des effets négatifs sur la production dans certains gouvernorats, notamment ceux de Jendouba, Béja et Bizerte, qui approvisionnent le district de Tunis.
Un député a souligné, par ailleurs, que le poisson bleu, dont les potentialités sont estimées à 80.000 t, n'est exploité au niveau de la pêche qu'à un niveau de 35.000 t, environ, ce qui nécessite la dynamisation des activités de pêche de ce genre de poisson pour améliorer ce taux. Il a souhaité avoir des informations sur les travaux de recherche effectués sur le bateau de recherche offert par le Japon il y a quelque temps.
Les zones irriguées devraient être exploitées d'une façon rationnelle, propose le député Mohamed Troudi, indiquant, en outre, que les sociétés de mise en valeur agricole sont appelées à s'aquitter convenablement de leur mission en préservant entre autres le cheptel et l'effectif de production.
Au sujet du cheptel, justement, un député a précisé que l'abattage se fait parfois hors des abattoirs dans des conditions sanitaires et d'hygiène déplorables. D'où la nécessité selon lui, de renforcer le contrôle entre le ministère de l'Agriculture, de l'Environnement et des Ressources hydrauliques et le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales.
Question environnement, un député a évoqué le problème de l'assainissement, proposant le recalibrage des canaux pour absorber les quantités de pluies abondantes comme celles qui se sont abattues dernièrement sur le Grand-Tunis. Ces pluies sont bénéfiques pour les espèces végétales dont certaines, comme l'a rappelé un autre député, sont utilisées dans la production de traitement médicaux et d'esthétique. Il a proposé d'organiser ce secteur de production selon un plan défini englobant la formation, et les matières premières.
Les oliviers ont également bénéficié des dernières pluies. Mais certains agriculteurs, de l'avis de l'intervenant, trouvent des difficultés pour rajeunir les arbres. A cela s'ajoute le manque de main-d'oeuvre au cours des campagnes, ce qui a amené l'intervenant à proposer «le recours à l'armée pour ce genre de travail».
La margine pourrait exploitée en tant qu'aliment pour le bétail, pense le même intervenant, qui a proposé l'augmentation du taux d'approvisionnement en eau potable dans certaines régions.
Les députés ont également recommandé l'élimination des facteurs de pollution de la décharge de Borj Chakir, de désinstaller les structures de la Siape et d'exploiter rationnellement le lac de Bizerte dans plusieurs activités économiques après sa dépollution.
Parmi les questions soulevés dans le secteur de l'industrie et de l'énergie, les députés ont souhaité avoir des éclaircissements sur la stratégie de développement et d'utilisation du gaz liquide.
Un député s'est interrogé sur l'approvisionnement de Sfax en gaz naturel d'autant qu'un projet est prévu pour couvrir la région.
L'industrie du lait a retenu également l'attention d'un député proposant de renforcer les analyses pour améliorer la qualité qui laisse encore à désirer. Les incitations pour l'investissement régional devraient, selon un député, être révisées pour les adapter au nouveau contexte.
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