Philo Makiese
19 Décembre 2003
Kinshasa — Plusieurs associations travaillant dans le cadre des violences faites aux femmes affirment que plus de 1532 cas de femmes violées sexuellement sont identifiés à ce jour dans la province du Maniema.
C'est ce qu'a livré, mercredi dernier, le chef de la division de la Condition Féminine et Famille, Mme Kapunga Régine, aux journalistes membres du Réseau de Journalites et Communicateurs pour la Population (RCP), en mission à Kindu pour des reportages sur les violences faites à la femme. Soulignons que c'est le Fonds des Nations Unies pour la Population (Unfpa) qui a assuré le déplacement et le séjour de ces 11 journalistes membres du RCP.
Selon Mme Kapunga, ces violences se sont étendues même sur les filles de 13 ans, laissant ainsi des conséquences graves. Car beaucoup de femmes ont été chassées de leurs foyers par leurs maris suite à ces viols. Certaines se retrouvent avec des enfants sans père, sans aucun soutien et abandonnées par la société. Relevons aussi que des femmes ont été sévèrement tabassées restant avec des handicaps physiques, d'autres ne peuvent plus marcher et ont des douleurs de bas-ventre. La plupart d'entre-elles, taumatisées, ont peur d'avouer ce qu'elles ont vécu, craignant la réactions des auteurs de ces actes qui circulent encore parmi elles et qui occupent aujourd'hui des postes de responsabilité au sein du gouvernement de transition. Par ailleurs, ces atrocités, comme elle l'a souligné, sont à attribuer à toutes les forces armées qui étaient présentes dans cette région, tant du coté de la rébellion que gouvernemental. Et ces chiffres (1532), ne constituent que des données partielles, car certaines femmes sont encore retenues dans la foret.
Pour encadrer ces victimes, disons que les Ongs locales se sont organisées en synergie de 54 associations dans 3 volets: la prise en charge psychosociale en vue de leur intégration dans la société, la prise en charge socio-économique par l'octroi des micro crédits pour leur permettre de vivre ainsi que le plaidoyer. En outre, beaucoup d'efforts sont fournis par ces organisations en vue de la réhabilitation de la femme violée. C'est ainsi qu'un appel pressant a été lancé aux organisations internationales pour venir en aide à ces femmes victimes.
Pour le gouverneur du Maniema, les auteurs de ces crimes doivent etre sévèrement punis
"Je condamne avec la dernière énergie ces viols. Aujourd'hui, ils ont divisé beaucoup de foyers, certaines femmes ne pourront plus mettre au monde, d'autres continuent à être hospitalisées, etc. Tous ceux qui ont commis de tels actes seront sévèrement punis".
Dans un Maniema qui vit dans une pauvreté extrême, enclavé, où la sécurité n'est pas encore très assurée, où il n'y a pas d'électricité ni d'eau potable, moins encore de transport ni de routes praticables, soulignons que le gouverneur de cette province a laissé entendre que 3 priorités sont à soumettre au gouvernement de la transition: 1. Mettre fin à l'insécurité; 2. Réhabiliter les infrastructures routières (voies ferrées, fluviales et routes de desserte agricole); 3. S'occuper du social de la population.
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