Camélia Tebb
19 Décembre 2003
La Tunisie a entamé hier son aventure africaine face à l'Angola dans un match qui revêtira une extrême importance en raison de la valeur de notre adversaire qui aspire lui aussi à jouer les premiers rôles. Le résultat de ce match inaugural pourrait se révéler déterminant pour la suite de cette compétition et obligera notre équipe représentative à entrer immédiatement dans le bain.
Notre cinq national abordera la XVIIIe édition des Championnats d'Afrique des nations avec une réputation de vice-champion à défendre. Toutes les équipes qui nous affronteront sont averties et se sont sérieusement préparées à nous contrecarrer.
Douze pays (un record) prendront part à cette édition. Le Mozambique, pays organisateur, l'Afrique du Sud, l'Angola, le Cameroun et la Tunisie formeront le groupe A. Pour leur part, le Sénégal, champion d'Afrique en titre, la République Démocratique du Congo, l'Algérie, Madagascar, le Mali et le Nigeria évolueront dans le groupe B.
Notons que la Côte d'Ivoire qui figurait dans notre groupe a déclaré forfait en raison de difficultés financières.
Un effectif jeune
Face à une concurrence des plus sérieuses, la tâche de notre équipe sera des plus ardues. Nos représentantes auront un statut à défendre et leurs responsabilités sont, de ce fait, encore plus grandes même si elles ne partent pas favorites. A ce propos, nous noterons que l'effectif de notre équipe nationale a été rajeuni à plus de 50% depuis la dernière édition qui s'est tenue chez nous en 2000.
Six des douze joueuses qui feront le déplacement à Maputo viennent de participer dernièrement, cet été, aux premiers championnats du monde juniors qui se sont déroulés en Croatie. Il s'agit de Fatma Zagrouba, Maherzia Ksouri, Aïda Soltani, Wafa Zaghdoud, Sana Taoues et Sarra Ouerghi. Ce groupe, très jeune, sera encadré par quelques anciennes joueuses telles que Kaouther Achour, Mouna Khriji ou encore Faïza Soudani. Par conséquent, ambition et motivation seront nos principales armes face à certaines équipes renforcées pour l'occasion par des joueuses professionnelles.
Par ailleurs, les changements au niveau du staff technique à trois mois de cette échéance continentale ne contribueront certainement pas à nous faciliter la tâche. En effet, le nouvel entraîneur national, Walid Gharbi, n'a pris ses fonctions que depuis la fin du mois de septembre dans des conditions quelque peu difficiles, dans la mesure où il devait composer avec une situation de fait. Notre sélectionneur, en homme de devoir, n'a pas reculé devant la difficulté et cherchera à relever le défi avec un groupe dans sa majorité inexpérimenté mais prometteur.
Averti, il précisera : « En 2000, l'effectif était composé d'une pléiade de joueuses expérimentées et talentueuses qui, de surcroît, évoluaient dans leur antre, face à un fidèle public et dans une ambiance toute acquise à leur cause. Ces facteurs ont eu un impact très positif sur le rendement du groupe qui était galvanisé. Cette fois-ci, les choses se présentent différemment. D'abord, nous n'avons gardé de cette équipe que trois joueuses seulement. Ensuite, nous évoluerons avec une très jeune équipe dans une poule où figure le pays organisateur. Ce sera une ambiance typiquement africaine avec le bruit incessant du tamtam».
Posément, dans la continuité
Le sélectionneur national, bousculé par le temps, a préféré ne prendre aucun risque et n'a pas chambardé le groupe qu'il a trouvé. Se basant sur une ossature qui avait entamé sa préparation dès le début de l'été, c'est posément et dans la continuité qu'il s'est pleinement investi dans ses nouvelles fonctions. Toutefois, il essayera d'apporter une touche personnelle à certains aspects du jeu. Comment s'y est-il pris ?
«Durant ce court laps de temps, je me suis fixé des objectifs précis que j'ai heureusement réalisés à près de 80%. J'ai constaté beaucoup de progrès au niveau du rendement tant offensif que défensif et plus généralement au niveau de la tenue collective. Toutes les individualités doivent d'abord se mettre à la disposition du groupe pour créer une parfaite symbiose.» C'est en ces termes que nous a répondu Walid Gharbi qui ajoutera à propos des aspects qu'il aurait aimé améliorer : « Nous manquons encore de clairvoyance dans la lecture du jeu de nos différents adversaires et notre manière d'attaquer a besoin d'être davantage peaufinée. En phase d'attaque, les choix sont quelquefois contestables et cela nous empêche de mettre une joueuse en bonne position de conclure.»
De toutes les façons, un parcours honorable passe obligatoirement par une victoire face à l'Angola. Tout autre scénario installerait le doute au sein du groupe et hypothéquerait sérieusement nos chances d'accéder aux demi-finales, d'autant plus que notre équipe représentative terminera ses matchs de poule face au pays organisateur, lui-même concerné par une éventuelle qualification. Lorsque nous connaissons les aléas des compétitions africaines, il est préférable de prendre les choses avec tout le sérieux requis dès le départ.
D'ailleurs, en tant que vice-champions d'Afrique, nous n'avons pas beaucoup d'alternatives. C'est ce que nous confirmera, de manière avisée, l'entraîneur tunisien: «ce premier match sera très difficile à négocier, car il va sans dire qu'il aura des répercussions sur le reste du parcours, positives ou négatives. Eliminer ou faire chuter un prétendant, d'entrée de jeu, est toujours un exploit. Nous connaissons très bien l'Angola grâce à plusieurs cassettes vidéo que nous avons visionnées. De plus, nous l'avons déjà rencontré lors de l'édition précédente, à Tunis. Cette équipe qui renferme quatre joueuses professionnelles évoluant au Portugal possède certains éléments de valeur incontestable, rapides et capables d'influencer le cours des débats. Le tirage au sort ne nous a donc pas gâtés. Ce qui compte le plus pour nous, c'est de nous concentrer sur notre jeu qui gravite principalement autour de deux plaques tournantes, Kaouther Achour dont je salue, au passage, les énormes sacrifices qu'elle a consentis et Mouna Khriji. Enfin, malgré quelques imperfections subsistantes, nous espérons être à la hauteur de cet événement continental en représentant dignement le basket-ball tunisien qui est la responsabilité de tout le monde, même si, souvent, c'est l'entraîneur qui l'assume seul. Avec notre esprit vaillant et notre envie d'aller de l'avant, nous visons les demi-finales».
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