R. El Herguem
19 Décembre 2003
Malgré les absences de deux attaquants de base, à savoir Selliti et Zitouni, l'équipe olympique misera sur l'engagement et la réussite offensive.
L'équipe de Tunisie s'est rendue hier au Nigeria avec deux contraintes non négligeables : d'abord les deux blessures de Selliti et de Zitouni et ensuite le très peu de temps dont disposait la sélection tunisienne pour préparer ce match difficile. Après le nul concédé à El Menzah contre le Sénégal, il n'y a plus droit à l'erreur. C'est vrai que l'adversaire s'appelle Nigeria, et c'est vrai que les nôtres vont être diminués, mais que faire? Un seul pays ira à Athènes dans cette poule de fer qui regroupe aussi l'Egypte et le Sénégal. Beaucoup diront qu'il n'y a pas feu en la demeure et qu'il reste une bonne marge d'espoir devant l'équipe de Tunisie. Les matches ne font que débuter et il est possible de se racheter après le semi-échec devant le Sénégal. Cependant, il faut voir la réalité devant nous. Le Nigeria jouera à la maison et a ramené du Caire lors de la 1ère journée les 3 points de la victoire. Les «Super Eagles» vont tout faire pour enchaîner avec une seconde victoire qui les mettrait sur orbite. C'est ce qui rend le match délicat et exigeant. En plus, on doit se demander pourquoi l'équipe de Tunisie n'a-t-elle pas disposé du temps nécessaire pour préparer ce «match-tournant».Il y a les engagements des clubs, mais il y a aussi un calendrier à bien organiser pour trouver le temps nécessaire à l'activité de l'équipe olympique.
Nouvelle paire d'attaque
Ce fut donc une préparation à la hâte où l'on a rassemblé le groupe une semaine avant le jour J. Dans ce cas, rien ne sert de courir Le temps réduit et l'absence de tests amicaux ne permettent pas de s'assurer de la cohésion et de la complémentarité de l'équipe. On compte plus sur des valeurs parafootballistiques tels le courage, le sang-froid, la solidarité sur le terrain, la réussite de quelques joueurs de base à la riche expérience en seniors et on compte aussi sur la fortune et la chance. Le Nigeria est un grand morceau du continent. Il a déjà remporté la médaille d'or aux J.O d'Atlanta, mais en football tout est possible. L'équipe de Tunisie a - quels que soient les contretemps - des cartes à jouer et des chances de faire l'exploit à Lagos.
ýhemaïs Laâbidi est un entraîneur qui connaît bien l'équipe olympique. Il sait aussi Ñ de par sa carrière de joueur-gloire de la JSK - que les ailiers, les milieux offensifs et les attaquants peuvent être les sauveurs dans un match pareil. Heureusement que Guemamdia, Jomaâ, Mouelhi, Hammi, Khanchil et Trabelsi se connaissent bien et que l'on peut être confiant dans un minimum d'harmonie dans le jeu de l'équipe. L'absence de Selliti et de Zitouni restreint les choix devant Laâbidi qui reste sobre et déterminé à motiver ses joueurs. Les exercices programmés aux entraînements ont été variés, divertissants parfois. On a senti cette détermination irrévocable des joueurs à donner le plafond d'eux-mêmes et de bonifier autant que possible le rendement global de l'équipe. Chaque geste, chaque passe, chaque plan et bien sûr chaque balle peuvent compter beaucoup contre le Nigeria. C'est pourquoi Laâbidi n'a cessé de prodiguer à ses joueurs un message clair : garder la concentration et parer à tout excès de confiance ou de peur. C'est un match important à négocier, mais ce n'est pas la dernière chance offerte pour se qualifier aux Jeux olympiques.
Face au Nigeria, Laâbidi ne devra pas se passer des services de Khanchil, Saïdi, Hagui, Boussaïdi, Ayari, Ghezal, Hammi ainsi que tous les éléments d'expérience. La priorité sera donc donnée aux joueurs qui connaissent les rouages des matches en Afrique. Les joueurs qui ont déjà fait face à la pression des matches disputés sur les terrains africains. Si en défense et en milieu, les choix sont assez clairs, ce n'est pas le cas encore pour le secteur offensif. Après les forfaits de Selliti et de Zitouni, Laâbidi devra trier entre Guemamdia, Trabelsi, Issam Jomaâ et Khaled Melliti convoqué récemment. Le profil attendu? Deux attaquants (Laâbidi devrait opter pour un prudent 4-4-2) énergiques et capables de harceler la paire centrale défensive nigériane, «prenable» d'après les commentaires du staff tunisien.
En plus, le staff tunisien a insisté sur la vitesse et la circulation du ballon pour trouver les espaces nécessaires. Dans ce registre, Guemamdia et Jomaâ sont les plus aptes. Autre changement attendu dans l'équipe de Tunisie, il concerne le poste de gardien de but. En fait, le trio Methlouthi, Khalloufi et Ratouli fait de grands efforts pour arracher une place de titulaire. Aymen Methlouthi a déjà joué avec l'ESS des matches africains, alors que Khalloufi a la forme dans les jambes.
Une fois arrivée au Nigeria (à Buchi exactement), l'équipe de Tunisie qui jouera le match sera connue. C'est que Laâbidi décidera sur le champ qui sera le mieux en forme et capable de donner le plus en attaque.
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