Salah Slimani
20 Décembre 2003
Approuvée en juin dernier par le conseil d'administration du groupe de la Banque mondiale (BM), la nouvelle stratégie de coopération CAS (Country Assistance Strategy), adoptée par l'institution financière internationale en direction de l'Algérie pour les trois années à venir (2004, 2005 et 2006), est, lit-on dans une note de la banque, la deuxième du genre après celle de 1996 conçue, dès lors, comme une stratégie de transition, d'une année, pour appuyer le programme de stabilisation engagé par le gouvernement en novembre 1995.
L'élaboration d'une seconde stratégie de coopération et d'assistance intervient, souligne-t-on, pour accompagner l'Algérie qui «se trouve dans la phase initiale de sa transition vers une économie de marché». Reconnaissant au passage «le remarquable rétablissement» réalisé par le pays depuis 1996 à travers notamment l'augmentation du PIB de 3 à 4,1% et de la croissance du secteur hors hydrocarbures, la diminution de l'inflation et le niveau appréciable des réserves de changes (23,1 milliards de dollars en 2002), la BM estime toutefois que le vaste chantier des réformes enclenchées par le gouvernement algérien nécessite un appui important pour sa mise en oeuvre et sa réussite. L'objectif principal de la coopération que le groupe de la banque propose d'apporter à l'Algérie, lit-on dans le rapport définissant le CAS, est d'«appuyer les réformes fondamentales à travers un programme comportant des travaux analytiques, des services de conseils, des actions de renforcement de capacités institutionnelles en Algérie et d'opération de prêts [selon la demande du gouvernement], de financement par la SFI et/ou d'atténuer les risques à l'aide de prêts structurés, de produits de couverture de risque et de garanties». L'Algérie, souligne la banque, doit relever trois défis majeurs de développement.
Le premier est «comment utiliser ses réserves de pétrole et de gaz pour le bénéfice à long terme de la population algérienne». Le deuxième est «comment créer de la croissance et de l'emploi dans des secteurs hors hydrocarbures pour, à la fois, bénéficier de l'accroissement de la population active au cours de la prochaine décennie et éviter les tensions sociales provoquées par un accroissement éventuel du chômage». Le troisième défi, cite la Banque mondiale, est «comment assurer de meilleurs services de base de sorte que tous les Algériens soient en mesure de participer à une économie de marché du XXIe siècle et d'en bénéficier». Le groupe de la banque, lit-on, «revisitera ces priorités lors de la préparation d'un rapport d'évaluation, à mi-parcours du CAS, prévu pour 2005, et de sa discussion avec le gouvernement, gouvernement qui aura été mis en place après les élections présidentielles d'avril 2004». Compte tenu de l'amélioration de la situation financière de l'Algérie et les perspectives à long terme pour les prix pétroliers, les prêts que devra engager la Banque mondiale en Algérie ne peuvent aller «au-delà de ce qui serait nécessaire pour fournir l'assistance technique et les services consultatifs».
Les prêts engagés, par conséquent, ne dépasseront pas les 100 millions de dollars par an. Au cas où les circonstances changeraient notamment à la suite de la chute des prix du pétrole ou suite à la demande d'un soutien financier additionnel émise par le gouvernement algérien, qui va au-delà de ce qui est prévu dans le scénario de base, «la banque considérerait cette demande dans le contexte du rapport d'évaluation à mi-parcours du CAS». A propos de la contribution de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale et de l'Agence mondiale de garantie des investissements (AMGI), la note de la banque souligne que les activités de la SFI se sont «intensifiées considérablement à la suite des améliorations de l'environnement politique, sécuritaire et macroéconomique ainsi que des efforts rapides du gouvernement pour libéraliser l'économie au tournant du millénaire». Au 30 avril 2003, le portefeuille de la SFI engagé en Algérie était de 58,6 millions de dollars avec, à la clé, de bons résultats. Pour ce qui est de l'AMGI, elle a facilité un montant d'investissement direct étranger en Algérie estimé à 248,4 millions de dollars.
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