Ziad Abdelhadi
20 Décembre 2003
Le PNDA donne des résultats. Un dinar investi dans ce cadre a donné trois dinars de retour. «Ce qui va encourager le gouvernement à soutenir l'agriculture», a déclaré M. Benachenhou
Dans la wilaya de Biskra le Plan national de développement agricole connaît un niveau d'application assez appréciable. La relance du secteur de l'agriculture dans cette région du sud-ouest se fait facilement découvrir par les centaines d'hectares nouvellement plantés en palmiers et surtout ces étendues de serres qui s'étalent à perte de vue. Des indices forts qui vont faire de Biskra un grand pôle de production phoenicole et de primeurs. La visite organisée par le ministre de l'Agriculture jeudi dernier, accompagné de plusieurs ambassadeurs et de Abdelatif Benachenhou et Nourredine Benouar, respectivement ministre des Finances et du Tourisme, ainsi que de hauts cadres de son département, les a menés en divers endroits de la wilaya de Biskra là où le secteur de l'agriculture enregistre le lancement de nouveaux projets ou en cours de réalisation, tout comme vers les périmètres emblavés. L'unité de conditionnement de dattes destinées à l'exportation, la Socodat, a été la première étape du programme de la visite.
Cette société créée en 1991 est la première société privée à s'être lancée dans l'exportation de la datte sélectionnée qui arrive à mettre en boîte jusqu'à 50 tonnes de dattes par jour. La nouvelle chaîne de conditionnement a permis à la Socodat de devenir le premier partenaire des producteurs de dattes de la région. «Nous sommes arrivés à réaliser un chiffre d'affaires à l'exportation de 4 millions d'euros», nous a déclaré le responsable commercial. Nous informons aussi qu'une nouvelle chaîne de production de cacahuètes salées conditionnées dans des sachets de 250 g est entrée en production. Soulignant que la Socodat emploie 100 personnes et 500 autres durant huit mois de l'année pour un salaire moyen mensuel net de 10 000 DA. La deuxième étape a été consacrée à la visite d'une palmeraie et d'un nouvel espace récemment planté ou en voie, limitrophe à la grande palmeraie de Tolga. Sur le site, des explications ont été données quant à la nature du projet, les moyens matériels et financiers consentis pour réaliser la plantation de jeunes palmiers. On remarquera sur les lieux que toutes les palmeraies se sont dotées du système d'irrigation goutte à goutte.
Notons que la mise en terre des plants de palmiers nécessite la réalisation d'une fosse d'au moins un mètre carré sur une profondeur de 1 mètre. Le creusage de la fosse revient à 500 DA en terrain meuble et jusqu'à 2 000 DA sur terrain rocailleux. Et quand on sait qu'un hectare peut recevoir 120 plants et qu'un jeune plant ne devient productif qu'au bout de six ans, on peut imaginer le travail que cela implique et les dépenses induites. Or nombre d'exploitants ne peuvent supporter ces coûts sans un accompagnement financier. Ce dernier peut être accordé au titre du PNDA. Soulignons enfin la palmeraie de Tolga où est née et croît de plus en plus la célèbre et incomparable «Deglet Nour» ne cesse de gagner du terrain sur l'imposant environnement aride. Autre point fort de cette visite, les milliers de serres implantés dans la commune d'El Ghrous et où les cultures sont irriguées au goutte à goutte. Les quantités et la qualité des primeurs et des cultures maraîchères produites sous ces serres ont sorti cette localité de l'enclavement et de l'oubli dans lesquels elle était plongée auparavant.
Les champs de serres ont fait d'El Ghrous un grand pôle d'approvisionnement sinon le plus grand sur tout le territoire national. On peut avancer que c'est dans cette localité que réside la preuve qu'avec un peu de soutien financier, beaucoup de choses dans le domaine de l'agriculture peuvent être réalisées : une autosuffisance, des postes d'emploi et une plus-value importante dont une grande partie servira de ressources aux collectivités locales. Le président de l'APC le confirmera. En effet selon le premier responsable de la commune, l'essor enregistré dans le secteur de l'agriculture a complètement résorbé le problème du chômage, mieux encore, soulignera-t-il, «pas moins de 3 000 personnes venues d'autres wilayas ont trouvé de quoi gagner leur vie». Il expliquera aussi que le marché de gros procure des entrées considérables. M. Benachenhou, a reconnu à l'issue de la visite que «le PNDA commence à donner ses fruits et pour preuve un dinar investi dans ce cadre-là a donné lieu à 3 DA de retour, ce qui va encourager le gouvernement à soutenir l'agriculture notamment les segments de l'irrigation et de l'énergie pour permettre de réduire les consommations d'eau et d'électricité tout en faisant bénéficier uniquement les exploitants qui n'ont pas encore connu d'aide».
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