United States Department of State (Washington, DC)

Afrique: Le coordinateur de la lutte des Etats-Unis contre le sida salue les efforts des ONG

19 Décembre 2003


Washington, DC — Récemment rentré d'un voyage dans quatre pays africains, l'ambassadeur Randall Tobias, coordinateur pour les Etats-Unis de la lutte contre le sida dans le monde, a pu observer le travail considérable réalisé par les organisations non gouvernementales (ONG) contre le VIH/sida sur le continent africain.

M. Tobias s'est exprimé le 9 décembre à Washington lors de la retraite annuelle "InterAction" organisée pour des dirigeants de plus de 160 ONG et autres organisations humanitaires et de développement international basées aux Etats-Unis.

Evoquant son voyage récent en Zambie, au Kenya, au Rwanda et en Ouganda avec le ministre américain de la santé et des services sociaux, M. Tommy Thompson, ainsi qu'une délégation de professionnels de la santé pour faire le point sur la situation, M. Tobias déclara aux dirigeants réunis : "En dépit des obstacles issus de la stigmatisation, du silence, de l'ignorance, du manque d'autorité ou de ressources limitées, j'ai pu constater les résultats obtenus par les ONG dans la lutte contre le VIH/sida et les nouvelles voies d'intervention qui se sont ouvertes."

M. Tobias est le premier coordinateur mondial sur le sida des Etats-Unis et dispose d'un budget de 15 milliards de dollars pour lutter contre le sida dans le monde dans les cinq ans à venir.

Il a expliqué que le Plan d'action d'urgence sur le sida du président Bush représentait la plus vaste initiative de santé internationale jamais entreprise par un seul pays. "Une telle action humanitaire n'avait jamais été réalisée depuis peut-être le plan Marshall", a-t-il ajouté.

"D'une certaine manière, la décision du président Bush de lancer une telle initiative est un hommage à votre travail. Vous avez été la voix des ravages de cette pandémie, vous avez contribué au développement de stratégies de lutte contre la maladie et vous avez envoyé des bataillons d'hommes et de femmes pour aider les communautés dans le besoin."

Voici le texte de son discours :

Ambassadeur Randall Tobias, coordinateur gouvernemental chargé des activités mondiales de lutte contre le VIH/sida

Allocution prononcée à la retraite annuelle des dirigeants d'entreprises d'InterAction

Washington, DC 9 décembre 2003

Je vous remercie, Dr. Gupta, pour ces mots de bienvenue et surtout pour le travail que vous avez accompli pour l'avancement des femmes.

Je vous remercie tous, ici réunis ce soir, représentants des organisations qui se trouvent aux avant-postes de la lutte contre le VIH/sida.

La communauté des ONG a été parmi les premiers intervenants dans la crise du VIH/sida en aidant les personnes et les communautés ravagées par le sida et en entraînant un élan international pour la lutte contre la maladie.

Je suis rentré récemment d'un voyage dans quatre pays africains et j'ai été frappé dans chacun de ces pays - la Zambie, le Rwanda, le Kenya et l'Ouganda - par le travail extraordinaire effectué par les ONG.

En dépit des obstacles nés de la stigmatisation, du silence, de l'ignorance, du manque d'autorité et de ressources limitées, j'ai pu constater les résultats obtenus par les ONG en matière de lutte contre le VIH/sida et les nouvelles voies d'intervention qui se sont ouvertes.

Je suis ici aujourd'hui en tant que premier coordinateur mondial sur le sida des Etats-Unis et j'ai la redoutable responsabilité de mener un projet de lutte contre le sida dans le monde échelonné sur cinq ans et doté d'un budget de 15 milliards de dollars. Le plan du président représente la plus large initiative de santé internationale jamais entreprise par un seul pays. Une telle action humanitaire n'avait jamais été réalisée depuis peut-être le plan Marshall.

D'une certaine manière, la décision du président Bush de lancer une telle initiative est un hommage à votre travail. Vous avez été la voix des ravages de cette pandémie, vous avez contribué au développement de stratégies de lutte contre la maladie et vous avez envoyé des bataillons d'hommes et de femmes pour aider les communautés dans le besoin.

Je sais que la plupart d'entre vous connaissent les chiffres sur les dégâts causés dans le monde par le VIH/sida. Face à ces statistiques, nous devons renouveler notre engagement au nom de ceux qui doivent supporter le fardeau de la maladie. Quarante millions de personnes dans le monde sont séropositives. Malheureusement, la plupart d'entre elles ignorent leur condition. Trop peu de personnes sont dépistées et nous devons changer cette situation.

Cette maladie est complètement évitable et la prévention est l'arme principale dans la lutte contre la propagation du VIH et doit être notre priorité numéro un. Le dépistage- c'est-à-dire savoir si l'on a été contaminé par le virus et prendre les mesures nécessaires- est une des clés de la prévention.

Lorsque cette épidémie fut pour la première fois reconnue aux Etats-Unis, elle était considérée surtout comme un fléau touchant les hommes homosexuels. Etre diagnostiqué séropositif était considéré comme le début d'une vie de déshonneur et comme une forme de condamnation à mort. Ceci n'est plus le cas. Même si la maladie est toujours entourée d'opprobre dans le monde entier, elle touche surtout, en dehors des Etats-Unis,les hétérosexuels. Le développement des traitements antirétroviraux permet maintenant aux malades du VIH/sida de vivre une vie active normale et de mourir d'une autre cause.

Voilà ce qui est possible. Transformer cela en réalité va demander un effort inimaginable mais c'est ce que nous allons faire. En 2002 uniquement, trois millions de personnes sont mortes suite à des complications du sida, laissant derrière elles des êtres bien-aimés, des orphelins et des communautés détruites. La même année, cinq millions de personnes ont été contaminées.

Faites les calculs. Nous sommes en train de perdre la guerre. Au rythme actuel, nous nous dirigeons vers la destruction du monde qui s'accompagnera d'une tragédie humaine et d'une déstabilisation politique et sociale.

En prenant la vie des populations les plus actives de nos sociétés, c'est-à-dire les adultes âgés de 15 à 45 ans, le VIH/sida menace un principe de développement élémentaire, à savoir que chaque génération réussit mieux que la précédente. Le VIH/sida a intensifié la pauvreté, réduit l'espérance de vie, amoindri les ressources des Etats et laisse la nouvelle génération grandir sans l'amour et le soutien de parents et d'enseignants. L'année à venir va toutefois peut-être nous donner l'espoir d'un nouvel horizon.

Plus que jamais auparavant, la communauté mondiale s'unit pour porter tous ses efforts sur le VIH/sida, ralliant tous les secteurs - public, privé, religieux, non gouvernemental et multilatéral- pour contribuer à la lutte contre le VIH/sida. Des leçons ont été apprises et les leaders commencent à en tenir compte. Nous disposons maintenant de méthodes efficaces de lutte contre le VIH/sida, dont la prévention et des stratégies réussies pour faire changer les mentalités, d'approches éprouvées d'élimination de la honte et de la discrimination ainsi que des programmes de partenariats entre les pouvoirs publics et la société civile.

Nous savons que l'autorité à l'échelle mondiale et nationale est essentielle et qu'une action efficace et opportune peut contenir la propagation de la maladie et même réduire le fardeau de la maladie sur les familles, les communautés et les nations touchées. La déclaration de feu Thomas O'Neal (ancien président de la Chambre des Représentants des Etats-Unis),"la politique est un combat local", s'applique également à la santé publique. La lutte contre les maladies infectieuses dont le VIH/sida sera gagnée ou perdue dans les petites communautés, si petites que vous ne les trouverez peut-être pas sur une carte.

La semaine dernière, je me trouvais justement dans une de ces communautés, une petite bourgade agricole de l'Ouganda située en dehors d'une petite ville appelée Tororo. Là-bas, le Centre épidémiologique du ministère de la santé et des services sociaux des Etats-Unis (CDC) s'est allié à une organisation locale de lutte contre le sida appelée TASO afin de fournir aux patients du sida de l'eau potable, un antibiotique pour lutter contre les infections opportunistes et des traitements antirétroviraux. Pendant ma visite, je suis allé voir deux patients et leurs familles dans leurs maisons, construites en boue avec des toits en paille et des sols en terre battue. Les agents sanitaires de cette collectivité rendent visite à leurs patients une fois par semaine sur de petites mobylettes pour surveiller leur état de santé et veiller à ce qu'ils prennent leurs médicaments.

Les progrès enregistrés par les malades depuis le début du traitement est étonnant. Le taux d'adhésion au traitement est presque de 95 %, un taux bien supérieur à celui de notre pays. Les traitements antirétroviraux peuvent être dispensés de façon efficace dans les communautés les plus retirées. Le débat qui autrefois opposait le traitement à la prévention n'a plus lieu d'être et peu aujourd'hui le contesteraient.

Il est évident que la prévention doit être notre priorité numéro un afin de mettre fin à la propagation de la maladie. C'est l'approche retenue en Ouganda et elle est fructueuse. Je me suis rendu dans des écoles primaires pour observer les campagnes de prévention. Le message est direct et ces campagnes sont relativement peu onéreuses et très efficaces. Tout doit être fait si une vie peut être sauvée. C'est pourquoi les traitements s'imposent. De surcroît, la distribution de traitements antirétroviraux offre la possibilité aux gens de subir les tests de dépistage et de connaître leur état de santé. Ceci en retour contribue aux efforts de prévention.

Les Etats-Unis intensifient la lutte mondiale contre le VIH/sida grâce au Plan d'action d'urgence sur le sida du président Bush. Comme l'a affirmé le président Bush, et comme la communauté des ONG l'a déjà compris, nous avons le devoir moral d'agir et nous le faisons, face à des morts et à des souffrances évitables.

L'initiative de cinq ans du président vise à empêcher la contamination de sept millions de personnes au virus du VIH, à fournir des traitements aux deux millions de personnes séropositives et à prendre en charge dix millions de personnes affectées par le VIH/sida ainsi que les enfants qui ont perdu leurs parents par la maladie. Cette initiative va octroyer 9 milliards de dollars à 14 pays cibles de l'Afrique et des Caraïbes qui comptent 50 % des personnes contaminées.

Un milliard de dollars seront versés en tant que contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, ce qui portera la contribution des Etats-Unis à 1,6 milliard de dollars soit le tiers des fonds rassemblé à ce jour. Cinq milliards de dollars seront attribués à l'assistance bilatérale avec 60 autres pays. Cette initiative débutera en 2004 grâce à un fonds de 2 milliards de dollars qui augmentera pour atteindre 15 milliards de dollars dans les cinq ans à venir.

La Chambre des Représentants a signé notre budget hier et le Sénat doit maintenant rendre sa décision. Les fonds consacrés à ce programme sont englobés dans le collectif budgétaire et cet après-midi, il semble peu probable que nous disposions de ces fonds avant la fin janvier. Nous ne devons pourtant pas perdre de temps dans la lutte contre une épidémie qui est responsable de 8.500 décès par jour.

Les aspects fondamentaux de cette initiative sont la prévention durable, les soins et les programmes de traitement sur le VIH/sida.

Nous savons que de tels programmes dépendent de partenariats efficaces entre les bailleurs de fonds, les gouvernements, les ONG et le secteur privé. Une des plus importantes sources de connaissances du terrain, d'innovation et de direction dans la lutte contre le VIH/sida est le secteur des ONG. Par conséquent, l'alliance des ONG et du gouvernement américain est l'élément clé pour atteindre les objectifs définis dans le Plan d'action du président.

Bien que mon organisation n'en soit qu'à ses balbutiements, nous avons pu déjà commencer à développer une stratégie et des principes directeurs afin de pouvoir agir rapidement contre la maladie dès que nous recevrons les fonds du Congrès.

Je suis convaincu que nous devons prendre en compte la situation sur le terrain dans le développement de nos programmes afin que ceux-ci soient adaptés aux circonstances, aux ressources humaines et matérielles de chaque pays et qu'ils bénéficient des innovations des communautés et des personnes impliquées dans cette lutte.

J'ai demandé à chaque ambassadeur américain dans chaque pays cible d'utiliser toutes les ressources de notre gouvernement afin de développer un plan de mise en application de l'initiative du président dans le pays concerné et de coordonner le travail de tous les intervenants du gouvernement américain sur le terrain. Nous avons déjà bien avancé ce processus et je suis très satisfait du travail accompli dans ces pays.

Lors du développement de nos programmes, nous devons adopter une nouvelle approche qui se fonde sur les résultats déjà obtenus à savoir les succès et les échecs. Albert Einstein a déclaré que le summum de la stupidité est de faire et refaire la même chose en s'attendant à des résultats différents. Pour bien faire notre travail, il faudra se fonder dans certains cas sur de nouveaux paradigmes.

Un nouveau paradigme est par exemple la façon dont nous allons nous organiser pour faire front à la maladie. J'ai demandé à toutes les personnes impliquées d'oublier leurs ministères et agences de tutelle et de s'unir pour former une équipe représentant le gouvernement américain sous la conduite de l'ambassadeur.

Nos activités dans ce domaine seront considérées comme des programmes du gouvernement américain et s'appuieront sur les forces et moyens des individus et organisations là où nécessaire. Je me réjouis de vous annoncer que nous disposons déjà de mécanismes de financement qui, j'espère, nous permettront d'élargir rapidement les programmes éprouvés de prévention, de soins et de traitements mis en place par les ONG qui ont déjà obtenus des résultats dans certains pays. Nous acceptons les demandes de financement jusqu'au début de l'année de la part d'organisations qui sont en mesure d'élargir rapidement leurs activités existantes dans cinq domaines clés :

1. La prévention du VIH/sida en prônant l'abstinence et un changement des comportements chez les jeunes et l'intensification des efforts de prévention de base ;

2. L'élargissement des traitements antirétroviraux pour les personnes contaminées et une assistance technique pour développer des structures locales de suivi des traitements ;

3. L'envoi d'experts qui apporteront une assistance technique aux ministères de la santé et aux services de transfusion sanguine afin de développer et de renforcer rapidement des programmes sûrs de traitement du sang ;

4. Le soutien aux orphelins et aux enfants vulnérables touchés par le VIH/sida ;

5. Des programmes visant à réduire la transmission du virus lors de pratiques médicales dangereuses, notamment la promotion de pratiques médicales d'injection sans risques.

Il ne fait aucun doute que le VIH/sida représente l'un des plus grands défis de notre époque et qu'il exigera un engagement concerté et sans failles de nous tous si nous voulons l'éliminer. Si nous n'agissons pas, les scientifiques estiment que plus de 75 millions de personnes seront infectées d'ici à 2010 et que 100 millions de personnes seront mortes du sida en 2020.

En nous unissant, nous pouvons optimiser nos efforts et obtenir de réelles percées dans la lutte contre le VIH/sida, où chaque combat gagné se mesure en nombre de vies sauvées, de familles toujours intactes, de pays continuant leur développement ce qui nous permettra d'assurer notre avenir. Le gouvernement américain ne pourra atteindre seul les objectifs du plan du président - sept millions d'infections évitées, deux millions de patients bénéficiant de traitements, dix millions de personnes prises en charge - mais le plan ne doit pas non plus limiter ce qui est possible. Si nous travaillons de concert, ces objectifs seront de simples étapes vers un monde dans lequel le sida et ses ravages seront éradiqués à tout jamais.

Le président Bush a déclaré : " La liberté et l'espoir sont menacés par la propagation du sida." Tous ceux qui se rallient à la campagne contre le sida contribuent à la défense de la liberté et de l'espoir.

Nous nous réjouissons de nous atteler à cette tâche. Je vous remercie.

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