Joseph Sene
20 Décembre 2003
La conférence des leaders du Mouvement pour la citoyenneté et la République (MCR) s'est réunie hier, au siège du Parti de Réforme.
Au cours de cette rencontre, Abdourahim Agne et ses amis ont émis leur jugement sur le sommet de la société de l'information qui a été récemment tenu à Genève, la visite de Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur. Le MRC a aussi interpellé les autorités sur les moyens qui ont été utilisés pour l'accueil du président de la République, et les sommes promises à l'administration territoriale.
Le Mouvement pour la citoyenneté et la République a procédé à une analyse du sommet qui a récemment eu lieu à Genève, en Suisse. Et c'est d'abord pour déplorer « tout le tapage médiatique qui a été entretenu autour de cet événement. Simplement parce que, explique Cheikh Sarr, « le Sénégal n'a pas de modèle clair de gestion des nouvelles technologies de l'information et de la communication ». Ce qui autorise donc le porte-parole de ce cadre unitaire d'affirmer qu'en fait de résultat » ce sommet a plutôt été un échec cuisant et non une victoire comme l'ont présenté les autorités ».Et pour étayer son argumentation, Cheikh Sarr cite « les absences remarquables des décideurs du monde et des précurseurs du NEPAD (Olusegun Obasanjo, Abdelaziz Boutéflika, Thabo Mbéki et Hosni Moubarack). Pour le MCR, a-t-il avancé, la priorité n'est pas d'amasser des millions pour un fonds de solidarité numérique, mais pour la satisfaction de multiples demandes aussi pressantes que la santé, l'éducation etc. « Nous considérons que les sommes qui vont constituer ce fonds ne serviront à rien d'autre qu'à des dépenses de prestige. On lance un slogan pompeux : une personne, un ordinateur.
Mais à notre niveau, nous considérons qu'il faut d'abord mettre l'accent sur la scolarisation et l'alphabétisation », a encore souligné M Sarr. Le sommet sur la société de l'information n'a pas été le seul point inscrit à l'ordre du jour de la conférence des leaders du MCR. La manifestation organisée au retour du président de la République a aussi fait l'objet d'une discussion. Dans ce sens, le MRC interpelle les autorités sur la provenance des moyens qui ont été utilisés pour organiser ce large rassemblement de personnes venues d'horizons divers. Et pour Cheikh Sarr, il en est de même pour les sommes d'argent qui ont été débloquées pour organiser la « soi-disant marche de la CAP 21 contre les violences ». D'après le porte-parole du MCR, le gouvernement leur avait habitué à une politique basée sur les rumeurs et maintenant, il semble changer de stratégie en optant pour la « diversion ». Car, explique-t-il, « récemment, on nous a annoncé la volonté de nommer un Premier ministre femme en 2006, depuis l'extérieur.
Ensuite, on part à l'étranger organiser des sommets sur une question dont on n'a pas un modèle de gestion clair ». Concernant la visite de Nicolas Sarkozy, le ministre français de l'Intérieur, le MCR y voit un objectif inavoué de la part de notre ex-hôte : la collaboration du Sénégal dans la politique d'immigration de la France. Le MCR a aussi déploré la sur-médiatisation qui a été entretenue autour de cette visite. Sur-médiatisation qui a, selon eux, éclipsé l'aspect économique de la question et la visite du Premier ministre norvégien. Un autre fait qui a été passé au crible par le MCR : la décision prise par le président de la République d'allouer aux gouverneurs, préfets et sous-préfets des émoluments. « D'où proviennent les 40 millions qu'on va leur donner ? Quel est l'objectif qui est visé à travers cette offre ? », s'est interrogé Cheikh Sarr avant de répondre lui-même que « c'est une manière de conditionner les autorités de l'administration territoriale ».
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