Moustapha Barry
20 Décembre 2003
L'Ucad dispose déjà d'un agenda ficelé pour l'application des réformes recommandées par le séminaire sur "La gouvernance universitaire".
L'Ucad a déjà un agenda ficelé pour l'application du modèle anglo-saxon, selon son recteur Abdou Salam Sall. "Non seulement l'Université Cheikh Anta Diop n'a pas attendu le séminaire sur la gouvernance universitaire, mais elle sert de locomotive dans la dynamique globale. On a un agenda précis. Nous allons nous donner les moyens de l'appliquer", révèle le recteur de l'Ucad. Mais cela doit être appliqué collectivement, avec les autres universités, car "l'Ucad n'appartient pas seulement à la société sénégalaise, c'est aussi une université régionale qui doit jouer son rôle de locomotive au plan sous-régional".
Sur le plan des infrastructures, pour mieux gérer la qualité, "l'Ucad a réceptionné de nouveaux locaux comprenant deux amphithéâtres de 1 200 places chacun, 48 salles de travaux dirigés et pratiques. Le réseau Internet de l'Ucad n'a rien à envier à celui du Nord. Quant à la gestion de l'emploi du temps, nous venons de disposer d'un logiciel de gestion des emplois du temps", révèle M. Abdou Salam Sall. Mais il se pose le problème du sureffectif malgré tout. "L'Ucad ne peut pas prendre 40 000 étudiants. Il est clair qu'avec 40 000 étudiants sur 5 000 lits, cela pose problème", reconnaît le recteur. Avant de s'interroger sur le fait que, par exemple, "les maires - certains le font - ne parrainent l'hébergement. La formation des étudiants n'est pas l'affaire du seul gouvernement. Ou bien on ne comprend pas les enjeux. Chaque étudiant formé nourrit une famille, ses parents, les aide. Ce sont des enjeux très importants. On a des propositions concrètes pour améliorer tout cela, mais nous allons associer les étudiants".
Abdou Salam Sall indique que le gouvernement a adopté une carte universitaire et "bientôt l'université polytechnique de Thiès, le collège universitaire de Bambey, celui de Ziguinchor et un système d'enseignement supérieur avec le développement de l'Ugb" de Saint-Louis vont participer à désengorger l'Ucad.
Quant au recrutement des enseignants du supérieur, "le gouvernement avait créé des postes, mais l'Ucad n'a pas donné suite. Toutefois, les dispositions pratiques sont prises pour que les postes soient pourvus. D'abord, on a recruté sur les postes des retraités. On va recruter sur les nouvelles créations du gouvernement. Malgré tout, on n'aura jamais suffisamment de professeurs". Autre précision du recteur : "Quatre-vingt-quinze pour cent de nos ressources viennent de l'Etat. Or la société tout entière doit participer au financement, les étudiants et les diplômés aussi. Les parents d'élèves, les industries, tout le monde doit s'y mettre, parce que les ressources dont l'université a besoin, le gouvernement, à lui tout seul, ne pourra pas les lui donner. En attendant, nous allons gérer autrement en produisant des richesses internes". Le recteur de l'Ucad précise toutefois que cela ne veut pas dire qu'on se dirige vers une privatisation. "La gestion de qualité n'est pas forcément une gestion privée. Mais il faut une gestion de qualité. Nous allons faire la gestion de qualité différente de celle qui est du ressort du privé. L'accès équitable est notre credo", rassure Abdou Salam Sall.
Le recteur de l'Ucad s'est aussi prononcé sur "la fuite des cerveaux". Selon lui, une résolution est prise dans ce sens. "Nous sommes allés plus loin que les déclarations d'intention. Non seulement nous suggérons aux universités du Sud de recenser leurs diasporas et d'interagir avec elles, on ne parle pas encore de retour, mais de réseau pour interagir avec ces diasporas, mais on est allé plus loin. On a demandé, pour la première fois, que les universités du Nord, qui utilisent les ressources du Sud, les partagent avec les pays du Sud dont ces ressources sont originaires. Dans les foras, au niveau international, on a proclamé et dénoncé la fuite des cerveaux. Mais on ne disait pas comment l'amoindrir. Là, nous venons d'adopter le partage des ressources, notamment les ressources que nous produisons", se réjouit Abdou Salam Sall
Il a aussi profité de l'occasion pour expliquer l'incendie d'une partie du restaurant argentin. Pour lui, "ce qui s'est passé c'est la graisse qui s'était accumulée au niveau de la cheminée qui en est à l'origine. Cela pose un problème d'entretien des restaurants". Tout en ajoutant qu'il va veiller à cela.
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