La Presse (Tunis)

Tunisie: Débats budgétaires - 5è commission - Des attentes de la jeunesse aux défis de la société du savoir

R.s. & H.m.

20 Décembre 2003


Les débats budgétaires se sont poursuivis jeudi après-midi à la Chambre des Députés, portant sur les projets de budget de quatre départements : celui de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs, celui du Sport, celui de l'Education et de la Formation et celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie. Lesquels forment ensemble le sujet de la cinquième commission.

Les députés, qui évoquaient dans leurs interventions des problèmes souvent relatifs au domaine de plus d'un ministère, étaient amenés à être assez succincts dans leurs remarques. Ce qui n'est certainement pas un mal.

S'agissant de l'éducation et de la formation, on notera une attention particulière exprimée par les élus concernant ce qui pourrait être considéré comme les moyens d'accompagnement de la réforme. On évoque ainsi la nécessité de doter les établissements des zones reculées d'équipements informatiques, tout en soulignant aussi le besoin de prévoir un gardiennage de façon à protéger ces équipements contre la prédation et, surtout, d'apporter des réponses à la question de la formation des formateurs. Les conditions matérielles des enseignants ont également été abordées. Y compris en tant que moyen de lutter contre le phénomène des cours supplémentaires à propos duquel un député déclare qu'il représente une véritable menace pour le système éducatif et le principe d'égalité des chances sur lequel il repose.

Un attachement au principe de l'enseignement gratuit et de qualité a été fortement souligné par ailleurs.

La question d'une considération nouvelle en faveur de l'exigence de discipline a aussi reçu un écho, de même encore que celle de la participation des parents à l'oeuvre éducative, en partenariat avec l'école : «Que prévoit le ministère à ce niveau ?», demande une élue. La multiplication des filières de formation courte est-elle une bonne chose? Elle suscite les réserves d'un député qui craint une désaffection des filières longues, étant donné l'importance de la formation théorique dans le savoir acquis. La «crainte du chômage» ne devrait pas entraîner un appauvrissement du type de formation reçue.

Services universitaires

Les interventions portant sur l'enseignement supérieur ont insisté pour leur part sur le problème que représente l'insuffisance de l'enseignement privé à répondre à l'augmentation actuelle de la population estudiantine. Les encouragements prévus par l'Etat au profit de ce secteur ne semblent pas assez déterminants vis-à-vis des investisseurs potentiels. Là encore, on s'interroge sur la façon dont le ministère entend gérer cette situation.

Dans le même ordre de considération, certains députés attirent l'attention sur la qualité des services rendus par le système universitaire, en particulier au niveau des foyers. D'autres, comme ce député de Kairouan, rappellent qu'ils ne sont toujours pas en mesure de répondre à des amis étrangers qui leur demandent combien il y a d'étudiants à l'université de Kairouan En effet, cette université n'existe pas encore ! Idem à El Jem. Cette remarque a d'autant plus de sens que notre pays assiste à une transformation importante de la carte des universités, avec une multiplication des centres universitaires dans les régions. On souligne néanmoins que le stade de la réalisation se fait parfois attendre, comme à Médenine.

En matière de recherche scientifique, un député soulève la question des moyens susceptibles d'éviter que les élites parmi nos étudiants ne soient attirées par les institutions universitaires étrangères, d'autant que celles-ci ne manquent pas de pratiquer une politique d'appel à leur adresse.

Abordant le thème de la culture, les députés ont surtout formulé des demandes afin qu'un certain nombre d'éléments de notre patrimoine soient mieux préservés. Cela va de certaines troupes théâtrales à certains sites antiques insuffisamment entretenus en passant par les quartiers anciens des villes ou encore les enregistrements audiovisuels des chants de malouf datant des années 70.

On évoque cependant encore le rôle des maisons de la culture et la manière dont le ministère entend en redynamiser les activités. Leur équipement en matériel informatique est proposé.

Volet sport, les interventions des députés ont porté sur des secteurs ciblés, à savoir le sport scolaire, le sport féminin, les disciplines individuelles, tout en évoquant les échéances à venir comme la CAN 2004 et le Mondial 2005 de handball, mais aussi le football non amateur et l'encadrement des sportifs tunisiens résidant en Europe.

Bien entendu, les intervenants ont tous relevé les résultats acquis (480 médailles d'or cette année), l'effort entrepris en matière d'infrastructure ne manquant pas d'exprimer leur confiance en l'avenir, mais la Tunisie gagnerait encore à consolider sa marche sportive, grâce à une approche qui tienne compte, justement, des exigences de plus en plus lourdes de la performance de haut niveau.

Le sport est une science

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Partant du fait que la pratique tout autant que les résultats obéissent à des paramètres scientifiques, l'erreur devient automatiquement une exception. C'est pourquoi l'introduction des sciences sportives devra gommer des zones floues, notamment en ce qui concerne l'élite désormais dans l'obligation de peser sur la scène mondiale. Or pour favoriser l'émergence de sportifs de haut niveau, l'intérêt doit être également entier en matière de formation de base : scolaire, clubs, régions et autres niveaux d'intervention. Ainsi, par exemple, l'infrastructure et les équipements scolaires, ainsi que les classes sport-étude méritent, aux yeux des députés, encore plus d'amélioration à la faveur d'une évaluation objective. Dans le même sens, le sport féminin, malgré l'augmentation du nombre des licenciées (8.500 à 11.000 durant ces quatre dernières années), est dans une phase de transition qui incite à renforcer ses assises, notamment les clubs. Il n'est pas exclu, en effet, de s'attendre à de véritables exploits féminins dans les très prochaines années, grâce à l'arrivée d'une génération de qualité.

Football non amateur

Les disciplines individuelles ont également retenu l'attention des intervenants qui trouvent que les résultats dans certaines d'entre elles comme l'athlétisme ne suivent pas l'effort d'investissement.

Faut-il donc se pencher sur le rôle des centres d'accueil, l'encadrement technique et le travail des clubs. A Gafsa par exemple, il y a 5 clubs de football dans un rayon de 5 kilomètres mais l'action en faveur des autres sports reste timide.

Et comme il fallait s'y attendre, le football n'a pas été absent dans l'hémicycle du Bardo. Un député a relevé l'importance d'évaluer l'expérience du football «non amateur - non professionnel», notamment la gestion financière, la qualité des matches et du football d'élite.

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