Hédi Khelil
20 Décembre 2003
Le Festival international du film de la jeunesse et de l'enfance (FIFEJ) qui se déroule tous les deux ans à Sousse va entamer, à partir du 24 décembre, sa sixième session.
Cette régularité s'explique non seulement par l'originalité de l'option cinématographique sur laquelle a misé cette manifestation et par le dynamisme et le dévouement dont fait preuve une équipe d'organisateurs animée par Néjib Ayed, producteur, cinéphile et ancien responsable au sein de la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC), mais aussi et surtout par la politique de partenariat qu'a su instaurer le FIFEJ avec des associations et institutions étrangères et nationales dont notamment le ministère de l'Education.
Le Festival international du film de l'environnement (FIFE), qui se tient chaque année à Kairouan, en sera à partir de la mi-janvier 2004 à sa deuxième session. Organisée en décembre 2002, la première session de ce festival, qui a tablé sur un créneau fort intéressant, a connu un succès appréciable. L'homme à tout faire de ce rendez-vous cinématographique n'est autre que Amor Nagazi, cinéaste qui a pu bénéficier, entre autres, du précieux concours des autorités régionales et de l'abnégation de certains responsables qui se sont consacrés à la cause de la protection de la nature, tel Ameur Jéridi. S'il parvenait à se décloisonner et à prospecter les meilleurs moyens de s'impliquer dans les espaces culturels et universitaires sur place, s'il arrivait à consolider sur des bases strictement cinématographiques les liens noués avec des festivals similaires, européens et arabes, gageons que le FIFE connaîtrait des lendemains prometteurs.
D'autres festivals internationaux n'ont pas eu, malheureusement, la longévité qu'on leur souhaitait et ont fini par disparaître, à l'instar du Film mythologique de Djerba et des Journées cinématographiques de Sidi Mansour de Sfax. Le premier festival, né à partir des années 90, d'initiatives individuelles, a connu, lors de ses premières sessions, un succès retentissant. Le site naturel de l'île des lotophages était agréable, l'affluence considérable, la sélection des films judicieuse, les colloques bien étudiés et ciblés. Mais à cause d'un manque de soutien financier, de sponsorisation efficace et crédible, à cause d'ambitions démesurées, de rivalités pernicieuses de direction, le festival a commencé à s'effilocher et à dépérir. Pour ce qui est du festival de Sfax, sa création a été l'oeuvre d'un homme qui a considérablement investi de son argent et de son temps, connu de tous pour son soutien indéfectible à la culture, dont notamment le parrainage de livres et de spectacles musicaux, en l'occurrence Moncef Khemakhem, figure connue des milieux sportifs et d'affaires sfaxiens. Entamée en 2000, cette manifestation s'est éclipsée en 2003. Ce n'est pas seulement la pénurie des moyens qui est à l'origine de cette disparition. Les Journées cinématographiques de Sidi Mansour souffraient de toute évidence d'identité et d'originalité qui leur auraient, peut-être, permis de tenir le coup.
Le ministère de la Culture est là pour aider et soutenir toute initiative culturelle et il le fait régulièrement dans la mesure du possible. Mais les instances étatiques, quelle que soit leur bonne volonté, ne peuvent pas tout faire. L'enthousiasme et l'élan de quelques initiateurs privés ne suffisent pas également à eux seuls. Des solutions existent certainement pour que les acquis ne soient pas dilapidés et pour que des réalisations malmenées et abandonnées soient relancées sur des bases saines et solides.
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