Lyès Ibalitène
21 Décembre 2003
Le ministre des Affaires étrangères du Conseil de gouvernement transitoire irakien, M. Ochiar Zibari, se trouve depuis hier à Alger où il doit évoquer avec les plus hautes autorités algériennes la situation actuelle en Irak et son évolution, avec un retour de la sécurité et de la paix en Irak.
«Notre visite vise à informer les autorités algériennes du processus politique en cours en Irak et de l'évolution de la situation sécuritaire dans le pays», avouera, dans ce sens, M. Zibari dans une déclaration à la presse à son arrivée à l'aéroport Houari Boumediene où il a été accueilli par M. Abdelaziz Balkhadem, ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères. Défendant la stratégie mise en place au lendemain de la chute de Saddam Hussein, à travers le Conseil de gouvernement transitoire irakien, le ministre des Affaires étrangères de ce conseil dira qu'«il existe en Irak un processus politique qui se poursuit dans une situation difficile». Laquelle situation est visiblement devenue plus difficile à gérer depuis que l'arrestation, la semaine dernière, du président irakien déchu Saddam Hussein est venue donner plus d'envergure à la riposte anti-américaine dans le pays. Et c'est dans cette situation de plus en plus délicate et qui fragilise davantage la diplomatie face à la rude épreuve du discours de la guerre que M. Zibari se trouve à Alger. Ce dernier expliquera d'ailleurs être venu «écouter l'appréciation et les recommandations des autorités algériennes afin de nous aider à amener l'Irak vers la stabilité, d'autant que l'Algérie a joué un rôle important ces dernières années pour la sauvegarde des intérêts de l'Irak».
En effet, l'Algérie n'a cessé, ces dernières années, de défendre la cause irakienne, essayant d'alléger l'embargo enduré par le peuple irakien à travers de nombreuses missions politiques et, particulièrement, économiques.Cette position a d'ailleurs permis à de nombreuses entreprises algériennes, publiques et privées, à l'image de la SNVI, de décrocher des contrats en Irak dans le cadre du programme pétrole contre nourriture, sous la houlette de l'ONU, avant que ce programme ne soit gelé après l'invasion américaine en Irak. Depuis, beaucoup de choses ont changé et l'embargo est en train de laisser place progressivement à la reconstruction de l'Irak et des offres d'un marché immenses dont l'Algérie veut, et mérite, d'avoir sa part. D'ailleurs, cette question a été également soulevée par M. Zibari qui dira que son séjour à Alger sera également consacré au renforcement des relations algéro-irakiennes et à la question de la reconstruction de l'Irak.
En ce qui concerne le cas Saddam, le président de la République Abdelaziz Bouteflika a répondu aux questions de la presse, vendredi dernier, en marge de sa visite de travail à Paris, affirmant qu'«en tant que pays afro-arabe, j'appartiens à une culture qui m'interdit complètement de jeter un couteau quand le chameau est tombé». Quant à la nature du tribunal qui devrait juger l'ex-président irakien, Abdelaziz Bouteflika déclarera qu'«en tant que pays arabe, représentant d'un peuple arabe, le peuple algérien est solidaire du peuple irakien dans ses bonheurs et ses malheurs».
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