La Tribune (Algiers)

Algérie: La qualité des emballages s'améliore avec la concurrence : la production locale a réussi à damer le pion à l'importation

Moussa Ouyougoute

22 Décembre 2003


Il est bien loin le temps où le manque tant quantitatif que qualitatif en matière d'emballage élaboré propre à l'industrie agroalimentaire entraînait d'importants surcoûts d'importation et des manques à gagner commerciaux considérables.

C'est dans la foulée de la libéralisation de l'économie nationale que le marché a littéralement explosé. Aux côtés des importateurs qui ont inondé le marché de produits de meilleure qualité, c'est en fait l'installation des grandes firmes étrangères qui a mis en effervescence les opérateurs économiques algériens.C'est le cas des limonadiers dans le marché des sodas avec l'arrivée de Coca-Cola et de Pepsi-Cola. De même pour les produits laitiers après la signature d'une joint-venture entre l'entreprise Djurdjura et le groupe mondial des produits laitiers Danone. Il en est de même pour l'entreprise Tchin-lait (ancien limonadier) et Candia. Loin d'inquiéter les opérateurs algériens, la concurrence leur a, au contraire, imposé un rythme de production qui rivalise avec celle de leurs concurrents étrangers. Ils ont misé sur la qualité et la renommée de leurs produits. Sur les emballages, les entreprises mettent même à la disposition des consommateurs des lignes de téléphone spéciales.

La concurrence a ainsi eu un effet stimulant et a joué le rôle de catalyseur dans la réaction devant aboutir à l'amélioration, tant qualitative que quantitative, du produit et de sa présentation. Les fabricants algériens qui mettent quotidiennement sur le marché national des millions de pots de yaourts, de briks et briquettes de jus, de canettes de sodas et autant sous forme d'emballage recyclable ou en verre, demeurent ainsi vigilants. Améliorer la qualité et la présentation de leurs produits est le nouveau credo. Plus encore, la concurrence leur a fait prendre conscience que la meilleure façon de durer et de faire face aux coups de griffes des concurrents, c'est d'être présents sur l'ensemble du territoire national avec un nouveau système de distribution et de livraison. Et surtout avec une recherche plus marquée sur la qualité des produits et de l'emballage. N'est-ce pas le but recherché ? L'arrivée des grosses pointures avec leur installation à côté de nouvelles unités de production dans plusieurs secteurs d'activité a eu l'effet escompté, c'est-à-dire amener les producteurs algériens à revoir la qualité de leurs produits, à «améliorer le système de distribution» et surtout être «constamment proches des consommateurs», a-t-on énuméré.

Pour mémoire, l'Office national de commercialisation des vins (ONCV) a été contraint, en 1992, par manque de bouteilles, d'exporter son vin en vrac, réduisant ainsi considérablement la valeur ajoutée usuelle. Il en va de même pour les ressources halieutiques et les conserves de fruits et légumes qui, à défaut d'emballages compétitifs, se voient refuser des créneaux commerciaux très porteurs. Mais depuis, les enseignements ont été tirés puisqu'on assiste depuis le milieu des années 1990 au développement d'une véritable industrie de l'emballage.Un certain nombre d'opérateurs ont, en effet, lancé la réalisation d'unités de conditionnement pour se substituer aux importations, «mais le créneau reste largement porteur tant au regard de l'industrie existante qu'au vu des développements prévisibles à court terme», a-t-on expliqué.

A Béjaïa, la plupart des dirigeants interrogés dans le cadre de ce dossier ont reconnu qu'avec le développement de cette industrie de l'emballage, ils ont fini par mettre un terme aux importants surcoûts entraînés par les importations et manques à gagner commerciaux.Les entreprises soit fabriquent les emballages ou une partie du moins, soit sous-traitent auprès d'unités spécialisées ; dans les deux cas, les coûts de revient baissent.Selon le directeur commercial de Cévital, M. Bounamous, le complexe est client auprès de quatre ou cinq unités d'emballage. Pour les sacs de sucres, Cévital est fourni par Tonic Emballage à partir de Sétif, Blida et Akbou ; le carton, c'est à partir d'Alger et d'Akbou, Soummam Emballage notamment ; les barquettes à partir d'Alger. Quant aux préformes qui vont être soufflés en bouteille de un, deux et cinq litres, ils sont fabriqués par le complexe. Et elles représentent quelque 150 millions de tonnes, a indiqué M. Bounamous.Même chose à la COG Béjaïa (ENCG). Au niveau du service plastique sont fabriqués des bidons de 5 litres (l'EP8 y fabrique des bidons de 2 litres) et en PVC des bouteilles d'un litre. Et à l'EPE Emballage (ex-Complexe Jute), on y fabrique des sacs de jute et en polypropylène. En l'absence des responsables commerciaux, ou en réunion ou bien en mission, nous n'avons pas pu obtenir des chiffres précis qui nous auraient permis ainsi de donner plus de poids à ce dossier sur l'industrie de l'emballage.

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