A. Lemili
22 Décembre 2003
S'agissant de l'industrie de transformation, particulièrement dans le domaine du papier et du plastique, il est quasi certain que la wilaya de Constantine reste un énorme no man's land administratif quant à la maîtrise d'un secteur qui pourrait pourtant être tout aussi attractif que n'importe quel créneau commercial ou économique.
Ainsi avons-nous cherché pendant plus d'une semaine pour situer qui est qui, qui fait quoi et où en matière de moyens d'emballage. La Chambre de commerce ne dispose d'aucune information, une défaillance qui trouverait explication, selon le directeur de la CIC, «[dans] le refus ou la négligence des "industriels" de s'inscrire auprès de la Chambre qui demeure, par conséquent, dans l'impossibilité de recenser ces activités». Un listing de quatre «transformateurs» de matière plastique à hauteur de toute la wilaya nous a été fourni par la Chambre sauf qu'aucune de ces manufactures n'a en réalité pignon sur rue et tous les renseignements y figurant se sont avérés fictifs ou incomplets à l'exception d'une certaine Est-Plast, établie sur une immense surface dans une zone industrielle qui n'en est pas une en réalité, mais dont les portes sont hermétiquement fermées à longueur de semaine Le bouche-à-oreille semble toutefois constituer le relais idéal en pareil cas de figure et, du détaillant au grossiste, est-il alors possible d'arriver à la source ? Pour le détaillant, l'adresse reste le grossiste, pour celui-ci le fournisseur est alors le fabricant et pour le fabricant le spectre est large parce qu'il est livré sur place à une faune de fabricants dont il ne lui arrive même pas d'avoir l'adresse ou l'intitulé du commerce (sic !).
L'information glanée généralement est que la «marchandise» viendrait d'Alger (resic !).Le rare industriel dont nous avons pu trouver la trace est spécialisé dans la transformation du papier. Il est propriétaire effectivement d'une petite usine, en fait une fabrique qui produit et fournit, en rayonnant sur l'est du pays, des boîtes pâtissières, du carton ondulé et la sacherie, tous gabarits confondus, en plus d'autres accessoires récupérés via le rebut. M. Lassifer, le patron rencontré sur les lieux, nous signalera qu'«il est effectivement seul sur ce créneau [la transformation] dans cette région du pays», ajoutant toutefois que «la demande est très importante, elle est heureusement palliée, pour les acheteurs, par des approvisionnements à partir d'Alger, Oran, voire Souk Ahras ou Annaba». Notre interlocuteur nous avouera d'énormes difficultés à faire face à la concurrence et le leitmotiv de revenir derechef à «l'importation impressionnante de produits finis, de meilleure qualité et de moindre coût. Nous arrivons à assurer par le simple bénéfice d'acheteurs qui nous sont restés fidèles et avec lesquels nous entretenons des relations commerciales qui restent toutefois moins aléatoires que celles qu'ils pourraient avoir avec les "conteneuristes", eux-mêmes soumis aux aléas que tout un chacun connaît».
«Sur le plan de la technologie, il va sans dire que les machines dont est équipée l'usine sont frappées d'obsolescence. Toutefois, nos clients ne sont pas encore regardants sur le design ou la qualité du produit. La matière première est acquise auprès de fournisseurs français spécialisés dans la récupération de papier de rebut qu'ils acquièrent pour leur part auprès d'autres grandes usines. Les seules charges relatives à l'importation de la matière est estimée à 30% du coût total en ce qui nous concerne. Avec cela, nous disposons d'une main-d'oeuvre qualifiée rémunérée conséquemment et prise en charge socialement. Nous restons de bons contribuables en nous acquittant régulièrement de nos contributions fiscales.»Il est vrai que si pour certains industriels le meilleur moyen de durer est de faire d'une gestion saine leur credo, il n'en demeure pas moins, et c'est là le sentiment de tous ceux que nous avons eu à rencontrer, qu'«il n'existe malheureusement pas de renvoi d'ascenseur». M. Lassifer nous l'explique pour sa part par le fait que «les pouvoirs publics, qui n'arrêtent pas de pérorer via leurs représentants sur la nécessité de "consommer made in bladi", ne font rien pour protéger la production nationale et plus grave encore, ils contraignent les producteurs nationaux à une fiscalité impitoyable sans que ces derniers partent à égalité de chances avec les importateurs informels».
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.