A. Lemili
22 Décembre 2003
Le quota de 1 057 logements sociaux en instance d'attribution depuis plus de deux ans a enfin trouvé son épilogue par l'affichage des listes de bénéficiaires au cours de la matinée de jeudi dernier. La lecture des listes a laissé à l'évidence place à un mécontentement général de tous ceux qui n'y figuraient pas.
Cette réaction laisse présager des situations pour le moins devenues habituelles mais combien symptomatiques de la difficulté pour les pouvoirs publics de répartir le logement social sans en payer un effet de retour qui se traduisait, il y a quelques années, par des attitudes hostiles, voire violentes dont pâtissaient tout ce qui pouvait symboliser l'Etat. Les «laissés-pour-compte» ont depuis mis en veilleuse cette agressivité pour réagir autrement, à savoir tenir des sit-in permanents devant les sièges de l'APW et le cabinet du wali jusqu'à ce que la lassitude prenne le pas sur la pugnacité.Rappelons toutefois que l'attribution dudit quota de 1 057 logements a effectivement duré dans le temps jusqu'à provoquer le colportage de toutes les rumeurs possibles, quelquefois énergiquement démenties par le président d'APC en sa qualité de président de la commission d'attribution comme ce fut le cas le 22 septembre dernier où il a eu à expliquer publiquement les raisons du retard considérable en l'imputant d'abord à «la réception du dossier en mars 2003 seulement, la composition de la commission a été revue en mai 2003 avec la difficulté de désignation autre que les élus [représentant de la société civile, NDLR]».
Cela étant, l'information selon laquelle la difficulté se trouvait plutôt dans le fait de satisfaire les desiderata des organisation de masse (ONM, ONEM et ONEC) devenues bicéphales en raison des divergences politiques qui parsemaient la scène entre FLN légaliste, redresseurs, RND et autres n'a jamais été démentie et serait, par conséquent, pour beaucoup dans la livraison des résultats des travaux de la commission.Pour des raisons électoralistes, certaines organisations auraient même exigé plus que le quota prévu par la réglementation en tenant compte d'un taux de pourcentage défini par décret. Il reste bien entendu évident que les recours vont suivre et faire perdurer encore l'attente, voire l'appréhension des bénéficiaires devant le couperet d'une élimination toujours prévisible. Soulignons à titre indicatif que 3 303 logements ont été attribués dans la wilaya de Constantine depuis novembre 2000. Cette cadence pour le moins positive est à mettre toutefois sur le compte de deux facteurs. Le premier sur le compte de la tragédie de Bab El Oued (inondations), un drame qui avait alors à l'époque énormément plaidé en faveur des Constantinois dont les conditions d'habitat présentaient des similitudes avec celles des victimes. Il s'agissait des sites suspectés, voire avérés de glissement de terrain. Les prémices d'un hiver menaçant avait précipité l'opération et permis le relogement de 550 familles concernées au même titre que 317 parmi celles de la vieille ville tout autant menacées alors que 834 logeant dans de très mauvaises conditions de précarité et 1 302 déracinés des bidonvilles occupés depuis une cinquantaine d'années compléteront la liste.
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