A. Lemili
22 Décembre 2003
Plus rien ne bouge au MSP et Ennahda à Constantine. Il est vrai que les deux formations politiques «éreintées» au cours des consultations de 2002 ne s'en sont pas remises et sans nul doute beaucoup plus dans une wilaya où la pratique de la politique à géométrie variable est une mesure étalon sur laquelle sont réglés les starting-blocks.
Il se trouve depuis plusieurs mois que les sièges locaux du MSP et Ennahda sont désespérément vides, à l'exception de quelques étudiant(e)s laissé(e)s sur place pour tenir une permanence, histoire de «prouver» la présence, fut-elle résiduelle, de partis qui ont eu leur heure de gloire. Le dénominateur commun de ces «absences» reste à l'évidence la «déculottée» infligée par l'électorat lors des législatives et locales de l'année dernière aux deux formations mais à un degré plus pour le MSP depuis la disparition de son chef charismatique Nahnah. Car il est plus qu'évident que localement, le Mouvement n'a pas survécu à cet événement compte tenu de la déchirure qui émaille ses rangs dans la mesure où le secrétariat de wilaya est aujourd'hui «vacant» même si Kamel Kafi, l'ex depuis quelques mois, persiste à se présenter comme son porte-parole.
Si les deux partis islamistes ont des raisons «valables» de justifier leur évanescence de l'échiquier politique local, il est au demeurant ardu pour le RND de vouloir trouver le même argumentaire et deux fois plus qu'une en sa qualité de formation politique majoritaire affichant, il y a seulement moins de deux ans, une réelle arrogance et aujourd'hui frappée de disparition pour ne pas dire de phagocyte du mouvement de redressement auquel il a fait acte d'allégeance publiquement tant à Constantine qu'ailleurs. En fait de rassemblement, dans la ville des ponts, le RND ne l'a été que de façade depuis sa création tant les différences, les origines et surtout l'apolitisme des uns et des autres personnages créés de toutes pièces ont été criants. Le quinquennat (1997-2002) a été émaillé d'affaires et autres frasques entretenues par les élus toutes institutions confondues (Sénat, APN, APW et APC) jusqu'à «l'assassinat politique».
Un ensemble aussi hybride ne pouvait de ce fait survivre à l'exercice politique de longue haleine auquel n'étaient pas habitués des élus proches beaucoup plus du fonctionnaire que du militant. L'exutoire, au risque de disparaître définitivement de la carte politique nationale et, partant, locale, ne pouvait que se trouver dans cette astuce consistant à apporter un soutien au président de la République via le mouvement de redressement qui prend les contours à Constantine d'un véritable parti présidentiel. En face, les légalistes du FLN continuent d'afficher un optimisme peu convaincant affirmant par la voix du mouhafadh que «les masques tomberont le 30 décembre. Ce jour-là, vous verrez que toute l'effervescence entretenue autour du Front n'est que le fait d'agités du bocage»
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.