La Tribune (Algiers)

Algérie: Le congrès est transformé en une arène électorale : les écrivains arabes se disputent la direction de l'UEHLA

Farida Belkhiri

22 Décembre 2003


A peine les travaux du 22ème congrès de l'Union des écrivains et hommes de lettre arabes (UEHLA) ouverts, hier à l'hôtel Riadh, que les «hostilités» se sont déclarées entre les écrivains arabes et algériens.

En amorce, un «accrochage» a opposé l'écrivain jordanienne Zoulikha Abou Richa, qui devait ouvrir la série de conférences, à Azzedine Mihoubi, nommé président du congrès, à cause du retard dans le programme du congrès et la mauvaise organisation. «Vous auriez dû penser à mieux vous organiser au lieu de tout faire à la dernière minute !», a-t-elle lancé à Mihoubi. Elle refusera ensuite de présenter sa conférence et quitte tout simplement la salle. C'est donc le professeur libyen Mohamed Akila qui ouvrira la séance pour exprimer une autre critique. Sa conférence n'a pas été distribuée aux participants ! Deux conférences seront présentées en tout et pour tout. Mais personne n'en a cure. Ecrivains et invités, dont le secrétaire général en exercice de l'UEHLA, Ali Oukna Oussan, et Azzedine Mihoubi, se trouvaient dans leur majorité à l'extérieur de la salle, dans les coulisses. Ces écrivains avaient autre chose de plus important, à leurs yeux, à débattre. Des groupes se sont formés ici et là et les écrivains débattaient presque tous le même sujet : l'élection du nouveau secrétaire général de leur organisation. M. Oukna Oussan, après avoir animé un «meeting» fort mouvementé dans les coulisses, avec des écrivains, surtout palestiniens, réintègre la salle de conférences, interrompt les discussions et annonce aux participants une «bonne» nouvelle. «L'union des écrivains et journalistes palestiniens est désormais adhérente à l'Union des écrivains arabes.»

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Une nouvelle qui n'était pas bonne pour tous. Selon certains auteurs, l'adhésion des Palestiniens a toujours été bloquée et si aujourd'hui elle est acceptée, cela participait, à leurs yeux, à une manoeuvre de M. Oukba Oussan pour gagner plus de voix qui lui permettraient d'obtenir un autre mandat à la tête de l'Union des écrivains arabes. Un mandat auquel, selon les textes, selon Mihoubi, la Syrie ne peut prétendre.Selon les rumeurs -seul moyen de communication dans un congrès supplanté par les complots de coulisses- le secrétaire général sortant envisagerait de modifier les textes du règlement intérieur pour pouvoir se présenter aux élections, avec la promesse de voix de cinq pays. Côté algérien, Azzedine Mihoubi ne cache pas son ambition de se présenter aux élections. Une candidature à laquelle se sont opposés d'autres écrivains algériens qui ne voient pas en lui un secrétaire «efficace». «Ces écrivains ne supportent pas qu'un auteur de la nouvelle génération occupe un poste aussi important au sein de l'Union des écrivains arabes. Ils ont peur que j'obtienne ce qu'ils n'ont jamais pu obtenir», affirme Azzedine Mihoubi pour justifier l'attitude de ces écrivains. La guerre est ainsi déclarée et la course au «koursi» ouverte pour tous.

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