A. Lemili
22 Décembre 2003
Quatre familles au moins parmi les 110 concernées par l'évacuation d'habitations menaçant ruine ont refusé de quitter les lieux malgré l'injonction faite par les autorités locales en charge du programme de relogement relatif aux zones touchées par les glissements de terrain, particulièrement les quartiers les plus éprouvés du boulevard Belouizdad, un site réputé résidentiel appelé officiellement à disparaître avec sa périphérie tentaculaire au cours de la prochaine décennie, selon les «prévisions» d'un bureau français.
L'opération de relogement des 9 000 familles (100 000 âmes) qui y sont implantées selon un récent recensement est l'une des premières préoccupations des autorités locales qui ont classé, selon un ordre de priorité, le programme d'évacuation. Dans cet ordre de priorité figure notamment la populeuse avenue Kitouni Abdelmalek, une méga-concentration d'habitations, parallèle au boulevard Belouizdad et objet depuis plus de trois années d'évacuations urgentes. L'évacuation a été entamée dès jeudi en présence du chef du cabinet du wali, du chef de daïra ainsi que du directeur de l'urbanisme et l'habitat et devait se poursuivre dans la journée de samedi sauf qu'entre-temps, quatre familles dont le relogement au même titre que les cent dix autres avait été confirmé par l'attribution par arrêté de l'OPGI ont vu cette décision annulée par un arrêté de wilaya, semblerait-il «non conforme», selon les propos qui nous ont été tenus par M. Mesbah, le président de l'association des propriétaires.
«Non conforme en ce sens que l'arrêté établi par l'office ne peut être annulé que par celui-là même.» Du coup, les quatre familles ont décidé de demeurer sur les lieux «d'autant plus que cette mesure est arbitraire compte tenu du fait que la wilaya s'est déjugée sur sa décision initiale en considérant que lesdits bénéficiaires ne pouvaient être pris en charge par l'Etat sachant qu'ils ne relevaient pas de sa responsabilité, autrement dit que seuls les locataires de biens vacants pouvaient prétendre à un relogement. Or, il se trouvait que celles-ci [les familles] étaient logées dans des immeubles appartenant à des privés», ajoutera notre interlocuteur. Selon ce même raisonnement, les propriétaires également ne pouvaient pas prétendre au relogement à la charge de l'Etat, les représentants des pouvoirs publics (DUCH) leur laissant la latitude de continuer à habiter dans des maisons menaçant ruine au risque de leur vie ou de trouver solution à leur problème. Une attitude dénoncée par les propriétaires qui estiment que selon la Constitution, «l'Etat est responsable de la sécurité de ses citoyens, comme il appartient à l'Etat de les loger décemment sachant que l'accès au logement comme le respect de la propriété privée sont des droits incontournables».
Partant de ce constat, propriétaires et familles ignorées par l'opération de relogement envisagent de se constituer partie civile et ester les représentants concernés des pouvoirs publics devant la justice.Tout cela n'empêche pas malheureusement qu'avec une saison d'hiver qui s'annonce rude, les risques de voir une chute d'habitation ne sont pas à sous-estimer d'autant plus qu'aux alentours immédiats des pâtés de maisons concernées, le paysage est apocalyptique.
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