Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Transfert de la capitale : 2.290 milliards à investir jusqu'en 2010

JEAN-BAPTISTE AKROU

22 Décembre 2003


Abidjan — Le transfert de la capitale à Yamoussoukro est désormais une réalité ". C'est par ces termes que le ministre des Relations avec les Institutions de la République, M. Alphonse Douati, a résumé ses appréciations à la fin de la première réunion du Comité de pilotage et de suivi vendredi dernier à l'Hôtel Président de Yamous-soukro.

En effet, de 16 h à 21 h, la trentaine de membres du Comité de suivi a tenu une longue séance de travail, tantôt à huis clos, tantôt ouverte à la presse. Que faut-il retenir pour l'essentiel ?

L'opération du transfert de la capitale d'Abidjan à Yamous-soukro comprend plusieurs phases. La première qui a été largement débattue vendredi porte essentiellement sur le transfert des Institutions et les effets induits. Concernant le transfert des Institutions, les études qui vont concerner la période 2003-2009 coûteront environ 9 milliards de francs ; la viabilisation va nécessiter 209 milliards.

La Présidence de la République et la Primature sont les deux premières Institutions dans la phase d'exécution. Leur réalisation s'étendra de 2004 à 2009, pour un coût estimatif de 196 milliards de francs. Il faudrait prévoir 102 milliards pour les autres Institutions (Assemblée nationale, Conseil économique et social, Grande chancellerie). Le chronogramme prévoit la période 2004-2008 comme période d'exécution. Pour l'ensemble des ministères, l'enveloppe prévisionnelle est de 541 milliards de francs : les travaux devraient couvrir la période 2004-2010. Il est également prévu des travaux de réhabilitation de bâtiments administratifs déjà existants à Yamoussoukro pour accueillir rapidement certains ministères qui ne pourraient pas attendre deux, trois, quatre, cinq, sept ans.

Au total, le transfert va nécessiter des investissements de l'ordre de 1271 milliards pour les études, la création des réseaux et voiries, la construction des Institutions et ministères. Les effets induits vont entraîner pour leur part 1018 milliards de francs d'investissements. Il s'agira notamment de la réhabilitation, de l'équipement et de la modernisation du CHR, de la construction d'un hôpital international, d'un centre international de conférences, du renforcement de la carte scolaire avec des écoles de tous les niveaux d'enseignement, des problèmes de transport, d'hôtellerie, de voirie, de traitement des ordures ménagères... Tous ces points ont été l'objet d'âpres discussions entre les techniciens, représentant différents ministères. L'application des uns et des autres a démontré à souhait, leur détermination à œuvrer ensemble pour le transfert effectif de la capitale à Yamoussoukro. C'est le principal enseignement à tirer de la première réunion du comité de pilotage et de suivi. Il importe cependant de préciser que les participants ont accordé une bonne partie de leurs débats à la mobilisation des ressources. En tenant compte du taux d'endettement de la Côte d'Ivoire et de l'important chantier de reconstruction du pays après la guerre, ils ont proposé des solutions alternatives. Celles-ci doivent concilier les impératifs de rigueur, de transparence à travers les normes des marchés publics ainsi qu'une certaine souplesse du cadre institutionnel contraignant. Qu'est-ce à dire concrètement ? Ceux qui apportent l'argent pour financer les projets entendent bien participer à la construction de la capitale. Ils ne veulent pas payer pour engraisser des concurrents.

Des chiffres simplement indicatifs

Faut-il parler de chiffres astronomiques à Yamoussoukro? Face à ceux que les chiffres semblaient effrayer, plusieurs intervenants ont tenu à rassurer les plus fébriles. Ils ont cité les exemples de projets décriés hier qui font aujourd'hui la fierté de la Côte d'Ivoire. Ce fut le cas de l'Hotel Ivoire, des tours administratives, de la Basilique Notre Dame de la paix. Tous ces bâtiments font partie du patrimoine ivoirien à la grande fierté de tous.

C'est d'ailleurs, M. Ahoua Don Mello, DG du BNETD, qui a le mieux résumé les débats sur le coût du transfert de la capitale. Il a précisé aux autres membres du comité de pilotage que les chiffres annoncés sont simplement indicatifs: ils peuvent être revus à la baisse. Pour illustrer ses propos, il a donné l'exemple de la Maison des députés. Au départ, le projet initial faisait état d'un réceptif hôtelier de 5 étoiles dont le coût était de 45 milliards de francs. Chemin faisant, la Côte d'Ivoire a revu ses prétentions à la baisse en optant en définitive pour un hôtel de 3 étoiles. A l'arrivée, la Maison des députés va coûter 18 milliards de francs, soit presque le tiers de ce qui avait été annoncé au début des réflexions. Il estime que le chiffre global de 2290 milliards qui a fait tiquer plus d'un dans la salle pourrait connaître une baisse

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