Sadibou Marone
22 Décembre 2003
Sous le signe de la journée du souvenir, on a appris beaucoup de choses, samedi, en suivant les différents panélistes réunis dans la salle du Comité central de la Maison du Parti socialiste.
C'était à l'occasion du colloque organisé par les socialistes et consacré à « Senghor, homme de culture et sa politique culturelle ». Ses nombreux camarades de parti ont, ce jour-là, appris que, le poète-président avait une vaste culture biblique. C'est ce qui apparaît dans la communication du frère Henry Biram Ndong, directeur du collège Saint Gabriel de Thiès. Cela est malheureusement très peu évoqué, se désole le conférencier. Et pourtant, de l'Ancien au Nouveau Testament, Senghor navigue aisément et sème les graines d'une réflexion théologique pouvant bousculer certaines catégories mentales, explique le frère Ndong. Il ajoute que, très tôt, Senghor a compris et s'est nourri des textes sacrés. « Mieux, dans sa poésie, il a étalé sa grande culture de la Bible qu'il reconstruit avec ses mots, les mots du poète ». De l'Ancien au Nouveau Testament, il y a un véritable parcours initiatique repérable dans les « Élégies Majeures », a soutenu le frère Ndong. Selon lui, Senghor, imbu de culture biblique, a semé par-ci et par-là des paroles, évènements, gestes, personnages, qui font référence à la Bible. Une attention particulière au Nouveau Testament est cependant à noter.
« En effet, le poète passe en revue la vie de Jésus, depuis l'Annonciation de sa naissance jusqu'à sa mort. Il élabore une esthétique de la Passion du Christ dans son Œuvre Poétique, invite l'Église à inventer une sensibilité nouvelle à propos des cultures et des autres religions », a fait noter le directeur du Collège Saint Gabriel de Thiès. Tel un testament poétique, Senghor place le Christ au centre de la civilisation de l'Universel, « mieux, de la civilisation de l'Amour ». Ces arguments, et certainement tant d'autres, font qu'il est difficile de ne pas aimer Senghor. C'est le poète Amadou Lamine Sall qui s'exprimait ainsi à l'entame de sa communication. Il a reconnu que parler de Senghor, c'est toujours avoir un tête-à-tête avec un homme multidimensionnel. Amadou Lamine Sall est l'élève, le fils spirituel. De Senghor, il a appris deux choses : la patience dans le travail et l'humilité. Sa conviction est que l'oeuvre de Senghor doit être lue, car elle apaise le monde et donne une réponse aux folies de notre temps.
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