22 Décembre 2003
Vous venez de passer deux ans à la tête de la Sapco (Société d'aménagement et de Promotion touristique de la Petite Côte).
Comment se présente la Sapco depuis l'arrivée de la nouvelle équipe ? Après deux ans de gestion, le bilan à mi-parcours se résume essentiellement à des performances sur le plan de la gestion financière, un des objectifs majeurs. A notre arrivée, la Sapco était en état de cessation de paiement. Nous sommes partis avec une trésorerie de 600 000 F.Cfa. Cependant, depuis l'année dernière déjà, la plupart des indicateurs de performance étaient «au vert». Le chiffre d'affaires est passé du simple au double, le résultat net de l'exercice est positif (pour la première fois en 27 ans d'activités), tous les engagements fiscaux sont respectés et un demi-milliard de nos francs est versé à ce titre. Il faut ajouter l'apurement des dettes dues au titre des cotisations sociales, le règlement total des dettes dues aux fournisseurs et à différents partenaires. Au titre de la Tva, sept années d'arriérés ont été apurées et nous avons payé un demi-milliard en moratoire et obligation courante. Je signale à ce niveau que la Sapco n'a jamais déclaré la Tva pendant 27 ans. A l'interne, on a connu des difficultés pour le paiement des salaires, mais aujourd'hui la question ne se pose plus puisqu'ils sont payés à temps.
Sur un autre plan, les conditions de travail sont sensiblement améliorées par la mise à disposition d'un nouveau siège totalement équipé, des moyens logistiques en quantité suffisante (véhicules de transport, nouveau parc informatique, etc.) ; de plus, le rapport sur l'audit organisationnel commandé à la Délégation au Management public est disponible, ainsi qu'un nouveau plan marketing, et des aménagements décisifs seront réalisés pour permettre à la Sapco d'être plus compétitive et plus performante. Il faut ajouter qu'il y a un nouveau dynamisme parce que, durant 27 ans, la Sapco ne se contentait que de redevances sur les contrats avec les promoteurs installés à Saly. Nous avons réussi à créer des centres de profit pour diversifier les ressources. Dans ce cadre, nous avons des projets aussi bien au niveau de Saly que sur les nouveaux sites identifiés qui nous permettrons de passer d'un chiffre d'affaires d'un milliard de FCFA à plusieurs milliards. Je dois noter aussi que les performances et efforts réalisés à l'interne doivent aller de pair avec le relèvement du niveau de prestation dans la station de Saly. A notre arrivée, nous avons constaté que le budget du Comité de station, organe de gestion du site, ne permettait pas de prendre en charge les problèmes récurrents en matière de ramassage des ordures, de sécurité, d'entretien de l'éclairage public, etc. La Sapco s'est attaquée au problème de la route reliant Saly à Ngaparou sur 2 km pour un montant de 200 millions de francs. Le programme des routes secondaires intérieures et des pénétrantes qui avait accusé un retard a été parachevé. En relation avec les professionnels, nous avons construit et équipé un poste avancé de Sapeurs pompiers dans la station de Saly. Le commandement du Groupement national des Sapeurs pompiers a déjà désigné le personnel qui y sera affecté et le poste sera fonctionnel avant fin décembre 2003. Toujours dans le domaine de la sécurité, nous avons aidé la gendarmerie présente à Saly à renforcer ses moyens logistiques. La Sapco a récemment mis à sa disposition un véhicule tout terrain. Nous avons aussi demandé et obtenu du commandement de la Gendarmerie nationale l'affectation de gendarmes titulaires à la place des auxiliaires moins expérimentés. La Sapco a créé une cellule de sécurité qui viendra en appoint au travail des gendarmes. Elle sera présente à l'intérieur de la Station et au bord du littoral 24 h sur 24 pour la prévention de quelques problèmes liés à la libre circulation des touristes. Pour le ramassage des ordures, le comité de station avait contracté avec une société, mais celle-ci avait beaucoup de mal à assurer le travail correctement. Depuis mai 2003, la nouvelle équipe de la direction a trouvé un nouveau prestataire. Il faut relever qu'il subsiste encore quelques problèmes à ce niveau et la Sapco a décidé d'acquérir deux camions benne à ordures afin d'améliorer un système de ramassage. Ces trois éléments combinés nous permettrons, de façon définitive, de régler cette question. Nous avons obtenu un financement de l'Agence canadienne pour le développement international (Acdi) d'un montant de 500 millions de dollars canadiens pour la réalisation d'études de faisabilité sur les nouveaux sites de Mbodiène, Pointe Sarène et Joal-Finio.
Quelles ont été les difficultés auxquelles vous avez eu à faire face au cours de ces deux années de gestion à la tête de la Sapco ?
Il faut dire qu'au bout de deux années, nous avons connu quelques incompréhensions avec certains partenaires. Chaque fois que la Sapco a eu tel ou tel objectif en voulant innover ou faire respecter la réglementation, elle s'est heurtée à des réticences. Mais, de plus en plus, avec le système de partenariat instauré et le dialogue avec les populations et leurs représentants, nous parvenons à nous comprendre et à travailler ensemble. Je citerai le cas du conflit foncier avec les populations de Ngaparou où avec la discussion directe, nous avons réussi à convaincre l'ensemble des collectivités locales de la Petite Côte de l'intérêt et l'impact de l'implantation d'une zone touristique dans leurs localités. Les autres difficultés rencontrées sont relatives aux lenteurs observées dans notre rythme de progression, parce que nous voulons aller très vite et rattraper le retard accusé jusqu'ici. L'environnement global de notre administration et les incompréhensions de certains partenaires constituent une autre difficulté constatée. Nous essayons de leur faire comprendre que tout ce que nous entreprenons va dans le sens du développement du secteur touristique. Mais nous enregistrons ici et là une volonté de nous accompagner dans nos ambitions pour le secteur. Le ministre du Tourisme et les professionnels du secteur se sont montrés particulièrement disponibles à nous aider dans notre mission.
De nouvelles perspectives semblent s'ouvrir à la Sapco, quels sont les projets majeurs à court et moyen termes ?
Ce qu'il faut noter à ce sujet, c'est qu'au départ, la Sapco avait une mission d'aménagement de la zone allant de Bargny à la Pointe de Sangomar. Cependant, le résultat est qu'au bout de 27 ans d'existence, il n'y a eu que le site de Saly qui a été aménagé, avec un cahier de charges précis, mais aussi avec beaucoup de difficultés. Nous considérons aujourd'hui, compte tenu de la saturation du site de Saly par rapport aux ambitions du Sénégal d'atteindre 1,5 million d'arrivées, que les capacités actuelles d'accueil de 20 000 lits doivent être augmentées. Cela suppose des efforts à faire sur le plan de l'hébergement et un gap de 30 000 lits à combler. Nous avons aussi entrepris des démarches pour pouvoir identifier toutes les autres zones du pays à aménager sur la base d'une directive présidentielle qui permet à la Sapco d'élargir son domaine de compétence territoriale. L'exemple de Saly a montré la pertinence de l'option d'une société nationale d'aménagement dont la mission sera l'identification de toutes les zones d'intérêt touristique et leur valorisation pour le développement du secteur.
Quels sont les autres chantiers de la Sapco, particulièrement dans la station de Saly ?
Nous avons pour la station un projet de relèvement du niveau de prestation de service. Nous avons constaté qu'il y a beaucoup de manquements à ce niveau. La Sapco vise la requalification de la station de Saly par la création d'une école de formation aux métiers de tourisme. C'est un des projets majeurs, car le développement du secteur suppose la création des conditions de formation de cadres qualifiés qui puissent prendre en charge les besoins du secteur. La Sapco va proposer aux professionnels et à des partenaires extérieurs la création d'une école multinationale de formation pour un investissement de 5 milliards, et de 12 milliards de F CFA pour la construction d'un hôtel d'application et d'un palais des congrès. Il faut ajouter à cela d'autres projets structurants comme le centre de formation de football, Jambar, pour un financement de 4 milliards, le Ndoumbélane Parc, une sorte de Disney Land. Nous allons, enfin, parachever le programme d'infrastructures de Saly en 2004 par l'amélioration de l'éclairage, du réseau d'assainissement et des aménagements paysagers.
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