23 Décembre 2003
Bangui — Le Conseil national de transition en République centrafricaine a autorisé le chef du pays François Bozizé à ratifier les traités instituant le Conseil de paix et de sécurité ainsi que le pacte d'assistance mutuelle en Afrique centrale, a annoncé samedi la radio d'Etat centrafricaine.
"La ratification de ces deux traités mettra un point final à l'intervention des forces non conventionnelles dans notre pays," a affirmé Béatrice Epaye, membre de la commission des affaires étrangères au Conseil national de transition après le vote de la loi qui n'a enregistré qu'une abstention. Ces traités autoriseront, a-t-elle poursuivi, les 11 armées des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale [CEEAC] à intervenir pour prévenir, gérer et régler des conflits internes ou des conflits opposant des Etats," a-t-elle encore expliqué.
Le 24 février 2000, les représentants de l'Angola, du Burundi, de la République centrafricaine, du Tchad, de la République démocratique du Congo (RDC), de la Guinée équatoriale, du Gabon, de la République du Congo, du Rwanda ainsi que de Sao Tomé-et-Principe ont signé à Yaoundé (Cameroun), le protocole instituant le Conseil de paix et de sécurité de l'Afrique Centrale, appelé le Copax. Le même jour, il signait un autre traité relatif à un pacte d'assistance mutuelle entre les Etats membres de la CEEAC. Ces deux traités devaient entrer en vigueur après leur ratification par les Etats membres.
Le Copax établit un 'mécanisme d'alerte rapide d'Afrique Centrale', le Marac; il comprend aussi des forces de maintien et de restauration de la paix, la Force multinationale d'Afrique Centrale (FOMAC) et d'autres mécanismes de prévention, de gestion et de règlement des conflits. La Fomac dont le déploiement est décidé par les chefs d'Etat des pays membres, contribuera à lutter contre la prolifération illicite des armes et la criminalité transfrontalière; elle facilitera également la médiation durant les conflits et sécurisera les couloirs humanitaires pour la conduite des opérations humanitaires.
Le pacte d'assistance mutuel, consistera en une assistance militaire ou financière au profit d'un Etat membre, victime d'une attaque interne ou externe.
Le rapport de la commission des affaires étrangères du CNT citait les propos devant la commission de Karim Meckassoua, ancien ministre des affaires étrangères, aujourd'hui ministre de l'éducation. Selon lui, "la Fomac et le Marac apporteront des solutions globales au manque d'équipement [...] et aux difficultés de l'armée centrafricaine". La Fomac contribuera également à la stabilisation du pays et incitera la communauté internationale à reprendre pleinement sa coopération avec la République centrafricaine, a ajouté le rapport.
M. Meckassoua, a néanmoins affirmé devant la commission la nécessité pour la République centrafricaine de régler dans un premier temps ses arriérés à la CEEAC avant de pouvoir bénéficier des services de la Fomac. Les arriérés s'élèvent à 400 millions de francs Cfa (690.000 dollars américains).
Les sept dernières années, la République centrafricaine a eu recours à des forces étrangères conventionnelles et non conventionnelles pour mettre fin à ses conflits internes. L'ancien président Ange-Félix Patassé, renversé par le général François Bozizé le 15 mars dernier, avait ainsi formé des milices comprenant des mercenaires tchadiens, afin de mater les mutineries de 1996 et de 1997. Il avait appelé en renfort des éléments de l'ancien mouvement rebelle congolais, le Mouvement de libération du Congo, à la suite de la tentative du coup d'Etat de l'ancien président, André Kolingba, le 28 mai 2001. Plus tard, 200 soldats de la Libye, du Soudan et de Djibouti avaient été déployés dans le cadre de la Communauté des Etats du Sahel et du Sahara pour protéger M. Patassé de la rébellion menée par M. Bozizé. Les combattants du MLC étaient revenus en Centrafrique en novembre 2002 avant de quitter ce territoire en mars lorsque M. Bozizé s'est emparé du pouvoir.
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