Stéphane Tchakam
22 Décembre 2003
Le ministre d'Etat chargé de la Culture, Ferdinand Léopold Oyono, représentait le chef de l'Etat aux obsèques du chef Bandjoun, samedi dernier.
Toute la journée de samedi, le soleil a brillé sur Bandjoun en même temps qu'un vent glacial soufflait. Chef-lieu du département du Koung Khi, le village rend un dernier hommage à son chef supérieur, Joseph Ngnié Kamga, décédé le 6 décembre dernier. Les obsèques ont lieu sur la place du marché de Dzemto, tout près de la chefferie. En cet endroit plein de symboles avec ces arbres sacrés, une foule venue de toutes parts se presse. Ferdinand Léopold Oyono, le ministre d'Etat chargé de la Culture, représentant personnel du chef de l'Etat, a pris place dans la tribune officielle. Autour de lui, près d'une quinzaine de membres du gouvernement, le corps diplomatique, le secrétaire général du comité central du Rdpc, Joseph Charles Doumba, les autorités administratives, locales, traditionnelles et religieuses, l'élite de Bandjoun et du département. Des milliers d'âmes.
Etoffe traditionnelle arborée pour les grandes cérémonies, le " dzeudouop " est visible partout. Porté autour du cou en " douop " par les princes et les princesses ou en parements pour le catafalque et la bière du roi. L'épouse, les 24 femmes et les 23 enfants de Joseph Ngnie Kamga sont également là en bonne place dans une tribune dressée à l'ombre du " foam ", le grand baobab qui trône sur la place. Des proches leur ont conseillé de ne pas montrer leur émotion mais, pour les plus jeunes, les larmes sont difficiles à retenir. Tout le monde y va en lamentations lorsque le cercueil du roi, porté par les notables, est délicatement déposé au centre de la place. La célébration liturgique commence avec des précisions sur la foi catholique du disparu. Il n'empêche, l'oecuménisme prend le dessus parce que Bandjoun, sous les 19 ans de règne de Joseph Ngnie Kamga, aura été ouvert à toutes les confessions.
La tolérance du personnage sera justement relevée dans les divers témoignages entendus samedi. En rappelant que le roi défunt jouissait du privilège d'être un ami personnel du chef de l'Etat, Ferdinand Léopold Oyono rend hommage à cet homme qui restera un exemple d'engagement citoyen, qui avait compris qu 'un pays se construit dans la paix et la stabilité, qui était un acteur culturel soucieux de la préservation du patrimoine national. Le représentant personnel du chef de l'Etat souhaite que sa sagesse soit perpétuée et l'un des princes, Me Jackson Ngnié, n'a pas promis autre chose à son père. Non sans faire une mise au point musclée sur l'oeuvre, l'expérience de la vie et des hommes du défunt et sur la succession. Comme de juste, les hommes d'église, eux, ont dit la dernière parole. A Bandjoun et dans les contrées alentour, " Fö pou Si ", le chef, le roi est avec Dieu et c'est là qu'il faut le chercher. Mieux encore, "Si ba fô", (seul Dieu est roi).
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