Kamel Ferchichi
22 Décembre 2003
La Chambre des Députés a poursuivi samedi l'examen des projets de budget des ministères de l'Equipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire, du Tourisme, du Commerce et de l'Artisanat, ainsi que celui des Technologies de la communication et du Transport.
En effet, la protection des villes contre les inondations, l'élaboration et la révision des plans d'aménagement du territoire, l'amélioration de l'infrastructure de base de certaines régions, la réalisation de l'autoroute M'saken-Sfax et de l'aéroport d'Enfidha, le revêtement des pistes agricoles, ainsi que la construction des routes du contournement des villes ont été autant de questions évoquées par la majorité des députés.
Protéger les villes des inondations
Dans cet ordre d'idées, plusieurs intervenants ont mis l'accent sur la nécessité d'accélérer l'élaboration des études exhaustives visant à protéger les villes des inondations, particulièrement celles les plus exposées aux intempéries comme Jendouba, Bousalem et Medjez El Bab. Ils ont recommandé, également, la construction de ceintures autour de certaines villes, telles que Médenine, en tant que solution pour alléger l'encombrement et éviter d'éventuels risques d'accident.
Idem, l'extension des autres routes du contournement, si besoin est, telles que la route MC34 reliant Grombalia à Tunis par Mornag, ce qui permettrait de fluidifier la circulation.
L'un des députés a avancé une proposition portant sur la création d'un fonds national pour la protection des villes contre les inondations. Afin d'éradiquer les constructions anarchiques qui nuisent à l'aspect esthétique et architectural de l'environnement urbain, des députés ont souligné l'impératif d'accélérer la mise en oeuvre des plans directeurs d'aménagement et de les généraliser, surtout en ce qui concerne les transactions de diverses sortes de biens immobiliers.
Evoquant la question relative au renforcement de l'infrastructure et l'intensification des réseaux routiers, certains intervenants se sont interrogés sur la phase de démarrage des travaux de réalisation de l'autoroute Msaken-Sfax, projet qui a enregistré, selon eux, un certain retard. De même, ils ont demandé une évaluation de la marche des travaux de l'autoroute Tunis-Medjez El Bab, tout en demandant des explications sur l'étude relative à la réalisation de la route nationale n°5 reliant Tunis au Kef.
D'autres députés ont insisté sur la nécessité d'améliorer l'état de l'infrastructure routière et le revêtement de certains autres axes, tout en les agrémentant d'arbres. En outre, ils ont préconisé la construction, autant que possible, d'un deuxième point de passage, autre que le pont mobile, pour accéder à la ville de Bizerte, en recommandant, également, la réduction du prix de péage sur l'autoroute Tunis-Bizerte.
Certains intervenants se sont enquis des délais du démarrage des travaux de réalisation de l'aéroport d'Enfidha et du pont Radès-La Goulette.
Par ailleurs, le revêtement des pistes agricoles pour faciliter le trafic routier dans les zones rurales et assurer de bonnes conditions du transport des produits, la maintenance des panneaux de signalisation routière, la lutte contre les «points noirs», l'aménagement urbain de la zone de Bhar Lazrag à La Marsa ont fait l'objet d'interrogations lors des interventions.
Intensifier les contrôles économiques
Au cours de la discussion du projet de budget du ministère du Tourisme, du Commerce et de l'Artisanat, les députés ont mis sur le tapis plusieurs sujets ayant trait à l'approvisionnement du marché local et l'exportation, la dynamisation du secteur touristique, la promotion du secteur des eaux minérales et des métiers artisanaux, à la lumière de la stratégie nationale mise en place.
Au niveau du commerce intérieur, et dans le but de défendre, en premier lieu le consommateur de toutes formes de fraudes et transactions déloyales, certains députés ont insisté sur l'intensification du système de contrôle économique de façon que les visites sur terrain soient permanentes et efficaces. Cette mesure permet d'organiser les circuits de distribution et d'assurer un certain équilibre entre l'offre et la demande. Dans ce cadre, ils ont recommandé un bon approvisionnement du marché en produits alimentaires, notamment ceux de forte consommation, (le lait et les pommes de terre ), tout en appelant à la lutte contre le phénomène du commerce parallèle, eu égard à son impact sur l'indice des prix et le pouvoir d'achat du citoyen.
Soulignant l'importance qu'il y a à promouvoir l'exportation vers aussi bien des marchés arabes qu'européens, un député a demandé des éclaircissements sur la «Maison de l'exportateur» - dont l'ouverture est prévue en 2004 - ses fonctions.
En ce qui concerne le tourisme, un nombre important de députés ont relevé la régression qu'a connue ce secteur ces dernières années en raison de la conjoncture internationale assez difficile. De ce fait, ils ont recommandé la réactivation du tourisme intérieur, la mise à niveau des établissements hôteliers, l'intensification de la formation touristique et l'amélioration de la qualité des produits et services. L'objectif majeur est d'attirer un grand nombre de touristes, fidéliser la clientèle tunisienne et faire rayonner l'image de la Tunisie à l'extérieur.
Par ailleurs, ils ont fait valoir le rôle que peut jouer le tourisme culturel, saharien traditionnel et celui des congrès dans la promotion et la redynamisation du secteur, tout en préconisant le renforcement de toutes ces spécialités à travers l'encouragement de l'investissement privé et l'incitation à la création de zones touristiques dans certaines régions telles que Béja, Gabès et Sidi Bouzid, ainsi que l'insertion de la ville de Testour dans les circuits touristiques importants.
Au volet de l'artisanat et des eaux minérales, les députés ont insisté sur la promotion de l'artisanat tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays et le renforcement du contrôle de la qualité des eaux minérales, et ce, par la protection des sources naturelles de la pollution.
Préparatifs du sommet de Tunis
Au cours de l'examen du projet de budget du ministère des Technologies de la communication et du Transport, des interventions ont concerné, essentiellement la tenue de la deuxième phase du Sommet sur la société de l'information prévue en 2005 à Tunis, la modernisation des réseaux GSM et des services postaux, le changement du statut juridique de l'Office des télécommunications de Tunisie en le transformant en une société anonyme, l'investissement privé en matière de transport en commun, la restructuration de Tunisair, ainsi que la situation du transport ferroviaire.
Se félicitant de la participation réussie de la Tunisie au Sommet mondial de la société de l'information tenu tout récemment à Genève, les députés ont demandé des éclaircissements sur les préparatifs engagés par notre pays pour abriter, en 2005, la deuxième phase de ce sommet d'envergure. Une députée s'est interrogée sur le rôle de Tunisair au niveau de ces préparatifs et s'est demandé si l'on projette d'ouvrir de nouvelles lignes à l'instar de celle de Bamako.
Un autre député s'est intéressé à l'évaluation de la situation actuelle de Tunisair et de son programme pour l'avenir.
Pour ce qui est du transport ferroviaire, un député a recommandé de généraliser l'expérience consistant en la création de liaison train-bus comme c'est le cas de Tunis-Gabès-Djerba. Il a proposé, dans ce cadre, de créer une ligne ferroviaire Tunis-Kébili, d'autant que cette ville est, déjà, desservie par le bus. D'un autre côté un député s'est interrogé sur les délais de l'entrée en service de la station de transport de Zarzouna.
A propos de la modernisation des services postaux, l'un des intervenants a insisté sur la nécessité d'améliorer les prestations des bureaux de poste dans les zones aussi bien urbaines que rurales.
En outre, certains députés ont évoqué l'amélioration des réseaux de téléphonie fixe et mobile, ainsi que la modernisation du commerce électronique
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