Guy-Marin Kamandji
22 Décembre 2003
Kinshasa — Le Père Rigobert MINANI s.j., Coordonnateur du Réseau d'Organisations des Droits Humains et d'Education Civique d'Inspiration Chrétienne (RODHECIC), a ouvert l'atelier d'échange sur les politiques et les pratiques d'accompagnement des populations pygmées en RDC.
Dans son discours d'ouverture, il a indiqué que l'objectif de cet atelier est double: attirer l'attention de la population sur la situation actuelle des populations pygmées en RDC afin que tous travaillent à restituer à ces compatriotes leur dignité d'hommes créés à l'image de Dieu; mobiliser les énergies pour qu'ensemble nous contribuions à la promotion de leurs droits. Les travaux proprement dits se sont repartis en deux parties principales. La première a été la présentation d'une étude sur la situation des populations pygmées en RDC, laquelle a été menée par une équipe multidisciplinaire dirigée par Désiré Nkoy, secondé par Flory Kayembe; Misak Kasingo et Ferdinand. Le Coordonateur du Rodhecic les a remerciés pour le travail réalisé. Il a aussi exprimé sa gratitude envers l'UNESCO qui a soutenu cette étude et l'atelier du Centre Nganda. La seconde partie a consisté en un complément d'informations grâce à l'intervention des acteurs directs. Il s'agit des organisations et des personnes qui travaillent directement avec cette population. Certains viennent d'Isiro, de Beni et du Sud-Kivu.
Le Père Minani a d'ores et déjà souligné la disponibilité de son réseau à défendre les nouvelles perspectives qui sortiront de ces travaux. Il a stigmatisé la discrimination dont sont victimes les Pygmées dans la tradition. Cet état des choses est conforté par les actes présumés d'anthropophagie contre ces populations dénoncées par les Ong de défense de droits de l'homme et par la presse. Il a précisé que le taux de mortalité des Pygmées en Afrique Centrale est de 25%. Ce qui l'a poussé à considérer que le défi est de lutter contre la disparition programmée des populations pygmées lesquels n'ont accès ni à l'éducation, ni aux soins médicaux. Pendant ce temps, "on dépense des millions d'argent pour arrêter la disparition de certaines espèces animales ou végétales. Ce qui n'est pas fait en faveur des Pygmées, qui sont des êtres humains comme nous", a-t-il déploré.
Au nom de la Représentante de l'UNESCO en RDC, le Prof Yudi a déclaré que cette agence de l'ONU est doublement intéressé par cet atelier. Car, il s'inscrit dans le cadre de l'Education pour Tous d'ici l'an 2015, programme qui veut que tous les enfants soient réellement scolarisés, obligatoirement et gratuitement. Les enfants dans le circuit de l'éducation formelle, et les adultes par l'alphabétisation dans l'éducation non formelle. Les Pygmées doivent en bénéficier aussi. Par ailleurs, le deuxième intérêt de l'Unesco touche le secteur de la culture (contes, langues, etc.) des Pygmées qu'il faut conserver.
Dans son exposé, Désiré Nkoy, a indiqué que l'étude menée et présentée sur 85 pages, contient une esquisse historique, une carte qui permet de localiser les Pygmées en RDC; elle identifie aussi les acteurs locaux intervenant dans la protection de ces populations, le type d'appui leur donné et des initiatives propres aux Pygmées. Un état de la question et des voies d'avenir pour la promotion des Pygmées clôturent cette étude.
Bref, les populations pygmées en RDC vivent dans un contexte de discrimination, de vulnérabilité et d'exclusion qui ne leur permet pas d'améliorer leurs conditions de vie. Marginalisés dans la participation au processus de développement, les Pygmées prennent de plus en plus conscience de cette situation et développent des capacités et des attitudes qui, accompagnées avec pertinence, peuvent infléchir les tendances actuelles. Plusieurs intervenants travaillent dans ce sens, mais les résultats ne semblent pas répondre aux préoccupations essentielles de communautés en question.
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