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22 Décembre 2003
Kinshasa — Le labyrinthe du CPRK a ouvert ses portes au public, mercredi dernier, dans le cadre de la visite tri-hebdomadaire consacrée aux rencontres entre les pensionnaires et les membres de leurs familles.
Ce jour-là, il nous a été donné d'apprendre sur place, comment vivent leur détention, les présumés exécutants et commanditaires de l'assassinat odieux du directeur Stève Nyembo, ceux-là mêmes pour lesquels l'opinion nationale et internationale s'impatiente dans l'attente d'un procès public et médiatisé. Séparés l'un et l'autre, les deux têtes d'affiche de cette affaire, le Colonel Charles Alamba et le directeur Dimoke occupent chacun le niveau supérieur d'un pavillon, tandis que les autres prévenus sont regroupés dans un pâté de cellules.
A l'étage du pavillon 8, c'est la demeure carcérale du directeur Dimoke où seul, il égrène ses jours en lisant des livres divers et en regardant des émissions à la télévision. Bien qu'il soit calme, l'ancien DG des Services de Contributions est tout aussi préoccupé que les autres co-prévenus par la longueur des enquêtes. Il attend un procès qui ne vient toujours pas. A l'étage du pavillon 11, la résidence pénitentiaire du colonel Charles Alamba est transformée en salle d'entraînement sportif. Il n'y a pas meilleure stratégie pour lui de briser la solitude que de s'installer des heures durant devant le petit écran. Son fidèle ami, le petit poste de télévision, lui gratifie à longueur de journées, d'une variété de programmes de divertissement et de nouvelles tant nationales qu'internationales.
Par moment, on peut l'apercevoir pratiquer des exercices de musculation. Le sport est un autre remède pour chasser l'oisiveté, fourbir ses biceps, maintenir sa forme physique et requinquer son moral. Des entraînements sportifs, soutiennent les spécialistes en médecine sportive, contribuent tant à l'équilibre mental, physique que psychique. Ainsi armé moralement, le colonel Charles Alamba serait prêt à affronter les foudres d'un procès judiciaire qui décidera de son innocence ou de sa déchéance professionnelle, en plus de fortes peines à lui infliger en cas de culpabilité établie.
Les autres prévenus Emile Kaseke et consorts regroupés dans la catégorie des exécutants, mènent une existence propre aux prisonniers du CPRK. Ils se côtoient sans restrictions particulières et sont soumis au même régime alimentaire surnommé «voungouley». Ensemble, ils partagent les mêmes inquiétudes et nourrissent les mêmes espoirs. Dans toute la prison, il faut le dire, l'ambiance est à l'expectative. Tout le monde a soif de connaître toute la vérité sur cette affaire. Et les anciens prévenus de l'ex-Cour d'ordre militaire, eux ne s'intéressent qu'à la face cachée de cet ancien procureur militaire qui a symbolisé, sinon incarné la rigueur de la loi pénale. A les entendre parler de cette affaire, ils lui souhaitent un réquisitoire incendiaire calqué sur son modèle des réquisitoires inhumains. Bien plus, les condamnés tant à la peine de mort qu'à des peines d'emprisonnement, espèrent un jour l'accueillir dans leur cercle très fermé où la vie ne tient plus qu'à la grâce présidentielle et la liberté, à l'amnistie générale. La longue attente de ce procès du siècle pour la RDC, n'a en rien effacé cette soif de la vérité qui demeure vive jusqu'à ce jour.
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