Youcef Salami
23 Décembre 2003
Débats houleux et cacophonie hier à l'APN autour de la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire devant faire la lumière sur le refus du gouvernement d'accorder un agrément au CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique), une résolution formulée par le parti El Islah et adoptée à la majorité.
La proposition a mis à l'épreuve un FLN écartelé : ses deux ailes se disputaient hier le timing imparti à la plénière. Les députés désignés sous le vocable de «redresseurs» ne voulaient pas d'une commission d'enquête, jugeant qu'elle «est anticonstitutionnelle» et que derrière l'idée de commission se cachent des desseins politiciens. Tahar K., député FLN, a estimé ainsi qu'on ne peut exiger une commission d'enquête sur ce dossier du CNAPEST dont des syndicalistes sont poursuivis en justice. Que ceux, dans une allusion aux animateurs de cette organisation, qui se disent lésés dans cette affaire, voient avec la justice. L'argument est court, observe un autre député FLN, proche celui-ci du camp de Benflis. Ce dernier note que ce qui a été avancé par Tahar K. est une vision personnelle. D'autres parlementaires du carré des redresseurs se sont interrogés sur le contenu de cette commission, attitude qui semble agacer leurs collègues restés fidèles à l'ex-chef de gouvernement, épaulé pour la circonstance par le MSP.
Le RND s'est rangé au côté des contre cette commission, positionnement somme toute logique. Même si peu de députés se sont fait hier couper la parole, Karim Younes, le président de l'APN, s'est mis amplement de la partie et a ouvert une parenthèse favorable aux députés pro-Benflis : il dit qu'il a eu des contacts avec le gouvernement, avançant que celui-ci ne voit pas d'inconvénient quant à la mise en place d'une commission d'enquête. Karim Younes veut dire ainsi que, contrairement à ce que lui prêtaient des titres de la presse nationale, il ne poussait pas au rejet de la résolution d'El Islah, histoire de ne pas mettre dans la gêne le gouvernement d'Ahmed Ouyahia. Inscrite à l'ordre du jour de la plénière avant les débats sur le projet de loi de finances 2004, la résolution préconisée par les députés d'El Islah, objet de débats hier à l'Assemblée, a donné lieu, lors de son dépôt sur le bureau de l'APN, à une polémique sans fin. Certains avançaient que le parti de Abdallah Djaballah voulait au travers de cette proposition se faire le porte-voix de syndicalistes qui lui sont proches politiquement.
Le refus de l'agrément au CNAPEST a été inscrit dans la plate-forme de revendications de celui-ci, qui en fait un leitmotiv de même ordre que la revendication salariale. Les services du ministère du Travail et des Affaires sociales ont notifié aux syndicalistes du CNAPEST que le dossier qu'ils ont formulé ne remplit pas tous les critères consignés dans la législation du travail. Un argument énergiquement rejeté par cette organisation qui veut en découdre avec le gouvernement en alternant grèves et sit-in.
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