Amar Rafa
23 Décembre 2003
La crise ouverte entre le FLN mouvement de redressement et la direction du parti, conduite par son secrétaire général Ali Benflis, autour de l'invalidation du 8ème congrès du parti, risque de prendre une autre tournure à l'annonce du verdict de la chambre administrative de la cour d'Alger.
Le magistrat en charge de l'affaire a, effet, décidé que la séance devant avoir lieu aujourd'hui sera consacrée aux plaidoiries des avocats des deux parties. Le verdict pourrait être livré à l'issue de celles-ci. Les bruits qui courent sont relayés par une déclaration d'un ministre, affilié au mouvement de redressement du FLN, à partir de Biskra, croyant savoir, sur la base d'un entretien avec un magistrat, que la décision aurait été déjà prise d'invalider le congrès du FLN. L'argument qui plaiderait en faveur d'une telle décision est la suspension des travaux du congrès réunificateur du mouvement de redressement au verdict de la justice au sujet de l'affaire d'invalidation du 8ème congrès du parti. Pour la même cause, les autorités administratives avaient interdit dans une première étape le congrès extraordinaire du FLN.L'éventualité d'une invalidation du 8ème congrès n'a pas fini par jeter l'émoi au sein des militants restés fidèles à la ligne du parti. Pour parer à ce scénario pessimiste, la direction du FLN a tenu une session extraordinaire de son comité central élargi aux mouhafadhs, pour étudier les implications de cette décision et préparer la riposte.
A cette occasion, le discours de Ali Benflis est assez significatif de son appréhension des effets néfastes qui peuvent en découler sur la stabilité du pays. Il a affirmé en ce sens que, «le danger guette la république et ses institutions» et il y a «menace pour l'image de notre pays dans le concert des nations». Ali Benflis avait, lors d'un meeting, fait état de pressions exercées sur le juge chargé de l'affaire, pour dénoncer les manoeuvres. Auparavant, Abdelkader Salat, avait dénoncé les pressions dont fait l'objet le magistrat chargé de l'affaire, qui viennent «corroborer les craintes et appréhensions du parti», qui se sont manifestées, d'après lui, par les sanctions contre des magistrats qui s'étaient prononcés au sujet de cette affaire. Une série de documents présentés devant la justice prouverait que le congrès, objet de la demande d'invalidation, a été préparé et s'est déroulé dans la transparence. A ces arguments vient en renfort l'arrêt du Conseil d'Etat, rendu le 18 octobre, qui stipule que la justice n'est pas compétente pour statuer sur les conflits relatifs au fonctionnement des partis politiques. En se basant sur un article de la Constitution selon lequel les arrêts du Conseil d'Etat sont en principe suivis par les juridictions, notamment la cour d'Alger.L'autre argument de taille dont compte se servir l'autre partie pour invalider le congrès consiste à prouver le manque de démocratie en son sein. De même que l'on retiendra le cumul interdit par la loi de l'un des congressistes pour sa qualité de magistrat, en l'occurrence Abdelkader Salat.
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