Amine Echikr
23 Décembre 2003
L'élection présidentielle focalise de plus en plus l'attention des animateurs de la vie politique algérienne. Les uns après les autres, les candidats à la candidature se présentent aux médias en attendant de pouvoir le faire devant les électeurs.
Les uns le font de manière hâtive, d'autres exigent davantage de protection légale. Cette agitation préélectorale, toute naturelle, prend une autre signification avec la demande par le leader du FFS du report de la date de l'élection. Cette exigence d'Aït Ahmed nous rappelle que, hormis quelques spéculations médiatiques, la «date» n'est pas encore fixée. Les prétendants à la magistrature suprême n'ont, pour l'instant, qu'un seul programme : «Tous contre un.» Ils qualifient l'actuel locataire d'El Mouradia de «danger pour l'avenir de la nation» alors que le principal outsider l'a accompagné dans son programme et dans ses actions. Les différents protagonistes pour cette bataille n'ont que leurs parcours comme arguments et leur opposition à Bouteflika comme programme. Ce dernier se révèle être le maître du jeu institutionnel. Il fixera la date de l'élection et nommera la commission de contrôle des élections avec l'assentiment de ses concurrents. Bouteflika se présente, dès maintenant, comme le favori d'une bataille dont le lieu est connu de tous, les urnes, mais dont la date est pour l'instant son petit secret. Un secret qui ne saurait dépasser le 16 avril 2004.
Ses adversaires ont déjà entamé la course alors que le départ n'a pas été donné. La multiplication des prétendants et leur empressement à vouloir faire chuter le Président ne sont pas dus à un souci d'alternance des programmes et des projets à concrétiser pour l'Algérie. Il s'agit, encore une fois, de sauver le pays de risques que le citoyen ne perçoit plus avec la même acuité. Le Président, avant de devenir candidat, fera son bilan. Il expliquera ses échecs et mettra en avant les «victoires et acquis arrachés par les citoyens». Il fixera sa «date» et annoncera son plan d'action pour le quinquennat prochain. Pour le commun des mortels, cette date ne changera rien. Il s'agira de choisir entre la continuité avec le même homme et une continuité avec un autre homme. Car les programmes alternatifs à ceux du courant nationaliste ne seront que faiblement porteurs lors de cette échéance.
Aït Ahmed, en réitérant sa demande d'élire d'une Constituante comme préalable à l'élection présidentielle, ne fait que démontrer que le courant dominant n'a pas réglé l'essentiel. Quelle Algérie voulons-nous ? Censée mettre fin à la transition, la mandature du président du consensus n'a pas été celle du consensus entre les politiques algériens sur un système de gouvernance et des objectifs à atteindre. Il s'agit là du plus mauvais point à inscrire à l'actif de Bouteflika-candidat. Quant à la date des élections,
elle ne saurait être un point de départ ou d'arrivée pour les
Algériennes et les Algériens car l'Algérie semble devoir être en transition perpétuelle.
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