Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Financement des petites et moyennes entreprises en Casamance : 400 millions de francs à la disposition des jeunes défavorisés

Seydou Prosper Sadio

23 Décembre 2003


Après avoir financé plus de 1.000 micro-entreprises en faveur des jeunes et des femmes de la région naturelle de la Casamance, pour un montant global de plus d'un milliard de francs Cfa, l'Association Sénégalaise pour l'Appui à la Création d'Activités Socio-Économiques (ASACASE) vient de jeter à nouveau son dévolu sur les jeunes les plus défavorisés de la région Sud.

Cette couche bénéficiera d'une enveloppe de 400 millions de nos francs par le biais du Projet d'Insertion des Jeunes Défavorisés (PIJED) acquis par financement de l'USAID à hauteur de 70 % la révélation a été faite par Oumar Bâ, directeur de l'antenne de ladite structure à Bignona le vendredi 19 décembre courant, sous la présidence du ministère de l'Entreprenariat féminin et du Micro-crédit.

Cette nouvelle initiative, qui s'inscrit dans la dynamique de la relance économique de la Casamance et la consolidation de la paix, ambitionne de ratisser large chez les jeunes défavorisés de cette région meurtrie par tant d'années de conflit armé. Dans le dispositif mis en place par l'ASACASE, on trouve des cibles diverses et variées.

Il s'agit, entre autres, des anciens combattants du MFDC, des éléments libérés de l'Armée nationale, des jeunes exposés aux conséquences de la drogue, de la prostitution, des jeunes en détresse ou réfugiés de l'autre côté de la frontière sénégalaise ou encore des personnes porteuses du VIH/Sida.

LA FORMATION, UN VOLET ESSENTIEL

L'objectif étant, selon Oumar Bâ, de les appuyer à se réinsérer dans le circuit du développement et de la relance économique de la région Sud. Au total, ce sont 900 projets qui seront financés après de multiples séries de formation et d'intermédiation sociale entièrement prises en charge par l'ASACASE.

En effet, les responsables du projet ne perdent pas de vue qu'il n'est pas évident de faire des jeunes déconnectés de la vie civile depuis plusieurs années des entrepreneurs de qualité. A cet effet, un dispositif de formation sera mis en place à l'issue d'une réflexion approfondie dans le sens de la recherche d'une stratégie adaptée.

L'ASACASE, si l'on en croit à son directeur, est en train d'expérimenter une démarche tirée de son expérience dans le travail qu'elle mène en ce moment, en ce qui concerne la réinsertion des anciens combattants des différents conflits que ce pays a traversé depuis son indépendance jusqu'à nos jours.

Le Projet d'Insertion des Jeunes Défavorisés (PIJED) a déjà initié d'importantes actions dans ce sens, en créant un bureau de sensibilisation et de formation en gestion, de l'autre côté de la frontière bissau-guinéenne où les ex-combattants du MFDC pourront bénéficier de l'encadrement nécessaire, afin de s'insérer dans ce circuit. Autant d'initiatives qui ne pouvaient pas ne pas attirer l'attention du ministre de l'Entreprenariat féminin et du Micro-crédit.

FONDS SPECIAL CASAMANCE

En effet, Mme Marième Ndiaye n'a pas manqué de souligner que cette nouvelle initiative de l'ASACASE tombe à point. Pour elle, le projet s'inscrit non seulement dans le plan d'action national élaboré conformément aux idées du chef de l'Etat en matière spécifique à la relance des activités économiques en Casamance dans laquelle les femmes et les jeunes restent une priorité. Pour cela, Mme la ministre a profité de l'occasion pour éclairer les lanternes sur le fonds spécial Casamance. Selon Marième Ndiaye, cette enveloppe d'un milliard de nos francs a été mise en place depuis la loi rectificative du budget 2003. Ce sont les lenteurs administratives qui sont à l'origine des retards dans son décaissement, a-t-elle souligné.

Cependant, Mme Ndiaye a tenu à souligner qu'une enveloppe financière de 287 millions de F.CFA a été déjà débloquée pour financer neuf projets de femmes au niveau de la Casamance. L'action pourrait s'étendre sur les 500 autres projets individuels déjà recensés au niveau de la région. Toutefois, la ministre de l'Entreprenariat féminin et du Micro-crédit précise, qu'au-delà du financement des projets, la formation et l'accompagnement des femmes et des jeunes entrepreneurs resteront une des priorités de son département, conformément à son cahier de charges.

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