Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Ndioum : SOS pour un hôpital où tout manque

Abou Kane

23 Décembre 2003


Le personnel médical et paramédical fait cruellement défaut alors que le peu de matériel existant est désuet. Du coup, le deuxième centre hospitalier de la région de Saint-Louis, qui ne compte qu'un seul chirurgien, se retrouve souvent paralysé. Et ce sont les malades qui en font les frais.

(Correspondance) - Les agents de santé du centre hospitalier régional de Ndioum ont mal au coeur. Ils manquent cruellement de bras, et le matériel fait tout autant défaut en chirurgie, en gynécologie (matériel d'échographie en particulier) qu'en pédiatrie. Selon M. Souleymane El Hadj Sall, médecin dans cet hôpital, le peu de matériel existant date de 1976. Et il manque jusqu'aux lits pour accueillir les malades. Ainsi, en chirurgie, Sidy Dièye - le seul chirurgien dans tout le département de Podor - ne peut compter que sur 23 lits fonctionnels, alors que le ratio standard prévoit 123 lits. En médecine, on ne dénombre que 24 lits pendant qu'en maternité, il faut faire avec 16 lits et 23 en pédiatrie. Ne parlons même pas de la salle de réanimation et du bloc opératoire qui manquent d'équipement. Dans cet hôpital, le personnel paramédical se compose de vingt-et-un aides-infirmiers, de deux agents sanitaires, de quatre infirmiers d'Etat, d'une seule sage-femme, de deux techniciens de labo, d'un technicien supérieur en biologie, de deux techniciens anesthésistes et réanimation et d'un technicien supérieur en odontologie. Un personnel jugé insuffisant par rapport aux besoins, étant entendu que l'hôpital fait plus de 100 consultations par jour, dont 40 % viennent parfois de l'hôpital de Ourossogui, de Dagana, du département de Linguère et même de la localité de Rosso, située en terre mauritanienne. La structure hospitalière manque tellement de personnel que son chirurgien, le docteur Sidy Dièye, n'est pas allé en congé depuis 1987.

Et il lui arrive souvent de soigner des maladies ne relevant pas de ses domaines de compétence.

Dans ce deuxième hôpital que compte la région de Saint-Louis (celui de Ourossogui relevant maintenant de la région de Matam), les agents dénoncent surtout l'absence de coordination entre le personnel médical et l'administration centrale. Quant aux malades, en plus de se plaindre de la qualité des soins, ils crient leur ras-le-bol des deux repas par jour qui leur sont servis et qui ne sont pas des meilleurs. D'ailleurs, 50 % des malades interrogés soutiennent qu'ils préparent eux-mêmes leurs repas.

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