Cathy Yogo Sources : Infos-santé
23 Décembre 2003
Progrès remarquables de la médecine au Sénégal. Le 2 décembre dernier, l'équipe chirurgicale du professeur Mamadou Ndoye, chef de service de chirurgie pédiatrique du Centre hospitalier de l'université le Dantec de Dakar (Sénégal), a séparé avec succès des soeurs siamoises réunies au niveau de la région ombilico sternale.
Selon le Pr. Ndoye, l'opération chirurgicale était d'autant plus compliquée que les deux filles nées au centre de santé Philippes Maguiléne Senghor de Yoff de Dakar le 26 novembre 2003, avaient une malformation très rare qui représente un cas pour 50 à 100 000 naissances vivantes dans le monde. Après avoir séjourné trois jours en réanimation, les enfants ont repris une vie normale.
Les six médecins anesthésistes réanimateurs et les quatre chirurgiens qui ont réussi cet exploit, ont du mérite. Car c'est une grande première en Afrique subsaharienne. On n'est doncplus contraint de se rendre dans les pays occidentaux comme ça toujours été le cas.
Le 4 octobre 2003, deux autres siamoises égyptiennes âgées de six mois ont été opérées à la cité médicale du Roi Abdel Aziz à Ryad (Arabie Saoudite), aux frais du prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz. Talia et Taline étaient reliées par la poitrine. Par contre, Laleh et Ladan Bijani, âgées de 29 ans et reliées par la tête, n'ont malheureusement pas connu le bonheur de vivre séparée, de se mouvoir en toute liberté...
L'optimisme et la détermination des deux soeurs Bijani, n'ont pas eu raison de la délicate opération menée à l'hôpital Raffles de Singapour. Toutes deux sont décédées le 8 juillet de cette année, à quelques heures d'intervalle, des suites d'une hémorragie. L'intervention menée par vingt-huit spécialistes internationaux et une centaine d'assistants, était destinée à séparer leurs cerveaux reliés par une même boîte crânienne. Il s'agissait pour ces spécialistes de rendre ces organes plus viable en y implantant une veine préalablement prélevée dans la cuisse de l'une des soeurs. Mais l'opération, qui était prévue en trois étapes sur quatre jours, a connu des complications insurmontables pour les médecins, en dépit des efforts fournis et de l'importante préparation physique et psychologique des patientes. C'est lors de la partie la plus délicate de l'intervention que les complications sont apparues, allongeant considérablement la durée prévue de l'opération.
Laleh et Ladan
N'ayant pas eu l'opportunité d'une séparation durant les premiers mois de leur vie, elles ont demandé à une équipe de médecins allemands de les opérer en 1996. Refus. La raison invoquée : des risques beaucoup trop élevés. Déterminées, Laleh et Ladan ont toutefois convaincu l'équipe du neurochirurgien Keith Goh, qui avait déjà pratiqué ce genre d'intervention avec succès sur deux bébés en 2001. C'était alors une première dans le monde.
Le décès des deux Iraniennes marque l'échec d'une tentative inédite. Celle de séparer deux personnes siamoises adultes reliées par la tête. En principe, on pourra dépister des formes de fusion totale, par exemple au niveau des deux abdomens. Pour les fusions plus ténues, c'est parfois plus difficile. Il existe plusieurs sortes de siamois, dont les plus fréquents sont les thoraco-abdominopages, c'est-à-dire les bébés reliés par le thorax et/ou l'abdomen. Ensuite, il y a ceux attachés par la tête. Par ailleurs, le cas de deux têtes (bicéphales) qui partageraient le même corps s'est déjà présenté bien qu'il soit beaucoup plus rare ( 2,5 millions et environ 2 % des naissances de type siamois).
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