Fraternité Matin (Abidjan)
Youssouf Sylla
24 Décembre 2003
Abidjan — Les ministres issus des Forces nouvelles seront présents aux prochains Conseils du gouvernement et des ministres. Ainsi en a donc décidé le conclave du lundi dernier mais dont le communiqué final n'a été rendu public qu'hier, au cours d'un point de presse animé par le Secrétaire général adjoint du mouvement, M. Louis Dacoury-Tabley, au Ranhotel de Bouaké.
" Devant les évolutions qui donnent la certitude de la poursuite d'un processus sans aucun blocage, et soucieuses de donner à notre pays une chance pour la paix à laquelle aspire l'ensemble des populations ivoiriennes, les Forces nouvelles invitent les ministres issus de leurs rangs à intégrer, à compter de ce jour, le gouvernement de réconciliation nationale afin d'y exercer activement et efficacement leurs activités dans la plénitude de leurs attributions.. C'est ce que dit en substance ledit communiqué qui indique par ailleurs que " les Forces nouvelles se félicitent de l'annonce du renforcement de l'effectif du personnel affecté à leur sécurité (des ministres) et invitent l'état-major des Forces armées des Forces nouvelles à se mettre en contact avec les responsables des forces impartiales pour la mise en œuvre des dispositions pratiques de cette mesure ".
Devant les journalistes de la presse nationale qui voulaient en savoir plus sur le " deal " qui a abouti à ce retour, M. Louis Dacoury-Tabley a d'abord cru bon de rappeler que s'il y a eu Marcoussis, c'est parce qu'il y a eu rébellion. Pour dire que les Forces nouvelles qui luttent pour une Côte d'Ivoire de démocratie et de justice ne peuvent pas et ne doivent pas se dédire et participer ainsi au sabordage programmé des accords par le Parti du Président Gbagbo. " C'est pourquoi, nous avons fait tellement de concessions que d'aucuns ont même parlé de démission de notre part ", soulignera-t-il.
Puis le Secrétaire général adjoint a accepté de dire un mot sur la proposition des Forces nouvelles en matière de sécurité car pour lui, l'essentiel aujourd'hui après la guerre, c'est la sécurité dans le pays. " Pour que cette sécurité soit garantie, fera-t-il donc observer, il faut qu'elle soit exercée de façon mixte.
A savoir que les trois états-majors (police, gendarmerie et armée) doivent être dirigées par les forces (Forces armées des Forces nouvelles et FANCI) ". Poussant l'analyse, M. Dacoury-Tabley relève qu'à bien y observer, les ministres en eux-mêmes ne constituent pas un vrai pouvoir. Ce sont les corps habillés qui sont les vrais détenteurs du pouvoir de sécurité, estime Louis Dacoury-Tabley qui offre cependant une alternative à cette proposition. A savoir, si le ministère de la Défense revient au Président Gbagbo, celui de la Sécurité doit alors revenir aux Forces nouvelles et vis versa. Selon lui, cette idée aurait séduit tous les interlocuteurs du mouvement lors de la campagne d'explication entreprise auprès des Chefs d'Etat de la sous-région ainsi que le comité de suivi.
Interpellé ensuite sur "les sérieuses réserves émises par les Forces nouvelles quant aux projets de loi portant sur le foncier rural et sur l'éligibilité à la Présidence de la République, M. Dacoury-Tabley a déclaré que lesdites réserves seront portées prochainement en Conseil des ministres. Quant à " l'autorisation du Chef de l'Etat à venir à Bouaké pour y proclamer la fin de la guerre, il a indiqué que " nous ne sommes pas encore réunis sur le sujet ". Mais, à titre personnel, il a souligné qu'il verrait mal des populations dont les enfants ne vont pas à l'école réserver un accueil chaleureux à celui qu'elles portent responsable de cette situation. En tout état de cause, observe-t-il toutefois, en phase avec le communiqué final du conclave, que " les Forces nouvelles ont pris acte de la décision du Président Gbagbo, dans son adresse à la Nation du 4 décembre 2003, de s'inscrire lui aussi dans la dynamique de Marcoussis. Il y voit une avancée remarquable.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.