Malik Boumati
31 Janvier 2004
Pour l'ex-chef de gouvernement Ahmed Benbitour, actuellement candidat à la candidature à la présidentielle d'avril prochain, la campagne électorale pour le prochain scrutin est lancée avant l'heure, même dans la discrétion.
Jeudi dernier, il a saisi l'opportunité d'une conférence économique animée à l'école hôtelière Jardin Secret de Tizi Ouzou pour donner une esquisse de son programme électoral devant une assistance très réduite (estimée à quelques dizaines) mais composée en majorité d'opérateurs économiques activant dans la wilaya et de correspondants de la presse nationale. C'est dire que Benbitour le candidat compte baser sa campagne et son programme électoraux sur les questions économiques notamment les actions à mener pour l'aboutissement de la relance économique.D'ailleurs, le diagnostic qu'il a fait de la situation économique a occupé une bonne partie de son intervention dont le thème tourne autour des contradictions de l'économie algérienne. La prouesse, à ce titre, était très simple pour l'ex-chef de gouvernement, très au fait de la situation économique du pays.
Avec données et chiffres à l'appui, Ahmed Benbitour affirmera que l'Algérie «connaît un problème de gouvernance et de gouvernants». Pour lui, tout est disponible en Algérie pour réussir la relance économique tant souhaitée par la population qui n'en finit pas de subir les contrecoups de la crise dans laquelle s'est enlisé notre pays depuis près de vingt ans. «L'Algérie dispose des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires pour la relance économique», dira le conférencier qui cite les milliers d'universitaires algériens ici et à l'étranger et la manne financière engrangée par l'exportation des hydrocarbures pour étayer ses dires, non sans donner des exemples comparatifs avec d'autres pays comme la France, l'Egypte, la Suède. De ce fait, la première année du prochain mandat présidentiel, pour Benbitour, «doit être consacrée à l'endiguement de la crise» en ouvrant «un débat, le plus large possible, sur le modèle de démocratie qui convienne le mieux à notre pays» et «en rendant confiance aux Algériens avec un véritable programme de gouvernance». Aussi, il estime nécessaire «un contrat social à discuter avec les citoyens», une réforme du système éducatif et une stratégie de gestion des ressources en eau.
En outre, pour le candidat Benbitour, après l'élaboration d'un modèle d'économie de marché, l'Etat devrait penser à «créer un réseau de patriotes économiques» dans la perspective du retrait de l'Etat du champ économique. De nombreux autres points relatifs à la politique économique du pays ont été abordés par le conférencier qui n'a pas manqué, par ailleurs, de souligner la nécessité de «respecter le choix du peuple» à l'occasion des prochaines élections présidentielles pour que l'Algérie sorte définitivement de la crise.
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