Kimpozo Mayala
12 Mars 2004
Kinshasa — Une pétition signée par les agents de GLM (Groupe Litho Moboti) depuis plus d'un mois et adressée au Chargé de mission de l'Obma ( Office des Biens Mal Acquis) , avec copies au Président de la république et à ses quatre Vice-Présidents , au Ministre de la Justice et à l'Inspecteur Provincial du Travail, a finalement atterri dans plusieurs salles de rédaction de Kinshasa .
En gros , les pétitionnaires dénoncent la mégestion de leur entreprise par le chargé de mission , Mr Lushule Bashomeka, qu'ils accusent aussi d'avoir mis illégalement à la retraite une partie du personnel , d'avoir rabattu de moitié les salaires des rescapés , de pratiquer des taux disciriminatoires lors de la paie , à savoir 416 Fc pour un dollar pour ses émoluments et 200 FC le dollar pour le reste des cadres et agents .
Les plaignants signalent aussi un détournement de 14.832 US dans le chef de leur patron entre novembre et décembre 2003 , fait constaté par la commission mixte Patronat/Syndicat sous la supervision de la coordonnatrice des entreprises sous gestion de l'OBMA."Eu égard à tout ce qui précède, et conformément à l'article 257 du nouveau Code du Travail , nous retirons le mandat au président de la Délégation syndicale ... et exigeons le départ de Glm de Monsieur Deo Lushule Bashomeka ..." , lit-on dans la conclusion .
L'élément qui frappe l'oeil dans cette pétition intervient dans les deux dernières lignes :" ... En outre , Mr Lushule est complice des restitutions en cascade des immeubles de GLM qu'il ne semble nullement protéger pour ainsi préparer le chômage du personnel de l'entreprise" . Renseignements pris , il nous revient que près d'une vingtaine d'immeubles situés à Kinshasa et près d'une quarantaine à Lubumbashi sont déjà vendus . L'exécuteur de la besogne ne serait personne d'autre que George Bundu Te Litho . Selon les cadres et agents de Glm, ce dernier , qui ne serait ni le gérant statutaire du patrimoine de ce groupe au plan juridique parce que cette mission est assumée par l'Obma depuis l'arrivée de l'Afdl au pouvoir le I7 mai 1997 ni le liquidateur car l'entreprise n'a jusqu'ici déposé aucun bilan relatif à sa faillite, n'aurait pas qualité pour vendre .
Selon des témoignages concordants , les immeubles ex-Economat et ex-Sarma , qui produisait chacun respectivement 15.000 et 20.000 dollars chaque mois pour Glm au titre des loyers , sont perdus à la suite d'opérations de vente que le personnel de cette société estime entachées d'irrégularités . A les entendre parler , les prétendus acheteurs des immeubles de Glm exhiberaient presque tous des lettres de restitutions des biens qu'ils auraient acquis grâce à des transactions avec Bundu Te Litho . Jusque-là , soutiennent-ils, la famille Litho n'aurait reçu des autorités compétentes que la lettre leur restituant quatre immeubles . Pour le reste , tous les actionnaires de GLM , parmi lesquels les Litho , devraient se mettre autour d'une même table avec l'Obma, l'Office des Gestion de la Dette Publique , le Conseil Supérieur du Portefeuille pour procéder à un inventaire exhaustif du patrimoine , à l'évaluation des dettes de Glm vis-à-vis de l'Etat congolais et des tiers au chapitre de la Zairianisation et enfin à l'examen du rapport de gestion de l'Obma .
En principe , indique-t-on cet office aurait dû se positionner en première ligne pour s'opposer à toute option de vente des immeubles de Glm dont il est censé assurer la gestion et la protection . On s'interroge aussi sur le silence du ministre de la Justice plusieurs fois saisi de requête sur l'information de la décapitalisation de Glm par le bradage de son patrimoine immobilier . Comme conséquence de tout ceci , le personne accuse ce jour trois mois de salaires impayés . Il craint beaucoup pour son avoir et voit se profiler à l'horizon le spectre d'une cessation brutale de service , sans décompte finals .
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