Guinéenews (Toronto)
Boubacar Caba Bah
25 Mars 2004
Le nouveau gouvernement guinéen dirigé par Mr Louncény Fall est confronté à une grave crise économique consécutive à un «laissez-aller» sans précédent dans la gestion des ressources nationales qui affectent plusieurs projets de développement.
Selon des contractuels guinéens qui ont contacté Guinéenews©, plusieurs projets d'infrastructure annoncés en fanfare ont été arrêtés par les bailleurs de fonds, notamment l'Agence Française de Développement faute de transparence dans la gestion des dit-projets et non paiement des cotisations guinéennes à ces organisations.
Le fameux 4 X 4 Tombo-Aéroport, qui devait lier par autoroute Conakry à l'Aéroport a été bloqué et les maîtres d'oeuvre chinois ont suspendu les travaux faute de paiement de la première tranche. Le chantier qui avait causé beaucoup de désagréments pour les automobilistes de la capitale est resté au niveau des terrassements.
Même chose pour le projet d'électrification de la ville de Télimélé, dont les travaux ont été aussi arrêtés par Soguiferel, faute de manque de financement selon des sources au ministère des Finances. Ce projet d'électrification des villes de l'intérieur est un marché local financé par l'AFD. Ce projet consistait à installer poteaux électriques, tirer les lignes de transmission et produire un groupe électrogène et le connecter pour alimenter certaines villes de l'intérieur de la Guinée. Auparavant c'est la ville, de Tougué qui a été la première à vivre cette situation de rupture de projet. Tougué et d'autres villes se trouvent donc dans la même situation selon des sources généralement proches du projet et qui ont contacté Guinéenews©.
La marge de manoeuvre du gouvernement guinéen est réduite avec une ordonnance du chef de l'état guinéen fin janvier, quand il a reçu les commerçants au sujet de la flambé du coût du riz. Lors de cette rencontre, le président Conté avait demandé au Premier Ministre d'alors publiquement : Citation « Est ce que tu a renvoyé les conseillers? Je ne veux voir aucun conseille blanc dans un ministère (textuellement).» Fin de citation.
Sur le plan des dernières «réformes», engagées par Fall, le nouveau Premier Ministre guinéen, selon les observateurs, va droit vers le sort des deux anciens premiers ministres de Conté, Lamine Sidimé et surtout Sidya Touré qui se sont tous heurtés dans leur zèle de réforme aux «intérêts économiques» du président Conté. En effet selon ces observateurs, la majeure partie des «détournements» sont directement liés au Chef de l'état guinéen accusé dans certains milieux de «boulimie financière.»
Par exemple plusieurs observateurs se demandent comment le gouvernement de Louncény Fall gérera les dossiers des permis de pêche, domaine exclusif de Harouna Conté, frère du chef de l'état ou des redevances et permis miniers, gérés directement par la présidence. Ou encore l'aménagement des parcelles publiques revendues en majorité à des amis ou parents directs de Lansana Conté. Comme les plantations de Boffa, Dubréka, Coyah, les postes d'essence de Ratoma (au nom de ses enfants), les villas de la cité ministérielle (au nom de la deuxième dame Kadiatou Seth), les redevances d'or et de diamant qui n'émargent pas au budget national etc ?
Quant à la dissolution du Conseil National du Patronat privé, des sources généralement bien informées ont déclaré à Guinéenews© sous couvert de l'anonymat que le président Conté s'est décidé à diminuer complètement le pouvoir de Mr Mamadou Sylla, patron du holding Futurelec, jusque là considéré comme argentier du régime. Selon ces sources, le président Conté n'avait pas apprécié un des derniers gestes de Sylla, qui s'est permit de venir à Touba, la ville sainte des Djakhankés très versés en sciences occultes, pendant le pèlerinage annuel dans l'hélicoptère présidentiel avec sa femme. Tout le village a inondé la place publique en criant que «Conté est venu!»
Finalement plusieurs guinéens se sont montrés sceptiques quand aux rumeurs d'attaques armées venant du Mali, amplifiés par une visite surprise de Conté chez les rangers de Kouroussa. Un malaise gronde en effet parmi les jeunes recrues et les sous-officiers aussi vicitmes de la crise économique. Ce sont en effet ces soldats et sous-officiers qui meurent au front les familles ne reçoivent qu'un sac de riz et 50.000 plus 3 mois de salaires comme compensation avec ordre de déguerpir les logements dans les casernes, alors que les officiers sont grassement rénumérés et sont accusés d'être dans des trafics de tous genre notamment le commerce de diamants et d'armes avec les rebelles LURD et ULIMO à la frontière sud du pays. Une psychose d'arrestation planerait dans les camps militaires.
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