Johnson Mbengue
24 Avril 2004
Avec le rattachement des transports aériens au ministère du Tourisme, les professionnels s'attendent à ce que les vols charters soient facilités pour faire redécoller la destination.
Les professionnels du tourisme ont favorablement accueilli le rattachement des transports aériens au ministère du Tourisme. "Le président de la République vient de satisfaire une revendication de longue date des professionnels du tourisme. Il arrivait souvent que nous posions des problèmes liés aux transports aériens, mais le ministre du Tourisme n'était pas en mesure de les solutionner. Aujourd'hui que le volet transports aériens est rattaché au tourisme, le ministre mettra à profit cette opportunité pour faire redécoller la destination Sénégal", estime Pathé Dia, directeur général de l'hôtel Les villas la téranga de Saly. M. Dia est d'avis que les préoccupations des professionnels seront prises en charge. "Nous ne voyons pas, depuis quatre ans, les résultats du fait de la dissolution des transports aériens du tourisme", rappelle-t-il.
Avec le rattachement des transports aériens au tourisme, les professionnels s'attendent à ce que les vols charters soient facilités. "Le ministère des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports avait émis l'intention de "déchartériser" la destination Sénégal. Alors que notre pays ne pouvait pas se prévaloir de cela parce qu'il n'est pas une destination de luxe", souligne M. Dia. Selon lui, un ministre du Tourisme n'aurait jamais pensé à cela. La seule crainte des professionnels est qu'Air Sénégal International essaie de torpiller le développement des vols charters. "Air Sénégal doit se rassurer d'autant plus que les vols charters ne peuvent pas la concurrencer", soutient Pathé Dia. "Dans tous les pays du monde, les transports aériens sont rattachés au tourisme. Ce qui permet un développement harmonieux du secteur. J'ai capitalisé 20 années d'expérience et je n'ai jamais vu une destination touristique qui s'est développée en marge d'une politique réfléchie de chartérisation à côté des compagnies régulières", note de son côté M. Sékou Diallo, directeur commercial et de l'exploitation du Tour operator Nouvelles frontières-Sénégal.
Ce tour operator qui intervient depuis 30 ans dans notre pays, transporte, chaque année, près 50 000 touristes sur le Sénégal. Il fait partie des prescripteurs de voyages pionniers dans la politique de développement touristique du Sénégal. "Les insuffisances et blocages sur certaines lignes régulières nous ont amené à mettre en place, depuis 20 ans, un vol charter. Et depuis l'année dernière, nous avons signé avec Air Sénégal un accord de blocs de sièges quotidiens au départ de Paris sur la destination Sénégal, en plus de Corsair, notre compagnie", précise M. Diallo. "Il sera possible, ajoute-t-il, de mener une bonne politique de chartérisation sur le Sénégal afin de développer les flux touristiques au départ des marchés émetteurs porteurs autres que la France, notamment des marchés émergents des pays de l'Est, de l'Allemagne ou d'Italie", cite à titre d'exemple Sékou Diallo.
L'ambition de Nouvelles frontières, à en croire son directeur commercial et de l'exploitation, est d'accompagner le développement du tourisme du Sénégal. "C'est pourquoi, explique M. Diallo, nous avons demandé aux autorités sénégalaises d'accepter un vol de notre compagnie, Corsair, à passer en ligne régulière sur le Sénégal. Ce qui augmentera les flux de touristes sur le Sénégal. Nous espérons que le nouveau ministre du Tourisme, en charge également des Transports aériens, qui est bien au fait de ce dossier, aidera à l'atteinte de cet objectif ", croit le directeur commercial et de l'exploitation de Nouvelles frontières.
Il ne suffit pas cependant de rattacher les transports aériens au tourisme et croire que le tour est joué. "Il est temps de s'y mettre. On espère un plan de relance avec des efforts d'investissements et de promotion de la destination. Il faut revoir aussi la qualité de l'accueil à l'aéroport, l'état défectueux des routes. Tout ceci constitue des facteurs handicapants pour le tourisme", relève Sylvain Alexandre, délégué général de Jet tours qui assure, chaque année, le transport de près de 2 000 touristes au Cap-Skirring grâce à Star Airlines.
Responsable de l'Agence de voyages Transafrique tours, M. Mbaye Faye souligne que le ministre doit maintenant faciliter la tâche aux voyagistes qui étaient à cheval entre deux ministres. "Maintenant que les choses sont devenues claires, il y aura plus de cohésion dans l'action du ministre. Et avec les vols charters, la destination ne peut être que mieux vendue", estime M. Faye. "Il faut que nous puissions prouver au président Wade les résultats de cette fusion. Et le ministre doit se rapprocher des syndicats, des professionnels pour concocter un nouveau plan de développement du tourisme", indique Pathé Dia des Villas la téranga de Saly. Les opérateurs sont satisfaits du maintien d'Ousmane Masseck Ndiaye à la tête du département de tutelle. "Simplement parce que nous avons eu à baliser avec lui des pistes sur le développement du secteur", explique Sékou Diallo de Nouvelles frontières. "Et son maintien va nous permettre de consolider les acquis, notamment la mise en oeuvre des recommandations des Journées nationales de concertations (mars 2002), l'étude d'impact économique du tourisme sur le Sénégal réalisée par l'Organisation mondiale du tourisme, la Lettre de politique sectorielle du tourisme, la Charte nationale, etc. Nous souhaitons aussi la réalisation de l'Agence de promotion du tourisme, une structure paritaire autonome", énumère M. Diallo.
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