Daouda Mane
24 Avril 2004
analyse
L'Office du Baccalauréat chargé de l'organisation du Concours général et du Baccalauréat semble fin prêt dans les préparatifs du Baccalauréat 2004. Il a reçu la liste des candidats répartis sur l'ensemble du territoire national et selon les séries.
Ils sont environ 34.000, soit exactement un total de « 33.854 candidats, répartis en deux catégories (littéraires et scientifiques) à se présenter cette année pour l'obtention du parchemin », indique le directeur de l'Office du Baccalauréat, M. Babou Diakham. Le Baccalauréat ouvrant les portes des universités de Dakar et de Saint-Louis et autres écoles supérieures du pays et de l'étranger à ces jeunes. Ces candidats proviennent de «l'enseignement public (54,1%), de l'enseignement privé laïc (23,8%), du privé confessionnel (3,2%) ; le reste étant formé de candidats individuels (18,9%)».
Le nombre de littéraires est sensiblement égal au double des scientifiques. En effet, « ils sont 22.534 contre 11.320 scientifiques », explique M. Diakham. Dans cette catégorie littéraire, trois Académies comptent le plus de candidats. «Ce sont Dakar, Thiès et Ziguinchor». La série L'1, compte le plus de candidats avec un total de « 13.204 », suivie de la série L2 « 9.277 ».
En L'1, Dakar détient le plus grand nombre avec ses « 6.145 » postulants. Elle est suivie de la région de Thiès « 2.396 », de Kaolack « 1.070 » et de Ziguinchor « 969 » candidats. En L2, Dakar compte « 4.582 » contre « 1.641 » pour Ziguinchor et « 1.102 » pour Thiès. Dans les matières scientifiques, plus particulièrement en S2, Dakar a « 5.189 » postulants, suivie de Thiès «1.201» et de Kaolack «589» sur un total de «8.56» candidats. Globalement, ils sont au nombre de « 17.893 » à pouvoir composé à Dakar, «4.780» à Thiès, «3.124» à Ziguinchor et « 2.138 » à Kaolack.
Les plus faibles nombres sont recensés dans l'Académie de Banjul « 33 » de Matam « 113 » candidats et celle de la région de Tambacounda « 579 » postulants. Dakar représente ainsi 52,9 % des inscrits et les séries littéraires sont prédominantes : « 66,6 % ».
«Chaque candidat débourse la somme de 5.000 F.CFA qui constituent les droits d'inscription et 500 F.CFA par épreuve facultative. Pour cette année, il y a 6.700 inscriptions pour les épreuves facultatives. À signaler que les boursiers sont exonérés » explique le directeur de l'Office du Baccalauréat.
PREDOMINANCE DES LITTERAIRES
Dans l'analyse du premier responsable de l'Office du Baccalauréat, il apparaît que la désaffectation des séries scientifiques est une réalité, même si on constate une certaine amélioration, notamment chez les filles. « En 2003, le taux dans les séries littéraires est de 66,4 % et 66, 6 % en 2004, tandis que celui des scientifiques a même baissé, passant de 29,0 % à 28,8 % de 2003 à 2004. La même tendance est constatée dans les Techniques de gestion et Economie où l'on est passé de 4,7 % à 4,6 % ».
L'analyse du secteur d'origine des candidats semble plus explicite. Dans le public, le pourcentage pour les séries littéraires est de « 64,4 % », contre « 31,7 % » pour les séries scientifiques et techniques et « 4,0 % » pour les Techniques de gestion et Economie. Dans le privé laïc, la même tendance se dessine. Le taux des littéraires est de « 65,6 % » contre « 22, 9 % » pour les Sciences et Techniques et « 6, 5 % » pour les Techniques de gestion et Economie. Cette tendance se poursuit dans le privé confessionnel où les littéraires constituent «47,1 %» des effectifs contre « 38,7% » et «14,2% » pour respectivement les Sciences et Techniques et les Techniques de gestion et Economie.
L'EFFET GENRE
Le taux de filles inscrites pour cette année dépasse légèrement celui de l'année dernière. En effet, elles représentent « 40,2 % des inscrits au Baccalauréat, contre 39,9 % en 2003, 39, 4 % e 2002 et 38,3 % en 2001 », indique M. Diakham. Ce pourcentage est cependant : « variable en fonction des séries. Les filles sont plus présentes au niveau des séries G (Techniques de gestion et Economie) et L (séries littéraires). L'augmentation est plus nette dans les Académies de Ziguinchor, où elle passe, dans les séries littéraires de « 28,9 % à 30,4 % » Fatick « 40, 7 à 41,3 %». Pour Dakar, le pourcentage reste inchangé. Dans les séries scientifiques et techniques, Ziguinchor est en baisse, tandis que Banjul passe de « 54,5 % à 55,6 % » . Les séries économiques sont « la propriété » des filles. Elles représentent à Dakar, en 2004, «63, 9 %» contre «66,2 %» en 2003, soit «une baisse». À Saint-Louis, elles constituent pour cette année, «56,3 %» contre «42,6 %» en 2003, soit «une hausse».
LA QUESTION DES JUGEMENTS
Au total de 2003 à 2004, le pourcentage des filles passe de «43,7 % à 48, 5 %» pour l'Académie de Banjul, «46,0 % à 46,3 %» pour Dakar. Une baisse a cependant été constatée dans certaines régions. Tel est le cas de Fatick, où l'on est passé de «30,4 % en 2003 à 27,2 % en 2004».
Concernant les jugements que font les candidats, le directeur de l'Office du Bac, M. Diakham souligne que : « depuis 1977, l'Office du Bac applique des conditions ». Ces conditions sont les suivantes : « Si l'on reçoit un extrait basé sur un bulletin de naissance, là il n'y a pas de problème. Mais si c'est un jugement, nous regardons la date du jugement. Si la date est supérieure à 7 ans, nous n'y voyons pas d'inconvénient. Dans le cas contraire, il faut que les informations contenues dans l'extrait de naissance soient conformes à celles qui sont contenues dans le Certificat d'Etudes Primaires. À cet effet, l'Office du Bac exige ce certificat », explique M. Diakham. Cette question des jugements est très «cruciale», eu égard à son ampleur dans la société sénégalaise. Selon le directeur de l'Office du Bac, en 2003 : «35 % des Sénégalais nés au Sénégal ont présenté un jugement. Au niveau des régions, on a 68,9 % pour Ziguinchor, 60 % pour Kolda, 57 % pour Diourbel, 55 % pour Kaolack et 52 % pour Fatick», indique M. Diakham. Il explique le phénomène par : «la rentrée tardive des élèves à l'école française, les enfants devant d'abord connaître leur religion avant d'aller à l'école. Ce qui est souvent une exigence des parents». Dans ce cas : «les enfants prennent de l'âge avant le Baccalauréat et sont obligés de recourir aux jugements afin de pouvoir se présenter», souligne M. Diakham.
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