United Nations (New York)
27 Avril 2004
Washington, DC — Un accord historique pour l'adoption d'une riposte mondiale unifiée au VIH/SIDA a été conclu aujourd'hui par la communauté internationale.
Malgré des ressources accrues et les meilleures intentions, l'épidémie de SIDA est toujours l'une des plus grandes crises du siècle, avec 40 millions de personnes actuellement infectées et plus de 25 millions de décès à ce jour. Alors que les gouvernements, les institutions financières et les partenaires oeuvrant contre le SIDA sont toujours plus nombreux, il est urgent d'obtenir davantage de soutien et de collaboration avec les pays durement touchés et d'éviter les répétitions et les morcellements en matière de ressources.
Une étape importante a été franchie au cours d'une réunion qui s'est tenue aujourd'hui à Washington , co-présidée par l'ONUSIDA, les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni, lors de laquelle les donateurs et les pays en développement ont accepté trois principes de base pour mieux coordonner l'intensification des ripostes nationales au SIDA. Ces derniers, connus sous le nom des "trois principes", consistent en : un cadre d'action contre le VIH/SIDA, qui fournit une base pour la coordination du travail de l'ensemble des partenaires ; une instance nationale de coordination du SIDA, à représentation large, multisectorielle ; et un système de suivi et d'évaluation à l'échelon pays.
"Aujourd'hui, nous avons laissé derrière nous nos drapeaux et nos affiliations," a déclaré le docteur Peter Piot, directeur exécutif de l'ONUSIDA. "Il ne s'agit pas simplement de rassembler davantage de ressources, il faut s'assurer que ces ressources sont dépensées raisonnablement afin d'aider les pays à mettre sur pied des stratégies durables et efficaces. C'est pour cela que les "trois principes" sont si cruciaux."
Fondés sur les enseignements tirés de plus de deux décennies, les "trois principes" contribueront à améliorer la capacité des donateurs et des pays en développement à mieux travailler ensemble, pays par pays.
"Le Royaume-Uni, en tant que deuxième donateur bilatéral du monde pour ce qui est du VIH/SIDA, est fermement engagé en faveur des "trois principes" pour harmoniser les efforts des donateurs à l'appui des pays en développement," a affirmé Hilary Benn, secrétaire d'Etat du Royaume-Uni au Développement international. "Cette approche représentait un élément important de notre Appel à l'action à l'occasion de la Journée mondiale SIDA l'an passé et sera intégrée dans la nouvelle stratégie du Royaume-Uni pour s'attaquer au VIH/SIDA sur le plan mondial. Je me réjouis de l'accord historique conclu aujourd'hui et souhaite une riposte mondiale plus énergique, plus efficace à la maladie."
"Le SIDA est une urgence qui exige une action rapide et une nouvelle façon de faire," a déclaré M. Randall Tobias, coordonnateur pour les Etats-Unis de la lutte mondiale contre le SIDA.
"L'accord auquel nous sommes parvenus aujourd'hui aidera tous les partenaires à exploiter leur avantage comparatif de manière à renforcer et non à entraver notre riposte collective."
Jusqu'ici, certains programmes de lutte contre le SIDA ont été élaborés isolément par des donateurs, des organisations non gouvernementales et autres organismes bien intentionnés. Les gouvernements des pays durement touchés ont souvent dû faire face à des demandes qui prêtaient à confusion et faisaient double emploi afin de démontrer les progrès accomplis. "Au niveau pays, les gouvernements se débattent pour lutter contre l'épidémie de SIDA, tout en se précipitant pour répondre à des exigences contradictoires et souvent répétitives émanant des donateurs," a déploré la ministre de la Santé du Malawi responsable de la lutte contre le VIH/SIDA, Mme Mary Kaphweleza Banda.
"Pour gagner la guerre contre le SIDA, nous devons tous travailler ensemble pour le bien de tous les individus pauvres qui vivent dans les pays en développement," a déclaré le président de la Banque mondiale James Wolfensohn à propos de l'annonce d'aujourd'hui.
"L'harmonisation des donateurs est un élément clé de la réussite du combat contre le SIDA." Les programmes plurinationaux de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale visent à soutenir les stratégies nationales en matière de SIDA en Afrique et dans les Caraïbes pour contribuer à rationaliser le processus.
Des pays donateurs tels que l'Allemagne, l'Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis d'Amérique, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Japon, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, et la Suède ont assisté à la réunion d'aujourd'hui, de même que des représentants de la Banque mondiale, du Fonds mondial et des organismes des Nations Unies. Des organismes non gouvernementaux et plusieurs pays en développement y étaient également représentés.
Les trois principes ont tout d'abord été identifiés par le biais d'un processus préparatoire aux niveaux mondial et pays, lancé par l'ONUSIDA en coopération avec le Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. La première réunion destinée à l'examen de ces principes s'est tenue durant la Conférence internationale sur le SIDA et les infections sexuellement transmissibles en Afrique, à Nairobi (Kenya) en septembre 2003.
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