La Tribune (Algiers)

Algérie: Les arouch se remettent en question : réflexion sur le mouvement

Lakhdar Siad

9 Mai 2004


Après les actions de rejet de l'élection présidentielle du 8 avril dernier et la commémoration du double anniversaire du printemps amazigh et printemps noir, la réflexion semble avoir repris place au sein des structures des wilayas du mouvement populaire.

Si à Béjaïa et Bouira les commissions ad-hoc ont été installées ce week-end, la CADC (Tizi Ouzou) a pris une longueur d'avance sur ses pairs et l'on est au stade de la réalisation de la synthèse de travaux de la commission de réflexion qui s'est isolée à Akbil entre le 30 avril et le 2 mai dernier. Concernant l'avenir du dialogue arouch-gouvernement, les membres de la commission, dont le travail sera soumis à enrichissement et amendement avant son adoption en plénière de la CADC, ont réitéré les positions de principe du mouvement au lendemain de l'appel réitéré au dialogue pour la mise en oeuvre de la plate-forme d'El Kseur le jour de sa prestation de serment il y a quelques semaines. En effet, après avoir rappelé les vertus d'un dialogue «réel et juste» avec les autorités et considéré ce procédé de règlement de la crise de Kabylie comme étant «un acquis du mouvement citoyen», les délégués, une douzaine, ont réaffirmé les préalables de toute reprise du dialogue ou de contact avec le pouvoir, à savoir, le retrait du référendum et la concrétisation des six incidences paraphées par Ouyahia, chef du gouvernement, les 6 et 22 janvier 2004.

Si les cinq premières incidences du printemps noir sont prises en charge plus que partiellement (réintégration des travailleurs licenciés, règlement du contentieux Sonelgaz, levée des poursuites judiciaires, libération des détenus), l'incidence en rapport avec le départ des indus élus de la région issus des élections rejetées de mai et d'octobre 2002 demeure au stade de la parole. Aussi, globalement la commission maintient la position de rejet de toute consultation électorale sans la satisfaction de la plate-forme d'El Kseur. Un positionnement qui ne manquera pas de faire réagir au plus vite les pouvoirs publics dans la perspective du renouvellement des assemblées et doter par conséquent la coalition présidentielle de la majorité à l'APN sans crainte de coup de théâtre sachant que l'écueil kabyle constituerait au cas de non règlement, le cheveu dans la soupe du Président reconduit. D'autre part, la commission s'est penchée sur les points faibles au plan organisationnel du mouvement comme la récurrente question de faire participer la femme à la marche des structures en choisissant la meilleure formule dans une société patriarcale aux prises avec les effets imposés de l'ère moderne.

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A ce sujet, les coordinations locales seront interpellées lors des prochaines réunions. L'élargissement de la dynamique au niveau national revient tel un défi que le mouvement n'arrive toujours pas à lever pour des raisons objectives telles la répression, le manque de moyens matériels, l'absence de relais autonomes sur lesquels peut s'appuyer au départ le mouvement, l'hostilité de partis politiques

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